VERRE.
YERRE.
pour contenir la quantité d’huile d'dessus; faites-lachauffer vivement jusqu’à ce qu’elle fume beaucoup etvous paraisse prête à s’enflammer ; jetez-y alors un petitmorceau de caoutchouc; si l’huile est assez chaude, ilsera dissous de suite; vous pouvez alors y ajouter parportions le restant du caoutchouc ; agitez le tout avecune tige en fer pour favoriser le mélange des parties dis-soutes avec l’huile, et retirez la casserole du feu aprèsl’incorporation complète des substances.
Ce vernis devient fort épais quand il est refroidi :pour s’en servir, on le chauffe et on l’étend sur la toile,avec un couteau, le plus également possible ; il formeun bon enduit, parfaitement imperméable à l’eau, etdure très longtemps.
Le vernis de caoutchouc de Tingry ne sèche que trèsdifficilement, celui-ci sèche au contraire très bien, sur-tout si on emploie une huile bien siccative.
Pour plus amples renseignements, soit sur la fabri-cation des vernis, soit sur les préparations et le choixdes matières premières, nous renvoyons le lecteur ànotre Traité théorique et pratique sur Vart de faire lesvernis (Paris , 4845, chez L. Mathias, libraire).
TRI ri ER-DE VE A UX.
VERRE ( angl . glas, ail . glass). On donne le nom deverre, dans l’acception la plus générale de ce mot, àtout corps transparent, ou du moins translucide, quiest aigre, cassant et sonore aux températures ordinai-res, devient mou et ductile, puis se fond à une tempé-rature élevée, et dont enfin la cassure à froid présenteun éclat particulier bien défini, connu sous le nom d’é-clat vitreux, de cassure vitreuse. En industrie, on res-treint cette dénomination de verre aux composés de si-lice, de potasse ou de soude, et de chaux ou d’oxydede plomb, seuls ou mélangés, donnant par la fusion unemasse amorphe et ^transparente qui ne se dissout nidans l’eau, ni daus aucun acide, l'acide hydro-fluoriqueexcepté, lorsque le verre est de bonne qualité.
D’après Pline, la découverte du verre serait due àdes voyageurs phéniciens, qui s’étant par hasard servisde natron pour construire un foyer sur le sable du dé-sert, trouvèrent dans le foyer une combinaison fonduede silicate de soude ; mais il est impossible d’admettrece fait, qui suppose une température beaucoup plusélevée qu’elle ne pouvait l’être en pareil cas. Il estplutôt probable qu’elle est une suite des recherches detraitement des métaux par fusion, les gangues en seliquéfiant donnant des laitiers qui sont souvent de vé-ritables verres. Toujours est-il certain que cette dé-couverte est très ancienne, car il en est parlé dansl’Ecriture sainte : 4° dans le livre de Job, ch. XXVIII,vers. 47, et 2° dans le livre des Proverbes, ch. XXIII,vers. 34.
Théophraste, l’an 370 avant Jésus-Christ , cite desverreries phéniciennes situées à l’embouchure du fleuveBélus. Les Egyptiens connaissaient aussi dès l'antiquitéla plus reculée l'art de fabriquer letf verres blancs etcolorés, de les tailler et de les dorer, ainsi que le prou-vent les parures en verre que l’on a trouvées sur plu-sieurs momies venant des catacombes de Thèbes et deMemphis.
Les Rom&ius connaissaient le verre plus de deuxsiècles av. J.-C. ; cependant ce ne fut que sous Néron que fut établie à Rome la première verrerie, et encorene produisit-elle d’abord que de méchants verres àboire. Sous Alexandre Sévère , l’an240 après J.-C., lenombre des verriers s’était tellement augmenté à Rome ,qu’on crut devoir les consigner dans un quartier de laville séparé.
Au moyen âge, Venise se distingua par ses verrerie?*qui furent reléguées, en 4294, à deux lieues de la ville,dans la presqu'île de Murano . C’est, dit-on, dans cetendroit que l’on fabriqua les premières glaces souffiées.
C’est aussi dans le moyen âge que la fabrication du
verre s’introduisit en Bohême et y acquit, grâce àl’extrême pureté des matières premières, que l’on ren-contre en abondance dans ce pays, une supériorité etune réputation qni se sont soutenues jusqu’à nos jours.
Nous indiquerons plus tard la composition des di-verses espèces de verres en parlant de chacune d’elles,et auparavant nous allons dire quelques mots des pro-priétés générales du verre.
La transparence pt la blancheur sont les premièresqualités du verre ; pour les obtenir, U faut employerdes matières premières extrêmement pures, et ajouterle moins de fondants possible.
Un excès de potasse donne au verre une teinte ver-dâtre, la soude et ses sels lui donnent une teinte jau-nâtre, et l’excès de chaux le rend laiteux. Une trèsfaible quantité de sulfate de potasse ou de soude luidonne une couleur vert-brun jaunâtre ou noirâtre. Lefer le colore fortement eu vert bouteille, et le mauga-nèse, employé en excès pour enlever la coloration due àl’oxyde de 1er, lui doune une teinte bleue, qui devientd’un violet prononcé par l’action de la lumière solaire.
Si le minium employé dans la fabrication des cristauxrenferme un peu d’oxyde de cuivre, ce qui arrive trèssouvent, le cristal prend une légère teinte vert d’éme-raude.
Le charbon colore les verres en jaune topaze plus oumoins foncé, allant même jusqu’au pourpre; aussi, ilest impossible d’obtenir un verre parfaitement blancdans les fours qui fument, ainsi que dans ceux que l’onchauffe avec de la tourbe, du lignite ou de la houille ;dans ce cas, pour obtenir des venres blancs, il fautemployer des creusets couverts ou cornues, commedans les cristalleries où l’on est amené à la même so-lution par la nécessité de soustraire le silicate de plombau contact d’une flamme eu fumée réductrice. IL fautaussi avoir soin, en vertu de ce pouvoir colorant ducharbon, lorsqu'on remplace dans la fabrication duverre les carbonates alcalins par le sulfate de soude,d’ajouter dans les creusets un peu moins de charbon(seulement 4/43 à 4/45 du poids du sulfate) qu’il n’enfaudrait pour réduire complètement le sulfate, et en-core n’obtierit-on en général par ce procédé que desverres communs, parce que le léger excès de sulfate desoude que l’on y laisse, bien qu’on en relire la majeurepartie par l’écumage, leur donne presque toujours uueteinte brun-noirâtre plus ou moins prononcée.
Le verre est parfaitement élastique entre certaineslimites, et en général très sonore.
Les verres non plombeux et surtout les verres deBohême sont assez durs, lorsqu’ils sont bien fabriqués,pour faire feu sous le briquet et pour ne se laisser quetrès difficilement rayer par une pdinte d’acier. Le»verres plombeux, au contraire, ont peu de dureté, etd’autant moins qu’ils contiennent plus d’oxyde deplomb aussi perdent-ils promptement leur éclat parl’usage.
Tous les verres sont plus ou moins fusibles; lors-qu’ils sont ramollis par l’action de la chaleur, ils setravaillent aveo la plus grande facilité, et peuvent setirer en fils aussi fins que ceux d’un cocon de ver àsoie.
Les verres à base de sonde sont plus fusibles et plusdurs que ceux à base dépotasse. Le verre, lorsqu’il estsoumis à un refroidissement rapide, devient très fragileet présente divers phénomènes, qu’on a comparés à tortà la trempe de l’acier, et parmi lesquels nous citeron»pour exemple les larmes bataviques et les flacons de Bo-logne . Les larmes bataviques sont des gouttes de verrefondu que l’on refroidit brusquement en les laissanttomber daus l’eau, et qui ont la forme d’an ovoïde al-longé en une queue qui se termine en pointe très effi-lée ; lorsqu’on vient à casser le bout de la queue, toutela masse se réduit en poussière avec une légère détona-