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TUNNEL.

TUNNEL.

le sol ayant exactement la forme da radier, ce que l’onobtenait au moyen d’un gabari. Pour donner au tunnelexactement les formes et les dimensions arrêtées, onemployait un fil à plomb suspendu au sommet de la ga-lerie et portant des nœuds de 0",30 en 0“,30 ; à chaquenœud correspondait un fil horizontal dont la longueurfixée d’avance sur l’épure, indiquait la quantité de terreà enlever. On tenait compte cependant de l’épaisseurdes planches interposées entre la paroi et le boisage.

Pour exécuter le muraillement ou revêtement onconstruisit d’abord la voûte renversée en faisant usagedu gabari représenté fig, 2526. Il devait servir de guideaux maçons, était en bois, et avait exactement la cour-

ue

2527.

bure du radier dont l’épaisseur était de 0®,30. A Salt-wood, les briques étaient taillées, à Blecldngley ellesfurent faites exprès. Pour construire les pieds-droitsavec la forme indiquée sur l’épure, on employa encoreun gabari, composé de deux pièces E, E, ayant l’incli-naison voulue ; ces pièces de0“,75 de large s’assem-blaient sur le gabari du radier et étaient maintenuesdans leur écartement au moyen des traverses G, G, aux-quelles elles étaient fixées à l’aide d’une fourchette etd’un boulon. A mesure que le muraillement avançaiton enlevait le boisage qui n’était plus utile ; les videsentre la paroi et le mur étaient exactement remplis,afin d’éviter la force vive que peuvent acquérir les ter-res en s’éboulant sur le revêtement, et qui occasion-nent quelquefois de graves accidents. Les pieds-droitsétant élevés à la hauteur convenable on plaçait le cin-tre qui devait supporter la voûte en construction. Il secomposait de deux segments a, b (fig. 2527), réunis àleur sommet au moyen de coins ; les vaux étaient faitsavec de forts madriers réunis deux à deux par des bou-lons : les semelles d, d\ reposaient sur une base dont lesabouts étaient encastrés dans les pieds-droits et soute-nue de distance en distance par des étais verticaux. En-tre la base et les semelles d, d’, on intercalait des coins,afin de pouvoir faire monter cettô charpente au niveauconvenable. Le cintre une fois posé, la maçonnerie secontinuait facilement, attendu que chaque brique étaittaillée d’avance ; il n’y avait plus qu’à veiller à ce quele projet fût exactement exécuté. A mesure que le re-vêtement avançait, on reculait les pièces d’étais hori-zontales de couronnement que l’on faisait servir à ladivision suivante, en les appuyant, partie sur la ma-çonnerie déjà exécutée, partie sur les étais qui servaientà maintenir le ciel du chantier voisin. Chaque portionmuraillée avait 3 à 4 mètres de longueur ; c’était cequ’on appelait nne division. La division que l’on atta-quait à côté avait les mêmes dimensions ; deux chan-tiers marchaient en sens contraire de part et d’autre dupuits.

Au souterrain de Saltwood, au lieu de faire usage descintres précédents on s’est servi d’un système de ciu-

tres roulants que l’on pcjivait, à l’aide d’un chemin defer, transporter d’un chantier à un antre. Cet appareilmobile est pins économique que les charpentes ordinai-rement en usage, et exige peut-être moins de main-d’œuvre ; il laisse plus d’espace libre aux ouvriers etpermet d’attaquer la roche à la poudre ; mais si le ter-rain pousse, ou présente peu de consistance, il n’est pa3assez solide. En général, on préfère employer des cin-tres plus forts qui présentent plus de garanties pour lasûreté des ouvriers et la bonne exécution du travail;mais il eet indispensable qu’ils joignent à la force unegrande facilité dans le montage et le démontage. Cesont ces .qualités que M. Telfort a su réunir dans ceuxqu’il a imaginés pour le tunnel d’Hare-castle, sur le canal de Trent et Mersey.Cet habile ingénieur avait fait creuser,sur la longueur du tunnel, quinze puitsde 40 à 50 mètres de profondeur. Pouratteindre le fond de l’excavation proje-tée, au bas de chaque puits on avait établi un atelier : deux autres occupaientles extrémités, on attaquait d’abordl’emplacement des pieds-droits, puis onexcavait toute la section en montantimmédiatement les cintres. Ils étaienten fonte, formés de seize pièces, ayantla forme de voussoirs et s’assemblantl’une avec l’autre, au moyen de boulons,ce qui permettait de les faire descendrefacilement par les puits et de les monteravec promptitude. Au point où la voûtecommençait, le cintre formait une échan-crure et avait un rayon moins grand, afin de recevoirles madriers ou vaux, qui supportent la maçonnerie.Les parois de l’excavation étaient soutenues par desétais butés d’abord contre les cintres, puis contre lesmadriers qui étaient placés aussitôt que deux cintresétaient ajustés.

Jusqu’ici nous avons supposé que les terrains à traver-ser se soutenaient encore un peu d’eux-mêmes et quel’onpouvait se débarrasser de l’eau qui affluait dans les chan-tiers. Cependant, il est certaines circonstances où lescouches, que l’on est contraint de franchir, sont meu-bles, et, pour ainsi dire, fluides; et où enfin l’on estobligé de travailler sous une nappe d’eau. C’est ce quiest arrivé au percement du tunnel de la Tamise : sansdécrire les travaux de ce magnifique ouvrage nous al-lons parler des procédés qui ont été mis en usage dansces circonstances, parce qu’ils peuvent recevoir d’utilesapplications dans des constructions moins importanteset sur une plus petite échelle. Ce travail fut commencéen 1 824. Les sondages que l’on fit alors apprirent qu’ilexistait au-dessous de la Tamise une couche d’argile,qui permettait de tenter le passage au-dessous 'dufleuve, mais que plus bas il existait un banc de sablesaquifères qui n’avait pas moins de 15 mètres. Il fallaitdonc se tenir entre ces deux couches et éviter, d’unepart, l’invasion de l’eau, produite par la rupture de lacouche protectrice, de l’autre, le banc de sable dans le-quel il aurait été impossible de s’établir à cause de sonpeu de consistance et de sa perméabilité. A 35 mètresdu fleuve, on creusa un puits de 16 mètres qui devaitconduire à l’entrée du tunnel. Pour le murailler, on éta-blit sur un cercle en fonte une tour en briques de0“,90 d’épaisseur, on enleva le terrain placé dessous,avec de grandes précautions, et on la fit descendre petit àpetit, jusqu’à 10 mètres; à cette profondeur, on ren-contra une couche solide et l’on put murailler directe-ment; à 20 mètres, on retrouva encore lès sables, etl’on fut contraint de construire une nouvelle tour quel’on descendit jusqu’à 8 mètres, et qui devait servir depuisard. Pour percer la galerie, les procédés ordinairesn’étaient pas applicables, en raison de la grandeur de