VENTILATION.
VENTILATION.
plus dangereuse qu’il contient de l’oxyde de carbone ,que M. Leblanc a constaté avoir une puissance d’a-sphyxie bien supérieure à celle de l’acide carbonique.
Il se produit aussi dans l’acte de la respiration, parla combustion du carbone du sang veiüeux, un dé-gagement de chaleur très-important.
En prenant, avec M. Dumas, 10 grammes parheure pour la quantité moyenne de carbone brûlé parchaque homme, la quantité de chaleur émise par cephénomène égale
0 k ,010 X 7300 calories = 73 calories,unités de chaleur.
Une partie de cette chaleur est employée à trans-former en vapeur les liquides dégagés par les deuxtranspirations que nous avons vu être de 38 grammes,et il ne reste plus de disponible que 73 — 38 x 650,soit 43 calories.
Il est important de connaître les limites au-dessousdesquelles l’air devient irrespirable.
M. Leblanc a reconnu qu’un chien de forte tailleétait asphyxié dans une atmosphère contenant 0,04d’acide carbonique et seulement 0,005 d’oxyde decarbone.
Il est reconnu que 1/1500* d’hydrogène sulfuré tueles oiseaux.
M. Leblanc, dans ses belles et utiles recherches surla composition de l’air tiré des mines de Bretagne et deBelgique , a constaté que l’air le plus altéré par l’effetde la respiration des ouvriers, et par la combustiondes lampes, contenait 3 ou 4 pour 100 d’acide carbo-nique, et 4 ou 5 pour 100 d’oxygène de moins que laproportion normale.
Dans de l'air ainsi vicié , les lampes s’éteignent, larespiration des hommes est un peu gênée ; mais cepen-dant le travail est possible, tant que la proportiond’acide carbonique ne dépasse pas cette limite.
Dans une entaille de houillère, où l’on n’avait paspénétré depuis longtemps, M. Leblanc a trouvé l’oxy-gène descendu au-dessous de 10 pour 100. Une pareilleatmosphère est immédiatement asphyxiante.
Ainsi, c’est le dosage de l’acide carbonique qui sertde mesure pratique à l’insalubrité de l'air, comme ledémontre M. Leblanc.
A 1 pour 100 d’acide carbonique, s’il provient de larespiration, le séjour ne peut se prolonger sans exciterune sensation de malaise prononcé.
M. Moyle, dans l’examen de l’atmosphère des minesde Cornouailles, a trouvé, an minimum :
Azote. 85,36
Acide carbonique .... 0,13
Total. 100
et, au maximum :
Azote. 80,98
Acide carbonique. 0,065
Total."ÏÔO r
D’après les recherches de MM. Andral et Gavarret,en supposant un homme adulte renfermé dans une en-ceinte de 10 mètres cnbes, l’atmosphère contiendra,
après 2 heures, 42 dix-millièmes d’acide carbonique,après 4 heures, 84 — —
après 6 heures, 126 — —
après 8 heures, 168 — —
Enfin, si l’analyse chimique indique une proportionde 4 pour 100 d’acide carbonique dans l’atmosphère ,on doit en conclure que la totalité de l’air contenudans l’enceinte a été respiré; s’il contient 1/2 pour100, 18 seulement de l’air a servi à la respiration.
Quelle que soit, du reste, la proportion d’acide car-bonique dans une salle, elle est toujours mêlée, à pro-portions égales, partout, et non pas en couches dedifférents dosages, suivant les niveaux.
Ventilation des prisons.
Aucun genre d’établissement ne présente des difficul-tés aussi grandes, pour la ventilation, que les prisons,et surtout les prisons cellulaires, où les cellules denuit, que l’on construit aujourd’hui partout, et quiont évidemment besoin d’être toujours ventilées.
Il faut là une ventilation puisssante, constante , ré-gulièrement part&gée sur tous les points, indépendantedes détenus , et facile à conduire.
Elle doit être puissante, parce que beaucoup de dé-tenus ont de vieilles habitudes de malpropreté, et ré-pandent même'quelquefois une odeur cutanée infecte;la présence d’un vase de nuit, même clos, dans lescellules, est une nouvelle cause d’infection. Enfin , lacommission chargée par M. le préfet de police d’étu-dier toutes les questions relatives à l’hygiène de lamaison Mazas, et aux conditions sanitaires de l’em-prisonnement cellulaire en général, a constaté que,pour que la santé des détenus ne fût pas compromisepar leur encellulement, et que, par conséquent, lesystème cellulaire fût possible, il leur fallait desvisites , du travail et une énergique ventilation ; celle-ci n’est jamais trop grande, en été surtout. A Mazas,au lieu des 10 mètres cubes par heure, qui avaient étédemandés pour chaque cellule, l’auteur de cet articlea donné à ses appareils des dimensions assez considé-rables pour que la ventilation soit, depuis trois ansd’occupation, de 20 à 22 mètres cnbes par cellule ;résultats constatés par les séries d’expériences anémo-métriques les plus complètes qui aient jamais été faites.
Ainsi, les cellules ayant 21 mètres cubes chacune,l’air qu’elles renferment est renouvelé une fois parheure. Or, avec ces résultats, la commission a déclaréque la prison était dans de très-bonnes conditionshygiéniques, mais qu’il ne fallait pas diminuer la ven-tilation; il faut donc, au minimum, 15 mètres cubespar cellule et par heure : c’est ce que nous garantissonsdans nos traités, et nous donnons de 20 à 30 mètres.La fumée dont on emplit une cellule disparaît com-plètement, en un quart d’heure, l’acide carboniquequi reste dans l’air vicié ne dépasse pas, d’après lesobservations de 41. Leblanc, 0,0015.
Dans les petites prisons, dont les appareils dechauffage et de ventilation ont été établis sur nosplans, la ventilation, en été, atteint souvent 30 et40 mètres.
Voici les résultats constatés dans des rapports offi-ciels :
Mazas , 1224 cellules de 20 à 22 mètres cubes.
Beaupréan, 42 — 19 à 20 —
En hiver, une ventilation de 30 à 40 mètres cubesserait trop forte; on la modère alors au moyen d’unregistre placé sur le conduit général de ventilation.
Elle doit être constante et régulière. Tout procédéqui donnerait une ventilation variant d’heure en heureou dans la journée seulement, serait un mauvais pro-cédé. Il n’y a pas d’application possible, dans une pri-son , surtout si le service n’est pas toujours le même ,et s’il exige une surveillance de toutes les secondes.
Dans une prison départementale, on n’a ni le tempsni les éléments pour vérifier l'intensité de la venti-lation ; on n’en sent même guère la nécessité, l’infec-tion des ce.lules et la visite des magistrats peuventseules servir de guide, car les détenus n’osent pas se