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VERRE,

VERRE.

tion. Les flacons de Bologne sont de petits flacons re-froidis brusquement, et qui volent en éclats lorsqu’onagite dans l’intérieur un fragment de pierre suscepti-ble de le rayer. Dans ces deux cas, les molécules inté-rieures sont dans un état d’équilibre forcé, maintenuseulement par la solidarité de celles qui sont à la sur-face, et qui se trouve détruit dès l’instant où Tonproduit une solution de continuité quelconque dansl’enveloppe.

On diminue l’extrême fragilité du verre en soumet-tant les objets fabriqués à un recuit, c’est-à-dire à unrefroidissement plus ou moins lent. Les verres suppor-tent d’autant mieux les variations de température qu’ilsont été refroidis plus lentement ; aussi peut on, lors-qu’ils ont été peu ou pas recuits, diminuer considéra-blement leur fragilité en les faisant recuire dans del’eau, ou mieux dans de l’huile bouillante que l’onlaisse ensuite refroidir lentement.

Tous les verres exposés pendant un temps plus oumoins long à une température assez élevée, quoique tropfaible pour les fondre, perdent leur transparence, etdeviennent extrêmement durs, moins fusibles et beau-coup moins fragilçs qu’auparavant ; ils perdent alorsen général une partie de leur alcali, et se transformentpresque en véritable grès-cérames fins; il se passe alorsun phénomène tout à fait analogue à celui que nousvoyons se produire journellement par suite d’un refroi-dissement lent dans les laitiers de nos hauts-fourneaux,et surtout dans les laves volcaniques. Les verres com-muns, et surtout les verres à bouteilles, se dévitrifientbeaucoup plus facilement que les verres à base de po-tasse et de chaux, et les verres plombeux.

Quand lo verre n’a point été recuit, on le coupe trèsfacilement en lui faisant éprouver un changement detempérature un peu brusque ; les verriers se servent àchaque instant de cette propriété pour détacher de lacanue les vases qu’ils façonnent, pour ouvrir les man-chons de verre à vitres, etc. Lorsque le verre a été re-cuit, on le coupe avec un diamant à arêtes curvilignes.

La densité des verres varie avec leur composition,comme l’indiquent les nombres suivants :

Ancien verre de Bohême (Dumas). . 2,396

Verre à vitre de Bohême.2,642

Verres Ans dits cristaux de Bohême. 2,892

Verre à bouteilles.2,732

Crovrnglas (verre d’optique). . . 2,487

Glaces coulées de SaiDt-Gobain. . . 2,488

Glaces soufflées de Cherbourg . . . 2,506

Glaces soufflées de Neuhaus (4830).. 2,564

Flintglas (verre d’optique). . . . 2,3 à 2,6

Cristal ordinaire à base de plomb. . 2,9 à 3,3

Plus un verre est dur et infusible, moins il est alté-rable par l’action des agents atmosphériques et chimi-ques, l'acide hydrofluorique excepté. Les verres tropalcalins attirent peu à peu l’humidité de l’air, en perdantleur éclat et leur poli. Beaucoup de verres se laissentnotablement attaquer par une ébullition prolongée avecde l’eau, et, à fortiori, par les dissolutions alcalineset acides ; ainsi, il n’est pas rare de voir des verres àbouteille attaqués par le tartre qui se trouve dans le vin.En général, on peut dire que tous les verres qui selaissent sensiblement attaquer, ou perdent leur polipar une ébullition prolongée avec des dissolutions con-centrées d’alun, de sel marin, d’acide sulfurique ou, depotasse, sont de mauvaise qualité. C’est faute d’avoiressayé leurs bouteilles, par l’un des procédés ci-dessus,que nombre de personnes perdent journellement desquantités de vins considérables.

Choix et préparation des matières premières .

Matières siliceuses. Pour les verres fins dits cristauxde Bohême, on se sert de quarz pur que l’on chauffe dans

des fours à réverbère, que l’on étonne ensuite en le je-tant tout rouge dans de l’eau froide, et que l’on bocarde àsec. En Angleterre, on se sert, pour la fabrication ducristal, de silex de la craie étonnés et pulvérisés. EnFrance , on emploie généralement des sables siliceuxaussi exempts de fer que possible. Pour les verres com-muns, on se sert de sables moins purs, et pour les verresà bouteilles, on se sert de sable ordinaire et même deroches felJspatliiques, ou de laves volcaniques.

Potasse. Presque tous les verres de Venise et de'Bohême sont à base de potasse. La potasse du com-merce vient en grande partie de Hongrie, de Russie oud’Amérique . On la purifie en la traitant à froid par sonpoids d’eau, decantant, évaporant à siccité la liqueurdécantée, et calcinant la potasse obtenue assez forte-ment pour la fritter. Enfin, pour la fabrication des ver-res lins, on purifie la potasse précédente en la traitantde nouveau comme il vient d’être dit, mais seulementavec la moitié de son poids d’eau; les sulfates et chlo-rures qui pouvaient encore s’y trouver, étant moins so-lubles que le carbonate, restent sans se dissoudre. Unessai alcalimétrique donne le titre de cette potasse,mais il n’indique nullement la nature et la proportiondes matières étrangères nuisibles qu’il peut contenir ; ilfaut, lorsqu’on tient à faire de beaux verres, et que l’onveut déterminer la valeur réelle d’une potasse, rempla-cer, dans lun des pots où l’on fait du verre fin, la po-tasse ordinairement employée, par son poids de lapotasse à essayer, et comparer les objets fabriqués avecle verre obteuu, avec des verres titrés, préparés unefois pour toutes, en faisant varier la qualité et la quan-tité de l’alcali.

Soude. En France et en Angleterre, bien que lasoude et ses sels donnent au verre une teinte jaunâtretrès sensible, on les emploie presque exclusivement àcause de leur bas prix relatif. Les verriers se serventsurtout de la soude artificielle préparée par le procédéLeblanc.

Sulfate de soude. Depuis quelques années, on emploiebeaucoup en Franoe ie sulfaté de soude pour la fabri-cation du verre à vitre et du verre à bouteilles, en placedu carbonate de soude qui est d’un prix notablementplus élevé. Il faut y ajouter 4/43 de son poids de char-bons afin de faciliter sa réduction en présence de lachaux et de la silice.

Sel marin. On a aussi quelquefois essayé de rem-placer le carbonate et le sulfate de soude par du selmarin ; il n’est pas douteux que cette substitution, quin’a pas encore été suffisamment étudiée, finira par êtreplus tard adoptée pour la fabrication des verres com-muns.

Chaux. En Bohême on se sert de chaux obtenue parla calcination d’un calcaire saccharoïde blanc extrême-ment pur. Dans les autres pays, on se sert égalementde chaux très pures et aussi exemptes que possible defer, excepté pour les verres à bouteilles. Quelquefois,mais rarement, et seulement pour les verres communs,on remplace la chaux par de la craie ou une autre va-riété de carbonate de chaux; on emploie aussi avecbeaucoup d’avantages la chaux qui a servi à préparerdes bains alcalins caustiques, parce que cette chauxretient toujours une certaine proportion d’alcali, ce quiréduit d’autant celle à ajouter au mélange.

À lumine. Dans les verres à bouteilles, où l’on chercheà diminuer le prix de revient en réduisant la propor-tion d’alcali employée, il est nécessaire d’augmenterla fusibilité du mélange, en y introduisant un plus grandnombre de bases, principalement de l’alumine, soit àl’état d’argile, soit à l’état de cendres végétales.

Baryte. On sait que la baryte est un excellent fon-dant, aussi obtient-on, avec un mélange de silice, debaryte et d’alcali, de très beaux verres qui se travail-lent facilement, et qui ont un éclat bien supérieur aux