TUNNEL.
TUNNEL.
renferment l’about des semelles sont bouchées. Ce tra-vail termine le muraillement et il ne reste plus qu’à en-lever le massif du milieu, ce qui se fait avec la plusgrande facilité au moyen de voies de fer.
Au souterrain de Billy-la-Montagne et dans ceux quel’on perce actuellement sur le chemin de Paris à Stras-bourg , on commence également par construire la voûteet l’on fait ensuite les pieds-droits, mais les procédéssont un peu plus simples. Au souterrain de Billy on sou-tient le ciel par un boisage provisoire ; les cintres quile remplacent 6ont formés de quatre parties, ayant laforme de voussoirs; elles s’assemblent les unes avecles autres au moyen de coins «que l’on enfonce dans desentailles ménagées dans les pièces en contact ; leur mon-tage et démontage est ainsi très facile et l’on a néan-moins toute la solidité désirable. Quant aux pieds-droits ils se construisent en enlevant portion par portionle massif qui soutient la retombée de la voûte et rem-plaçant chaque partie excavée par de la maçonnerie.
Percement dans un terrain ébouleux et aqui-fère. Jusqu’ici nous avons bien supposé que leterrain était ébouleux, mais nous n’avons pasconsidéré le cas où l’on était en outre gêné parles eaux ; c’est alors que le percement est diffi-cile et demande la plus grande habileté. Untunnel dans ces circonstances est au niveau dela nappe d’eau ou au-dessous. Si les eaux setrouvent à la hauteur de l’excavation, on ouvreune galerie dans l’axe du souterrain, en la boi-sant à mesure que l’on avance et la poussantjusqu’aux deux têtes afin d’avoir un écoule-ment. On la creuse également jusqu’à ce quel’on ait abaissé la nappe au-dessous du fond dusouterrain. Si les eaux sont plus élevées quel'extrados de la voûte on ne place plus la gale-rie ou égout dans l’axe, car elle trancherait le, ciel de l’excavation et rendrait le travail trèsdangereux; il est nécessaire dans ce cas de l’é-tablir sur le côté, parallèlement à la directionlà où l’eau est la plus abondante. Dans ce cascomme dans le précédent, on se débarrasse dessources en approfondissant la rigole jusqu’au-dessous de l’emplacement futur des pieds-droitset en perçant des boyaux de communicationqui servent à l’enlèvement des déblais et à l’ap-proche des matériaux. Les puits sont foncés àl’aplomb de la galerie dont on recouvre le fondavec un plancher en ménageant toutefois unerigole. Tels sont les procédés généraux en usagelorsque l’on est gêné par la poussée des ter-res et l’envahissement des eaux; pour mieuxfaire comprendre leur application nous allons prendredeux exemples : ceux de Bleckingley et de Saltwood auchemin de fer do Londres à Douvres. Ces tunnels étantcreusés dans une argile qui se gonflait et occasionnaitparfois une poussée considérable, il fut jugé nécessairede construire un radier ou voûte renversée qui réunîtles pieds-droits à leur base et empêchât leur glissemeutl’un contre l’autre. Mais à cause de cette circonstance,ce percement ne s’effectua pas par les procédés analo-gues à ceux que nous avons décrits jusqu’à présent. Enoutre on fit en briques le revêtement dont l’épaisseur va-rie de 0*,57 à 0“,945. Voici comment on s’y prit. Lespuits ayant été foncés et boisés sur toute la ligne, oncreusa l’égout à travers la colline au bas du tunnel, defaçon que les eaux s’écoulassent par la pente naturelledu pays. Le terrain était soutenu au moyen de cadresdistants de 4 m , formés de pièces de bois rondes de 0°*,115environ, s’assemblant à tenons et mortaises en hauttans un chapeau, en bas dans une semelle ou patin. Leplafond et les parois latérales étaient garnis de plan-ches épaisses bien ajustées, et farcies de paille afin d’é-viter que le sable ne coulât et n’occasionnât des tasse-
ments. Quand le terrain fut convenablement asséché aumoyen de ce conduit on pratiqua au fond de chaquepuits une petite galerie de 3™,66 de longueur de chaquecôté, au sommet du tunnel projeté, dans la direction de *l’axe : la hauteur était suffisante pour qu’un homme pûts’y tenir debout, la largeur était de 0“,9I5. Si cette ga-lerie n’était pas assez solide on faisait an boisage pro-visoire, en le disposant toutefois de manière qu’il- pûtservir à la grande galerie. Ceci fait, on encastrait dansdes entailles une pièce de bois s’appuyant d’une part aufond de la galerie, sur un pied vertical et solide, de l’au-tre sur le boisage du puits. On élargissait la galerie àdroite et à gauche de cette pièce centrale de couronne-ment et on posait à mesure des pièces parallèles à cettedernière ; l’intervalle entre deux pièces parallèles étaitrempli par des planches transversales épaisses, trèsserrées les unes contre les autres et garnies de paille.Lorsque le ciel de l’excavation était convenablementsontenn, on enlevait la terre peu à pea, mais il fallait
supporter les abouts des pièces de couronnement ; pourcela on plaçait sur .le sol une forte semelle AA (fig. 2526)formée ae pièces de bois assemblées par un trait de Ju-piter et consolidées avec des équerres en fer. Cette se-melle recevait des poutres placées debout qui suppor-taient les pièces de couronnement et remplaçaient laterre qui s’éboulait, si le terrain était très mauvais ongarnissait le front de l’excavation de planches que l’onmaintenait au moyen de pièces inclinées qui venaientbuter contre elles. Chaque étai était bien dressé afinqu’il fût plus solide et cloné à sa base sur les semelles,assez fortes pour supporter tout le poids de la partiesupérieure. Des bois transversaux M, M, maintenaientles semelles entre elles. Quand la galerie supérieure étaitachevée de la façon que nous venons d’indiquer il fal-lait faire au-dessous une exoavation semblable à la pré-cédente et établir une base C, C. On ouvrait alors unpassage étroit au milieu, on posait de suite des étaisprovisoires reposant sur des planches ; et on les remplaçait ensuite par les étais définitifs s’appuyant sur labase C, C. Enfin on faisait une troisième trouée par lesmêmes procédés, seulement le blindage s’appuyait sur