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VAPEUR.

VAPEUR.

curieux phénomène, expériences qu’il est facile à cha-cun de répéter.

Si, après avoir fait rougir une capsule, on y verseune goutte d’eau, celle-ci ne mouille pas la capsule etroule sur sa surface comme le fait le mercure sur duverre. Laisse-t-on refroidir la capsule? il arrive unmoment où Peau s’étale sur sa surface et la mouille,puis s’évapore subitement en faisant explosion.

On prend une petite capsule hémisphérique à paroistrès épaisses, on la fait rougir à blanc, on la saisit avecdes pinces et, par un mouvement rapide, on la rempliten puisant dans un verre plein d’eau, puis on la placesur un support ; d’abord, aucun signe d’ébullition nese manifeste ; c’est à peine si Peau donne quelques va-pettfs, puis on entend un léger sifflement, le contacts’établit, le sifflement augmente d’intensité et l’eaubout avec une grande force.

Ces expériences répétées dans une petite chaudièred’essai bouchée fortement, donnent lieu à de violentesdétonnations même quand le bouchon est traversépar un tube capillaire donnant issue à la. vapeur ; cefait semble devoir jeter quelque lumière sur les explo-sions des chaudières à vapeur dans les cas où elles sontdues à un abaissement de niveau de l’eau liquide au-dessous des carneaux ou tubes calorifères.

On démontre aisément que les corps à l’état sphéroï-dal s’évaporent très lentement, par l’expérience quisuit : on fait rougir une petite capsule en platine, on yprojette quelques centigrammes d’iode dont les vapeursrares et transparentes sont à peine visibles ; on sou-strait la capsule à l’action de la chaleur, et bientôt aprèsl’iode s’étale sur la capsule et bout fortement en répan-dant d’abondantes vapeurs violettes.

Si l’on place quelques centigrammes de nitrate d’am-moniaque dans une capsule, et que l’on pose celle-cisur une lampe à esprit-de-vin, le sel fond d’abord dansson eau de cristallisation, il se dessèche, puis il s’en-flamme et brûle sans laisser de résidu; laissons la cap-sule sur la lampe et, quand elle est rouge, projetons-yla même quantité de nitrate d’ammoniaque que précé-demment ; ce sel fondra et passera à l’état sphéroïdalsans brûler; mais, si on laisse refroidir la capsule, ilarrive un moment où il s’énflamme et brûle comme ci-dessus. Voilà doue un corps combustible qui cesse del’être dans les conditions en apparence les plus favo-rables à la combustion.

Chaudières Farcot et Belleville. Nous compléterons iciles renseignements que nous avons donnés à l’articlechaudières a vapeur, relativement à la productionde la vapeur.

La condition essentielle d'une production économi-que de la vapeur consiste évidemment à dépouillerles produits de la combustion de toute leur chaleur, enla faisant passer dans l’eau de la chaudière. Ce ré-sultat s’obtieut dans les machines de Cornouailles parla longueur des chaudières à foyer intérieur, et la lon-gue circulation des produits de la combustion inté-rieurement et extérieurement à la chaudière.

M. Farcot a cherché à obtenir ce résultat avec deschaudières de dimension bien moindre et d’une ma-nière plus logique, en appliquant au refroidissement dela fumée la méthode de déplacement si bien utilisée dansla préparation des produits chimiques. A cet effet ilplace latéralement à la chaudière de longs cylindres(4eux ou trois en hauteur), placés dans des carneauxque parcourt la fumée, en serpentant, avant de s’é-chapper dans la cheminée. Ces carneaux reçoiventj ’eau d’alimentation par la partie la plus éloignée, de.elle sorte que la fumée rencontre des corps d’autantplus froids qu’elle est plus refroidie, et par suite doit sedépouiller de chaleur le plus complètement qu’il estpossible. En théorie cette disposition est excellente,en pratique son importance est moindre qu’on ne

pourrait penser a cause des difficultés d’installation.

Un système fondé sur des principes différents estcelui dû à M. Belleville. Sa chaudière consiste en unsystème de tubes en fer creux assemblés à vis, et parconséquent très solide, qui forme uné espèce de ser-pentin. Ces tubes garnissent l’intérieur d’un fourneauen briques qui est très élevé, relativement à sa lar-geur. Us ne renferment pas d’eau, mais celle-ci injec-tée à la partie inférieure, en quantité correspondanteà la consommation de la machine, se vaporise instan-tanément par suite de la température élevée des tubes,et parcourt le serpentin en gazéifiant les dernièresquantités d’eau transportée par la vapeur.

Petit volume, explosions impossibles, puisque c’estune chaudière sans eau, vapeur sèche, pressions trèsélevées obtenues facilement, tels sont les principauxavantages de cette ingénieuse disposition. Sans douteelle ne paraît pas devoir être en elle-même économique,et il est difficile d’y bien dépouiller la fumée de toute sachaleur, mais sauf la sujétion d’employer de l’eau purepour 'éviter les incrustations, elle est si avantageusequ’elle nous paraît devoir être préférée à toute autre,dans nombre de cas, surtout pour les petites machines.

Emploi de la vapeur d'eau suréchauffée. Nous avonsdéjà parlé à l’article noir animal de l’applicationque MM. Thomas et Laurens avaient faite de la vapeurd’eau suréchauffée à la révivification dn noir animal.Ils avaient également appliqué ce procédé à l’extrac-tion des huiles de schiste ; mais, quoique donnant debons résultats, il avait été abandonné par suite desexplosions auxquelles il donnait parfois lieu.

La cause de ces explosions tieut à ce que la vapeurd’eau, en circulant dans les appareils en fer ou en fontequi servent à la porter à la température de 200 ou300 degrés, se décompose parfois au contact du métallorsque ce dernier arrive accidentellement au rouge;il se produit alors de l’hydrogène qui, dans certainscas, peut former dans l’intérieur des appareils desmélanges explosifs; ces mélanges trop chauffés peu-vent détonner et donner lieu à de graves accidents.Il nous semble, cependant, qu’avec des appareils conve-nablement étudiés et un peu de soin dans la conduitede l’opération, il est possible, dans la plupart des appli-cations de la vapeur d’eau suréchaufféc, de se garantirde ces explosions. Il nous semble qu’on y parviendradans presque tous les cas en disposant les serpentinsou autres appareils à suréchauffer la vapeur, de manièreà éviter les coups de feu et toutes causes qui, en lesbrûlant, facilitent la formation de l’hydrogène, et sur-tout en purgeant, préalablement à l’action de la vapeursuréchauffée aussi complètement que possible d’air,la totalité des appareils par un courant de vapeur or-dinaire, et en enlevant ainsi l’un des éléments des mé-langes explosifs qui seraient susceptibles de se former.A cet effet, il suffit de quelques tuyaux et robinets, etnous ne comprendrions pas que pour éviter une dépenseinsignifiante par elle-même, on risquât de s’exposer àdes dangers réels.

Dans certains cas, du reste, on pourrait remplacerla vapeur d’eau par d’autres gaz suréchauffés, soit del’air, soit de l’acide carbonique, soit de l’oxyde de car-bone qu’il est possible d’obtenir à très bas prix. Toutrécemment, M. Violette a fait ou indiqué de nom-breuses applications de la vapeur d’eau suréchauffée àla carbonisation des bois en vase clos, à la cuisson dupain, des pierres à plâtre et à chaux, la distillation dumercure, etc. Dans ces diverses applications, commedans celles précédemment indiquées, la vapeur d’eausuréchauffée agit comme mode de transport de la cha-leur et comme corps très avide d’eau; en outre, elleagit mécaniquement pour faciliter le dégagement del’acide carbonique et autres corps susceptibles d’êtreséparés par la distillation.