VERNIS.
VERNIS.
devrez pas mettre beaucoup pour atteindre ce but), vousobtiendrez un vernis d’autant moins corsé et moins sic-catif, et d’autant plus coloré qu’il vous aura fallu lemaintenir plus longtemps au feu, d’abord pour évapo-rer l’essence imprudemment ajoutée, et ensuite pour por-ter l’huile au degré de chaleur propre à fondre la résineet se mêler avec elle, et permettre enfin à l’essence dedissoudre ce mélange.
Car, et qu’on nous permette d’insister sur ce pointcapital et non encore suffisamment expliqué, l’onfait des ternis louches ou ternes : 1° ou parce qu’on n’apas porté la résine fondue au degré convenable de cha-leur pour qu’elle puisse se mélanger intimement avecl’huile ; 2° ou parce que l’on a ajouté dans la résinefondue et chaude à point une huile trop froide et tropabondamment à la fois : laquelle huile, en abaissant tropbrusquement la température de la résine fondue, l’a,par cela seul, rendue immiscible avec elle; 3° ou parceque le mélange de la résine et de l’huile étant parfaite-ment accompli, on a, pour mettre le vernis à consis-tance, ajouté trop abondamment à la fois l’essencefroide ; 4° enfin, ou parce qu’on a laissé trop refroidir lemélange de résine et d’huile avant d’y verser l’essencenécessaire pour le mettre à consistance de bon vernis.Tous ces accidents ne sont donc que des résultats d’unetempérature trop faible dans le premier et quatrièmecas, ou trop abaissée dans les deux autres.
L'huile ne se combirte pas avec le copal fondu, elle s'ymélange seulement ; elle s’interpose entre ses molécules,rend ainsi leur solidification, c’est-à-dire leur rappro-chement impossible ; ne sert, en un mot, qu’à les diviseret, en cet état, les rendre miscibles dans une certaineproportion d’essence de térébenthine, au moyen decertaines précautions qui sont de ne verser l’essence quepeu à peu, et par filet d’abord qu’on augmente ensuite,et de toujours agiter, pendant la coulée de l’essence,dans le but de ne pas abaisser trop brusquement la tem-pérature du mélange liquide d’huile et de copal, et defaciliter ainsi sa dissolution et sa bonne répartition dansl’essence.
Il est évident qu’on arriverait plus facilement à cerésultat, si, au lieu de se servir d’essence froide,comme cela se pratique généralement en fabrique, onéteignait avec de l’essence bouillante qui se trouveraitainsi débarrassée par avance d’une bonne partie de l’eauqu’elle contenait ; mais nous devons ajouter qu’on s’ex-poserait souvent à un danger véritable d’incendier lafabrique, car rien n’est dangereux comme de faire bouil-lir de l’essence, surtout si le vase où on la chauffe neconserve pas toujours le même niveau, ce qui devientdifficile sinon impossible dans une chaudière où l’on vapuiser sans cesse. C'est sans doute pour cela qu’on a dé-laissé la méthode d’éteindre avec de l’essence bouillante,pour n’employer que de l’essence froide. Ajoutons cependant qu’au moyen des précautions indiquées ci-des-sus, de ne verser que peu à peu cette essence, de bienmélanger le vernis, et surtout l’attention scrupuleuse den’éteindre le mélange d’huile et de résine qu’autant qu’ilsoit parfait, c’est-à-dire limpide et transparent sur lavitre, on réussira pourtant à faire de bons et excellentsvernis.
Si I’oh fait un vernis louche, alors qu’on verse del’huile trop froide dans la résine fondue, ou si l’on n’ob-tient qu’un vernis terne alors que dans un mélange,même bien fait, d’huile et de résine, on ajoute tropd’essence froide à la fois, on est également exposé à neproduire qu’un vernis terne, lorsqu’à la résine cuite àpoint, on incorpore son huile bouillante ou trop chaude ;mais l’accident est plus certain lorsqu’on n’a pas bienlaissé cuire sa résine, en d’autres termes, lorsqu’on l’onn’a pas laissé aux substances volatiles ou aqueuses quise sont produites dans son sein, le temps de s’évaporerentièrement. En voici la raison ; à peine l’huile bouil-
lante est-elle arrivée dans larésine bouillanteelle-même,à peine avez-vous eu le temps d’agiter, pour les mélan-ger l’une avec l’autre, qu’i! se déclare de suite une forteeffervescence qui menace de faire répandre en moussetoute la matière en expérience, si bien qu’il ne vousreste que le temps d’enlever le matras du feu, et, pourcalmer cette ébullition si violente quelquefois que le ver-nis Ch sort avec une abondance extrême, vous n’avezd’autre parti à prendre que d’y ajouter de l’essence ;cette grande ardeur se calme bientôt, mais le vernis ré-sultant ne sera jamais aussi brillant, sera toujours plusterne que si le mélange d’huile avait eu le temps de sefaire comme il faut. Les molécules résineuses, mal *divisées par l’huile, ne se répartiront pas également dansl’essence, et le vernis résultant ne formera, après sadessiccation, qr’un assemblage informe de partiesplus luisantes et d’autres moins luisantes, et les sur-faces recouvertes, au lieu d'être brillantes, paraîtrontternes.
Avec une huile chauffée seulement à 120 ou 150 de-grés, on n’a rien à craindre do pareil; elle se mélangetrès bien avec la résine fondue ; l’on a le temps de bienagiter le mélange avec la spatule, de le laisser un mo-ment sur le feu bouillir doucement ; le mélange se per-fectionne d’autant, et lorsqu’on retire le matras du feupour mettre le vernis à consistance, le mélange homo-gène d’huile et de résine se répartissant également etfacilement dans l’essence, le vernis résultant sera par-faitement homogène, partout également riche en résine,et formera sur les corps une glaoe unie et partout également brillante, par la raison toute, simple, que nous nesaurions trop répéter, qu'un vernis n'est que de la -résinerendue liquide et extensible à la surface des corps au moyend'un véhicule approprié.
Le copal dur, de Calcutta et de Bombay, le co-pal demi-dur (résine de courbaril ou de damnara aro-matique), le copal tendre (résine de damnara friable)ne sc travaillent pas tout à fait de la même manière :chacune de ces espèces demande quelques modificationsdans les procédés qu’on leur applique pour les transfor-mer en vernis; nous les décrirons en temps et lieu.
Avant de donner les diverses formules des vernis gras,disons quelques mots des ustensiles employés pour leurfabrication.
Instruments et ustensiles d'une fabrique de vernis.
Matras. Les matras doivent être en cuivre rouge nonétamé ; le cul doit être d’une seule pièce, et la soudurequi le réunit à la partie supérieure doit être posée à4 centimètres au-dessu9 du panache (voyez figure2529) ou des crochets,qui empêchent le matras(tig. 2531) d’entrer tropavant dans le fourneau.Cette simple dispositionassure à la soudure unedurée beaucoup plus lon-gue, et à l’artiste la cer-titude que le matras nefuira pas sans qu’il s’enaperçoive de suite; il évi-tera ainsi bien des chan-ces de feu et de pertesconsidérables. Les matra3ne doivent pas être tropprofonds, pour que le braspuisse facilement attein-dre le fond lorsqu’il lesfaudra nettoyer. Si cen’est le cul, c’est-à-direla seule partie du matras qui souffrira de l’action dufeu, la partie supérieure à la soudure peut être en cui-vre de plus miuoe épaisseur, mais le cul doit être plus