VERNIS.
VERNIS.
sine est bien opéré, s’il est complet, l’échantillon, parle refroidissement, se figera en goutte bien limpide. Si,en cet état, elle devient dure et cassante sous l’ongle,c'est une preuve qu’on n’a pas mis plus d’huile que larésine n’en peut supporter, car il 6*en faut bien quetoutes les résines supportent la même quantité d’huile.Mais si l’échantillon, immédiatement après qu’il a étémis sur le verre, et auparavant qu’il se soit figé, Vat-tache au doigt qu’on y applique et se tire en fils allon-gés, qui ne cassent pas facilement; si, après cet essai,le restant de cet échautillon se fige, ne conserve aucuneadhérence au doigt, et a repris une consistance telle•que l'ongle y pénètre facilement, comme dans la cire,sans le casser, c’est une preuve que vous y avez mis laquantité d’huile justement convenable.
La quantité d’huile et d’essence exactement né-cessaire pour une dose de 3 kil. de copal, par exemple,ne peut donc pas être assignée d’une manière.précise,vu qu’elle dépend d’une foule de circonstances qti’on nesaurait prévoir, mais que l’expérience cependant peutdiriger jusqu’à un certain point. D’une manière géné-rale, on peut dire néanmoins que le copal dur et le copaldemi-dur exigent ordinairement moitié de leur poidsd’huile et un peu plus que leur poids d’essence pour for-mer un bon vt-rnisqui séchera en ii heures. Mais, nous lerépétons, ces données ne sont qu’approximatives, caronrencontre des résines qui en demandent plus, et d’autresmoins. Chaque fois donc qu’on travaille une résinenouvelle, et qu’on a assez d’habitude de la pratiquepour être certain de toujours conduire son travail à peuprès de la même manière, on doit, aux premières opé-rations, essayer quelle est la proportion d’huile et d’es-srnee qu’un poids donné de cette résine peut supporter,afin de la continuer (cette proportion), jusqu’à la fin dela résine, sans être obligé de tâtonner à chaque dosenouvelle.
Tous les fabricants de vernis savent bien que parun temps de brouillards épais, comme on en voit sou-vent aux environs de Paris , les vernis sont toujoursmoins limpides (moins nifs en termes d’atelier), quepar un temps clair et sec. L’état hygrométrique de l’airpeut donc influer sur le vernis. Le vernis, pendant saconfection, est donc susceptible d’absorber une certainequantité d’eau, laquelle, extrêmement divisée dans leliquide, suffit pour lui donner un coup d’œil louche quile rend moins propre à la vente, où l’on recherche lesvernis bien transparents.
Le haut degré (316°) de chaleur auquel il faut sou-mettre le copal pour le rendre miscible avec l'huile, dé-compose cette résine en deux parties, l’une fixe, l’autrevolatile, et en même temps met à nu une certainequantité d’eau, lesquelles parties volatiles et aqueuses,mélangées avec la résine fondue, donnent à celle-ci cecaractère d’opacité et de viscosité qu’on y remarquetoujours au commencement de chaque opération, et quil’empêche de couler facilement au bout de la spatulecomme elle le fait, alors que par l’effet de la tempéra-ture vive et sans cesse croissante qu’on lui applique,elle est devenue assez fluide pour permettre aux partiesvolatiles et aqueuses de se dégager sous forme de va-peurs âcres et piquantes. La partie fixe (le copalfondu) est alors suffisamment fluide et chaud pour semêler à l’huile qu’on y verse chaude elle-même (lagomme est bien cuite, comme on le dit en terme de fa-brique), et le vernjs résultant sera de bonne qualitélorsque vous l’aurez mis à consistance au moyen del’essence de térébenthine.
Mais si vous n’avez pas attendu que les parties vo-latiles et aqueuses soient évaporées pour y verservotre huile, qui elle-même contient aussi une certainequantité d’eau ; si en outre votre huile n’était pas suf-fisamment chaude au moment de son arrivée dans la ré-aine trop froide elle aussi, il se produira dans la masse
un mouvement de contraction plus ou moins rapide etcomplet, selon que l’huile ajoutée était plus froide et enplus grande abondance à la fois, et la résine plus oumoins coagulée, en raison du refroidissement brusquequ’elle a éprouvé, plus ou moins visqueuse en raison dela quantité d’huile avec laquelle elle s'est imparfaite-ment mélangée, plus on moius opaque en raison del’eau et des substances volatiles non vaporisées qu’ellerenferme, formera sur la vitre, où vous en ferez tomberune goutte, un globule opaque, non lié, qui se figeracomme le ferait un mélange d’huile et de cire. Vousavez fait louche en terme de fabrique.
Si vous vous apercevez à temps de l’accident, et vouscomprendrez qu *il est nécessaire de toujours vérifier si lemélange d'huile et de résine est bien ou mal opéré, il est fa-cile d’y porter remède, puisqu’il ne s’agit que de laisservotre matras sur le feu et de l’y maintenir jusqu’à ce quel’huile, venant à bouillir, pennette aux parties aqueuseset autres de s’évaporer, et à la résine de se fondre et dese mélanger avec elle assez intimement pour que la goutted’essai que vous mettrez sur le verre vous apparaisseparfaitement limpide et transparente; vous pouvez alorsenlever le matras du feu et y ajouter la quantité d’essencesuffisante pour mettre le vernis à bonne consistance;passez-le ensuite au tamis, le vernis refroidi ne sera pluslouche, cependant il ne sera ni aussi blanc, ni aussisiccatif, et de plus vous n’aurez pas pu y mettre autantd’essence (ce qui vous prouvera clairement que la ré-sine, ayant été plus longtemps sur le feu, y a éprouvéune altération plus profonde) que si cet accident n’eûtpas en lieu.
Si au contraire vous ne vous êtes pas aperçu del’accident ; au lieu de laisser votre matras sur le feujusqu’à ce que la résine liquéfiée de nouveau ait pu semélanger intimement à l’huile bouillante ; si vous avezenlevé le matras du fourneau immédiatement après yavoir versé l’huile ; et si de suite aussi vons y avezajouté votre essence, vous avez alors un vernis lou-che, dont une goutte sur la vitre deviendra opaqueen refroidissant, grasse, onctueuse, toute grumeleuse,et dont l’huile et l’essence ne tarderont pas à se sé-parer, car elle3 n’ont contracté aucune union avec larésiné.
Le vernis chaud sera troublé et comme nuageux sil’accident est au maximum de gravité (si au contraireil a peu de gravité il ne paraîtra louche qu’après son re-froidissement), et le lendemain, c’est-à-dire alors qu’ilsera refroidi entièrement, vou9 trouverez au fond devoire refroidissoir votre résine précipitée sous formed’une masse jaune, sale, agglomérée, opaque et peugluante, mais quelquefois l’étant un peu plus en raisonde la quantité d’huile, plus ou moins mal combinée, aveclaquelle elle se trouve mélangée ; et le liquide surna-geant, composé du restant de l’huile et de l’essence etd’une certaine quantité de copaî altéré, sera rougeâtre,mais ne formera plus un vernis, c’est-à-dire* une sub-stance qui, étendue et desséchée à la surface des corps,puisse leur procurer un éclat permanent.
Mais comme pendant la coulée de l’essence il fautagiter souvent le vernis pour aider sa dilution danscette essence, et que d’ailleurs on a toujours le soin devérifier sur une vitre si le vernis se maintient limpide ettransparent, l’on s’aperçoit bien vite que l’on a faitlouche, et au lieu de continuer son addition d’essence,on ferme le robinet, on reporte le matras sur le feu eton l’y tient jusqu’à ce que toute l’essence qu’on y aajoutée, venant à s’évaporer (elle bout à 155 degrés),permette enfin à l’huile de bouillir à son tour, c’est-à-dire d’atteindre 316 degrés, de fondre alors le copalet de se mélanger avec lui, et de former sur la vitreune goutte bien transparente et limpide. Retirez main-tenant le matras du feu, ajoutez-y l’essence nécessairepour mettre le vernis à bonne consistance (et vous n’eu