TREMPE.
TREMPE.
Par exemple, les plumes en acier sont chauffées en 1grand nombre dans une capsule qu’on place dans un !fourneau; quand elles Ont atteint la température re- jquise, on les trempe dans un mélange huileux; généra- ;lement, on les recuit également dans l’huile ou dans june composition dont le point d’ébullition est le même?ae la température convenable à ce recuit. Ce mode estextrêmement expéditif, et le recuit ne peut tomber au-dessous du degré voulu. On se sert aussi de la chaleursèche d’un four, et ces deux moyens peuvent être em-ployés pour avoir un recuit plus fort que celui donnépar l’huile bouillante : mais, dans ce cas, il faut appor-ter plus de soin et d’attention pour ces basses tempé-ratures.
Les scies et les ressorts sont généralement trempés dela même manière et paraissent perdre de leur élasticitéaprès la trempe et le recuit, par là réduction et le frot-tement qu’ils éprouvent dans l'écurage, le polissage,etc. Vers la fin des travaux de fabrication, on leur rendde l’élasticité, principalement par le martelage, et enles chauffant sur un feu clair jusqu’au jaune paille ; lacouleur s’enlève au moyen de l’acide hydrochloriquetrèsétendu, après quoi les scies sont bien lavées à l’eau pureet séchées.
Les ressorts de montre se fabriquent au marteau avecdu fil d’acier de diamètre convenable jusqu’à ce qu’ilsaient atteint dans une jauge la largeur convenable ;l’instrument indique aussi s'ils ont acquis ainsi uneégalité parfaite d’épaisseur dans toute leur longueur.
< )n perce des trous à leurs extrémités et on les dresse surles bords avec une lime douce, on les lie ensuite avecun fil métallique qu’on tourne mollement autour et onles chauffe sur un feu de braise, sur une plaque de mé-tal, on les trempe dans l’huile et on les soumet au flam-bage.
Le ressort est alors étendu sur un cadre oblong enmétal semblable à celui qu’on emploie pour les scies,puis écuré et poli avec de l’émeri et de l’huile entre desblocs de plomb. Dans ce moment-son élasticité paraîtcomplètement perdue et on peut le courber suivanttoutes les directions; toutefois on lui rend complète-ment cette élasticité par un forgeage ultérieur sur uneenclume très polie.
La couleur se donne sur une plaque de fer, souslaquelle on fait brûler une petite lampe à esprit devin. Le ressort est continuellement promené sur unelongueur de 7 à 8 centimètres à la fois jusqu’à eequ’il prenne une teinte orange ou bleu foncé danstoute son étendue suivant le goût des consommateurs.Beaucoup d’entre ceux-ci considèrent en effet la cou-leur comme un objet d’ornement et non pas commeétant essentielle.
Le dernier travail que' subit le ressort est de le rou-ler en spirale, afin qu’il puisse entrer dans le barilletqui doit le contenir; c'est ce qu’on fait au moyen d’unoutil qui consiste principalement en un arbre de petitdiamètre et une petite manivelle, mais sans employerle secours de la chaleur.
Les ressorts de balancier des chronomètres pour lamariue, qui ont une forme héliçoîde, sont roulés sur lefilet carré d’une vis ayant son diamètre proportionné àleur épaisseur. Les deux extrémités da ressort sont re-tenue-s par des vis latérales, et le tout est soigneusementenveloppé dans une feuille de platine qu’on serre forte-ment sur le ressort avec un hl métallique. La masse estensuite chauffée dans un morceau de canon de fusilfermé par un bout et plongée dans l’huile qui trempele ressort presque sans le décolorer, à cause de l’exclu-sion de l’air par l’enveloppe en platine qu’on retirealors. Le ressort est ensuite ramené au bleu avant del’enlever de dessus la vis où il est enroulé.
Le ressort de balancier des montres ordinaires estsouvent laissé à l’état doux; ceux d s montres de prix
1 sout trempés en les roulant sur un cylindre, puis tour! nés en spirale en les faisant passer entre une lamej mousse et le pouce, comme quand on veut faire friser^ une petite bande de papier.
| Pour tremper les ressorts de voiture, on les faitchauffer en les promenant suivant leur longueur dansun feu de forge ordinaire monte en voûte et on les plongedans un bain d’eau froide. Pour les recuire ou les chauffeau rouge très sombre et visible seulement pendant lanuit; le jour on reconnaît cette température au moyend’un copeau de bois qu’ou appuie sur le ressort et quidoit alors scintiller, puis on laisse refroidir dans l’air.Le métal a 43““,143 d’épaisseur, et on considère 45 à46 millimètres comme la limite à laquelle l’acier peutencore se tremper convenablement pour faire un res-sort.
Un résultat curieux paraît avoir été obtenu dans cesderniers temps par M. Griset, fabricant de plaqué àParis , pour la trempe des grosses pièces, qui rend trèsrare la rupture des pièces provenant du mouvement mo-léculaire de l’acier trempé.
Ce procédé consiste à tasser, ou plutôt à écrouir, àl’aide d’une forte compressiou dans tous les sens,lespièces qui doivent être soumises à la trempe.
Ce tassement ou écrouissage peut être obtenu, sui-vant la nature-des pièces, par un choc souvent répété,au moyen d’un marteau ou d’un martinet, ou bien parune pression opérée, soit à l’aide d’une presse quelcon-que, soit par l’action du laminage.
Ce procédé de préparation de l’acier avant de le sou-mettre à la trempe est applicable à plusieurs industries ;un de ses plus utiles emplois consiste dans la fabricationdes cylindres d’acier pour le laminage-des métaux.Dans ce cas, c’est par le laminage qu’on écrouit les cy-lindres pour les tremper d'une manière plus sûre. On enplace deux à cet effet dans une cage de laminoir, etune machine à vapeur ou autre moteur leur imprimeun mouvement rapide de rotation ; on fait passer entreeux des bandes d’acier ou autres corps durs, de manièreà faire des raies très rapprochées sur leur circonférence.Lorsqu’ils ont été soumis pendant quelque temps à cetravail, on les trempe après avoir régularisé leur sur-face.
Nous terminerons en faisant remarquer que le re-vient, le réchauffage de l’acier trempé, le fait passer suc-cessivement par les couleurs jaune-paille, jaune d’or,rouge, gorge de pigeon, violet foncé, violet bieu, bleufoncé, bleu clair, gris. Suivant la qualité de l’acier,suivant l’élasticité nécessaire, on arrête, eu plongeantdans l’eau, à la couleur reconnue par expérience la meil-leure. C’est le bleu qui correspond au maximum d’élas-ticité.
Trempe au paquet. On voit souvent les trempeurs en-tourer leurs pièces, avant de les mettre au feu, d’enduitsde diverses sortes. Lorsque ces enduits sont terreux ilsn’oht pour but que de préserver la surface de l’oxyda-tion ; mais souvent ces enduits sont composés de suie,d’huile, de corne, etc., toutes matières destinées à fournir du carbone et à produire à la surface une véritablecémentation, qui acière la surface de la pièce qui n’estsouvent que du fer, ce qui permet, comme dans l’armu-rerie, de lui donner un superbe poli. Les recettes trans-mises dans les ateliers peuvent être généralement rem-placées par un procédé plus récent, dont les résultatssont certains et qui paraît satisfaire à toutes les condi-tions. Nous voulons parler de l’emploi du prussiate de po-tasse. La pièce saupoudrée de ce sel réduit en poudreétant mise au feu, celui-ci fond, se charbonne, et sousl'influence de la potasse, la cémentation s’accomplit avecune rapidité merveilleuse, et le morceau de fer ainsicouvert et trempé se trouve enveloppé d’une surfaced’acier d’une dureté extrême, susceptible du plus beaupoli