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VENTILATION.

VENTILATION.

plaindre, et quand ils se plaignent, c’est d’une tr<*pforte ventilation. Ils préfèrent presque tous une cha-leur concentrée à un air pur et vif. Or, c’est l’infec-tion des cellules qui doit être toujours évitée.

Nous dirons comment on obtient cette régularité.

La ventilation doit fonctionner avec une égalité en-tière sur tous les points à assainir ; sans cela quelquespoints seraient ventilés avec excès quand d’autres ne leseraient pas du tout. C’est un résultat difficile à ob-tenir, mais d’une haute importance ; avec la régularitéde l'appel, c’est la perfection d’un système de venti-lation cellulaire ou autre.

La ventilation de la cellule ne doit pas être tout àfait indépendante du détenu. Il faut qu’il puisse l’in-terrompre; mais on doit le surveiller pour qu’iln’obstrue pas les bouches d’appel , ce qui a souventlieu.

Des appareils destinés à fonctionner jour e*t nuit,pendant des années entières, et qui sont presque tou-jours soignés par des détenus ou par un concierge deprison, doivent évidemment être faciles à conduire; lasimplicité de construction et de service en fait labonté.

Par quels moyens arrive-t-on à remplir à la foistoutes ces conditions ?

Quant à la puissance des appareils, nous avons dit,en parlant des qualités et des résultats de chacun desinstruments qui servent à la ventilation, comment ondevait calculer les dimensions nécessaires pour obtenirun effet demandé. Nous répéterons qu’il n’y a jamaisde danger à les faire grands.

Maintenant, sauf la condition d’emploi de la vapeurperdue avec les appareils mécaniques dont nous parle-rons à propos des hôpitaux., les seuls procédés qui ré-pondent à toutes ces conditions, ce sont les foyersd’appel, à feu nu et direct, placés au bas de la che-minée de ventilation. Eux seuls donnent largement lesproduits qu’on leur demande, un service facile, écono-mique et une complète sécurité dans les résultats.

A Mazas, le foyer d’appel, que nous avons tracéplus haut (fig. 3), fonctionne depuis plusieurs annéessans aucune variation, et avec une telle puissance,que, dans des expériences bien constatées, après troisheures d’extinction totale du feu, la ventilation n’étaitréduite que de moitié.

Cela s’explique sans peine par l’action d’une hautecheminée en briques, toujours pénétrée d’une grandequantité de chaleur, avec laquelle les variations d’in-tensité du feu ne peuvent pas être sensibles, et quis’oppose à tout retour en arrière, sous l’action des ventsles plus violents, du soleil, ou des variations atmo-sphériques.

Aussi rien ne peut réagir sur les cellules à traversuq appareil aussi puissant que cette cheminée. Lechauffeur n’a qu’à charger fortement sa grille de com-bustible le soir, et il laisse sans inconvénient le foyerseul pendant toute la nuit.

Vers minuit un des gardiens, dans sa ronde, faitune nouvelle charge qui va jusqu’au matin.

Dans les petites prisons où cette surveillance spécialen’existe pas, si le service de la ventilation exigeait untravail continu, U serait bientôt négligé et abandonné,quoique aujourd’hui on commence à en sentir partoutla haute utiLité et que les administrations y tiennent lamain.

11 faut donc des dispositions qui n’exigent quequelques soins simples. Nous avons combiné un foyerde dimensions modestes et réglé en raison de l’impor-tance de la prison.

Ce poêle d’appel que nous avons donné (Hg. 2) esten fonte et couronné d’un tuyau qui monte dans la che-minée générale et va pénétrer dans le tuyau de fuméede l’appareil chauffeur.

Garni intérieurement d’une chemise en terre réfrac-taire. Il reçoit par le haut une assez grande quantitéde combustible pour pouvoir marcher 6 ou 8 heuressans nouvelle charge.

Comme nous l’avons dit plus haut, on y brûle, àcombustion lente, du coke, de l’anthraoite ou de lahouille maigre, des mottes de tannée ou des fragmentsde combustibles mélangés de terre, en réglant à volontéle tirage au moyen d’une tirette placée sur la porte ducendrier. On le laisse aussi marcher seul pendantla nuitentière, et on obtient à très-peu de frais la^ventilationla plus régulière.

En hiver, cette ventilation a lieu sous la seule actiondu tuyau de fumée de l’appareil chauffeur qui 6e renddans la cheminée d’appel, à 6 on 8 mètres de hauteur :l’appel est énorme, et quand le feu du chauffage estarrêté au milieu de la journée, la cheminée reste assezchaude pour que la ventilation continue jusqu’au len-demain dans de très-bonnes conditions.

Nous avons dit qu'à Mazas, on brûlait en été480 kilogrammes par 24 heures, pour une ventilationde 24 à 25 000 mètres cubes, ce qui donne 1*00à 1250 mètres par kilogramme de houille brûlée.

A Provins, à Fontainebleau et ailleurs on brûle24 kilogrammes par 24 heures, pour emporter 26 à28 00* > mètres cubes d’air ; c’est donc par kilogrammede houille environ 1050 mètres cubes d’air enlevé. Riende plus simple et de plus puissant que ces procédés.

Quant au système général de distribution de venti-lation dans un édifice, si considérable et si divisé qu’ilsoit, nous avons adopté pour principe de ramener toutl’air enlevé aux divers bâtiments, dans nne cheminéeunique et placée sur le point le plus central, ou aumoins le plus facile pour le service et pour l’établisse-ment des conduits d’appel.

L’iustallmion d’une cheminée par bâtiment donneforcément des inégalités constantes de ventilation, desdifficultés de surveillance et des frais multipliés de con-duite qui sont toujours fâcheux, surtout si l'on voulaitplacer le foyer d’appel dans les comblas.

Ainsi une seule cheminée à laquelle on donne sanspeine de grandes dimensions, un foyer d’nppel puissantet régulier, conduit par un seul ouvrier, et par consé-quent un service facile à régler et à surveiller.

Cette condition d’unité d’appel s’applique aux hôpi-taux comme aux prisons, aux asiles d’aliénés, aux am-phithéâtres, aux dépotoirs et à tous les établissements àassainir.

Nous avons donné la manière de calculer les dimen-sions de cette cheminée.

Quand on adopte le foyer d’appel à feu nu, il faut leplacer an bas de la cheminée, et sa bouche doit être fa-cilement accessible à la houille, aux ouvriers, et sur-tout à la surveillance.

Les foyers d’appel placés dans les combles, outrele défaut que nous avons signalé en principe, ont en-core celui de ne pouvoir pas être aisément et souventvisités par les chefs de l’établissement, et comme on nepeut guère mettre de foyers directs dans les combles,par suite du danger de feu, les foyers d’appel indirectsrenfermés dans la cheminée ne permettent pas de voirs’ils fonctionnent bien ou mal, ou pas du tout; tandisqu’avec un foyer à feu nu, un coup d’œil suffit.

Le canal général qui amène dans la cheminée d’appell’air vicié de tous les bâtiments doit déboucher direc-tement sur le foyer, et tous les passages d’appel doi-vent être établis sous terre dans les dimensions pres-crites plus haut, avec des coudes pris de loin et bienarrondis, pas d’angle vif, ni d’étranglement.

Quel que soit le nombre des bâtiments, il faut quechacun d’eux ait un conduit spécial, muni d’un registrequi sert à régler la ventilation de ce bâtiment, par rap-port à celle des autres.

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