XYL01DINE.
qui lui eulèvera son humidité, proportionnellement àl’élévation de température ambiante, jusqu’à ce quetoute la chaux vive se soit convertie en hydrate pulvé-rulent. »
Il est toujours prudent de faire précéder la dessic-cation d’un lavage par une eau légèrement alcaline.
Pyroxyline transparente. M. Gaudin a constaté quela pyroxyline obtenue par son procédé (voir 3°) étaitsoluble eu presque totalité dans l’éther; le produit dnreste, après la vaporisation de l’éther, est transparentet a certainement la plus grande analogie avec le papiercristal non encore reproduit de M. Schœnbein. Les pel-licules obtenues sont éminemment électriques, ainsi quele papier traité par les sels et ensuite par l’éther; il esten outre transparent et cohérent comme du parchemin.
Pyroxyline hygrométrique. Les premiers essais de tiront été faits en France avec du papier azotique ; ce pa-pier présentait l’inconvénient grave d’être hygrométri-que, et alors de faire long-feu. Nous avons constaté quecette propriété ne tenait point essentiellement a la py-roxyline, mais était inhérente au papier employé pourla fabriquer. Ainsi en déterminant l’humidité d’un pa-pier et le passant ensuite au mélange des acides, nousobtenions une pyroxyline hygrométrique au même pointque le papier; elle reprenait autant d’humidité que lui.Cette propriété doit faire, quant à présent, renoncer àl’emploi du papier. Le coton fulminant ne présente pasheureusement cet inconvénient au même point.
Pyroxyline roussie Comme nous le verrons plus loin,il se dégage dans la combustion de la pyroxyline uneassez grande quantité de vapeur d’eau. M. Gaudin aproposé de faire chauffer le coton à une température d’en-viron 200 degrés, de manière àle roussir légèrement, età lui faire perdre une portion de son eau, avant dele plonger dans les acides. Cette précaution aurait enoutre l’avantage de faire distinguer le coton fulminantdn coton ordinaire dont il ne diffère pas à la vue. Onn’a pas recherché du reste si elle ne diminuerait pas leseffets balistiques de la pyroxyline obtenue. D’autrepart, il sera toujours facile do distinguer le coton azo-tique du coton ordinaire par ses propriétés électriquesmises facilement en évidence par le frottement.
§ III. Composition. Pour se rendre compte tant duprix de revient probable que des effets possibles de lapyroxyline, il faut avoir des notions exactes sur sacomposition. Dans l’état actuel de la question, au mi-lieu de l’incertitude qui règne encore sur la nature decertaines réactions relatives soit à la préparation, soità la manière d’agir de la pyroxyline, dous ne pouvonsfaire autrement que de suivre dans cet exposé la marchehistorique des faits et de reporter à chaque auteur laresponsabilité de ses assertions.
En 4842, c’est-à-dire longtemps avant la découvertede M. Schœnbein, un chimiste allemand , M. Ballot,avait été conduit, par un travail considérable sur laxyloïdine, à regarder la substance obtenue précédem-ment par M. Braconnot et par M. Pelouze , commeétant un mélange de deux ou peut-être de plusieurssubstances différentes (Revue scientifique, tome XIII,page 374).
Cependant M. Pelonze, lors de ses premiers essais,persista à regarder, comme en 4838, le papier ouïecoton-poudre comme étant du papier ou du coton im-prégné de xyloïdine (séance de l’Académie du 26 oc-tobre).
Plus tard, 46 novembre, M. Pelouze reconnut qu’aucontraire le papier, le coton et en général la celluloseazotiques renferment plus d’oxygène et moins ce char-bon que la xyloïdine. Il admit que 100 de cellulose don-nent en moyenne 169 parties de matière inflammablesèche, et il donna la composition suivante :
xyloïdine = cellulose— 4 équiv. d’eau-J-4 équiv.d’acide nitrique anhydre, ou en employant les formules
XYLOÏDINE.
chimiques C ls H* O 9 Az O 5 , ce qui correspond auxnombres •
Hydrogène.'4,34
Oxygène.54,09
Azote. ..6,77
400,00
pyroxyline =cellulose — 4 équiv. d’eau -j- 2équiv.d’acide nitrique monohydraté, ou employant les for-mules chimiques C 12 H 9 0 9 -q-2(Az0 5 , HO), ce quicorrespond aux nombres :
Or, pour brûler tout le carbone et tout l’hydrogènecontenus dans ces substances, il faudrait, en admet-tant la formation de vapeur d’eau, d’azote et d’oxyde decarbone, pour la
Xyloïdine 81,42 d’oxygène, et il n’y eu a que 54,09,Pyroxyline 65,44 — — 59,28.
M. Pelouze s’aperçut bientôt de l’impossibilité où setrouvait la pyroxyline ainsi composée de brûler, endonnant les produits ordinaires des combustions, sanspourtant laisser de résidu. C’est sans doute pour expli-quer cette difficulté que MM. Fordos et Gél-is parlèrent(23 novembre) de la formation d’un composé cyaniquedans la combustion spontanée de la pyroxyline.
Dans tous les cas, M. Péligot montra que la formuleadmise par M. Pelouze était erronée, et il donna commerésultat de ses expériences, la composition suivante
(7 décembre) :
pyroxyline = 4 équiv. de cellulose.— 4 équiv.d’eau 3 équiv. d’acide nitrique anhydre ou C 12 H 9 O 9-}-3Az0 5 , ce qui correspond aux nombres suivants •
Oxygèae.60,9
400,0
En admettant cette composition, on reconnaît que lecoton fulminant peut brûler sans aucun résidu, puisquel’oxygène qu’il coutient suffit pour transformer la to-talité de son carbone non seulement en oxyde de car-bone, mais même partiellement en acide carbonique;la formule théorique de sa décomposition serait alorsla suivante :
C 18 H 9 0 9 H-3Az0 6 = 9CO-|-3CO*-i-3Az + 9HO.
c’est à-dire 9 équiv. d’oxyde de carbone, 3 .d’acidecarbonique, 9 de vapeur d'eau.
M. Pelouze dut revenir alors sur la composition qu’ilavait d’abord donnée ; il s’entoura d’un plus grand nom-bre de précautions pour s’assurer de la pureté de sesproduits, et constata que le rendement de la cellu-lose bien pure ou pyroxyline était de 475 pour 4 00 etnon de 469, comme il l’avait dit d’abord, et il établitd’une manière irréfragable que la pyroxyline bien pureest entièrement soluble dans les éthers acétiques del’alcool et de l’esprit de bois, observation curieuse dued’abord à M. Richicr, préparateur de chimie à l’Ecolemunicipale Saint-Laurent. Alors il a trouvé la compo-
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