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VAPEUR.

VAPEUR.

Nous ne nous occuperons ici que de la vapeur d’eau,bien que les lois que nous allons énoncer soient géné-rales et s’étendent à toutes les vapeurs.

L’eau n’entre en ébullition que lorsque la tension desa vapeur est égale à la pression à laquelle elle est sou-mise, c’est-à-dire à l’air libre, à la pression atmosphé-rique par la hauteur barométrique du lieu ; elle boutdonc, toutes choses égales d’ailleurs, à une températured’autant plus basse que l’eau s’élève davantage au-des-sus du niveau de la mer.

Lorsque l’air et la vapeur sont mêlés ensemble, latension résultante est la somme des tensions que pré-senterait isolément chacun d’eux dans les mêmes cir-constances.

La force élastique ou tension de la vapeur, au-dessusde son point de saturation, varie proportionnellementà la température et en raison inverse de l’espace qu’elleoccupe.

A chaque température correspond un maximum desaturation de vapeur ; si la température s’élève, il sevaporise une nouvelle quantité d’eau ; si elle s’abaisse,il se condense une certaine proportion de vapeur.

Sous le même volume et la même température, ladensité de la vapeur d’eau est les 5/8 de celle de l’air;un mètre cube de vapeur d'eau, à 0° et sous la pression* de 0 m ,760 de mercure, pèse donc 0 k ,810.

Sous une pression quelconque, et à toute tempéra-ture, l’eau en passant de l’état liquide à l’état de va-peur absorbe 550 unités de chaleur qui passent à l’étatde calorique latent ; et, réciproquement, l’eau en secondensant et passant de l’état de vapeur à l’état li-quide dégage 550 unités de chaleur, qui de l’état dechaleur latente passent à l’état de chaleur sensible.

Il est indispensable pour les calculs sur la vapeur etles machines à vapeur avec ou sans condensation, deconnaître la valeur de la tension de la vapeur d’eauaux principales températures en usage dans la pra-tique; nous avons extrait les renseignements qui sui-vent du beau travail que M. Régnault a récemmentcommuniqué à l’Académie des Sciences , et nous lesavons disposés sous forme de tableau.

Table des forces élastiques de la vapeur d'eau de 0° à 4 50°.

TEMPÉRATURESen degrésceuiigrades.

FORCES ÉLASTIQUES

en millimètresde mercure.

DE LA VAPEUR D’EAU

en kilogrammes,parccntimôtre carré

0

4,60

0,006

5

6,53

0,009

10

9,16

0,012

45

12,70

0,017

20

17,39

0,024

25

23,55

0,032

30

31,55

0,043

35

41,83

0,057

40

54,91

0,075

45

71,39

0,097

50

91,98

0,125

55

117,48

0,160

60

148,79

0,202

65

186,95

0,254

70

233,09

0,317

1 75

288,52

0,392

80

354,64

0,482

85

433,04

0,589

90

525,45

0,714

95

633,78

0,861

<100

760,00

1,033

104

872,75

1,186

108

999,32

1,358

112

1141,03

1,551

TEMPÉRATURES

FORCES ÉLASTIQUES DE LA VAPEUR D’EAU

en degréscentigrades.

en millimètres

en kilogrammes,

de mercure.

par centimètre carre.

116

1299,53

1,766

120

1476,00

2,006

123

1621,19

2,204

126

1778,04

2,417

129

1947,35

2,647

132

2129,80

2,895

135

2326,50

3,162

137

2464,80

3,351

139

2610,90

3,549

141

2763,60

3,756 ■

143

2923,50

3,974

145

3090,90

4,201

146

3177,50

4,319

147

3266,10

4,439

148

3356,80

4,563

149

3449,40

4.688

150

3543,70

4,882

En prenant les résultats d’expériences ci-dessus,M. Combes a calculé une formule qui donne avec uneexactitude plus que suffisante la tension de la vapeur,entre les températures de 30 et 460°, et les tensionscorrespondantes, qui sont de 4/20 et 6 atmosphères,limites de celles qui se rencontrent dans la pratique.Cette formule est :

4000 p = (4,300172 + 0,0187457 f) «-«nr,dans laquelle t est la température en degrés centigra-des, et p la force élastique de la vapeur exprimée enkilogrammes sur un centimètre carré de surface.

État sphérofdal des liquides. Dans certaines circon-stances les liquides, au lieu de se vaporiser rapidementpar l’action d’une chaleur élevée, passent par un étatintermédiaire, observé d’abord par Leidenfrost, et queM. Boutigny, qui vient de l’étudier récemment avecsoin, a proposé de désiguer sous le nom d'état sphéroï-dal, parce que si l’on jette Une goutte de liquide sur lasurface d’un corps incandescent, elle prend une formesphéroïdale et roule sur cette surface sans la mouiller ;si l’on ajoute une plus grande quantité de liquide, lasphère s’aplatit et se transforme en ellipsoïde ; sur unplan, tous ces ellipsoïdes ont un axe vertical dont lalongueur ne dépend que de la densité de la matière sou-mise à l’expérience et varie en raison inverse de cettedensité. Il résulterait des recherches de M. Boutignysur ce phénomène remarquable :

4 ° Que la limite inférieure extrême de température àlaquelle il se reproduit est de + 4 74 ° pour l’eau ;

2° Que la température des corps à l’état sphéroïdalest proportionnelle à celle de leur ébullition et de 96° 4 /2pour l’eau ;

3° Que la température de leur vapeur est égale à celledes vases qui la contiennent;

4° Que les corps à l’état sphéroïdal s’évaporent trèslentement, et que cette évaporation est d’autant plusrapide que la température du vase est plus élevée;

5° Qu’il n’y a pas contact entre les corps à l’étatsphéroïdal et les surfaces qui les font passer à cet état ;qu’ainsi, par exemple, on peut concentrer de l’acidenitrique dans des capsules de cuivre ou d’argent sansque ces métaux soient attaqués;

6° Que tous les corps volatils sont susceptibles depasser à l’état sphéroïdal;

7° Que ce phénomène joue un rôle important danscertaines explosions de chaudières à vapeur.

Nous croyons intéressant de faire connaître ici lesprincipales expériences faites par M. Boutigny sur ce

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