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XYLOIDINE.

XYLOIDINE.

ce qui correspond à la formule chimique C n H 17 0 17 ,5Az 0*. Alors la transformation de la cellulose en py-roxyline aurait lieu d’après l’équation suivante :

2C ls H I0 O l0 -|-5 (AzO 5 , HO) = 8 HO +(C* 4 H 17 O 17 ,

5Az0 5 ;,

c’est-à-dire que 5 équivalents d’acide nitrique monohy-draté.en réagissant sur 2 équivalents de cellulose don-neraient naissance à 8 équivalents d'eau et à J équiva-lent de pyrœyline : de ces 8 équivalents d’eau, 3 pro-viendraient de la matière organique, et 5 de l'acidenitrique. Cette élimination d’une quantité d’eau consi-dérable expliquerait pourquoi un mélange d’acides ni-trique et sulfurique concentrés s’affaiblit rapidementlorsqu’on vient à y tremper du coton, au point que/souvent il ne peut plus servir à la préparation d’unenouvelle quantité de cellulose fulminante. On comprendainsi l’importance de l’introduction faite par M. Knoppde l’acide sulfurique dans l’acide nitrique monohydraté.

La nouvelle formule admise par M. Pelouze expliqued’ailleùrs pourquoi la pyroxyline, préparée par ce sa-vant, ne laisse aucun résidu charbonneux dans les ar-mes. On voit en effet que sa transformation complèteen vapeur d’eau, acide carbonique, oxyde de carbone etazote est possible par l’équation suivante :

C» H* 7 O 17 ,5Az 05 s 23 CO 4- CO*+17 HO -f- 5 As.

Est-ce bien là la composition définitive que les chi-mistes devront adopter pour la pyroxyline. Il est pro-bable qu’on ne saurait en trouver une autre pour unproduit préparé avec tous les soins et dans les circon-stances que M. Pelouze a indiquées. Mais lors d’uue fa-brication industrielle , ces nombres théoriques devrontéprouver quelques modifications. Ainsi la présence,dans le coton ou le papier, de matières étrangères, decendres, etc., diminuera évidemment son rendementen pyroxyline. D’autre part, quoique M. Pelouze n’aitjamais observé la dissolution d’aucun produit carburé,dans les acides, il est certains cas où nous avons con-staté la formation d’une quantité très notable de xyloï-dine, et d’autres chimistes, entre autres M. Payen, ontfait la même remarque que nous. Le rendement estainsi presque toujours inférieur à 475 pour 400; et trèssouvent on obtient des composés moins chargés d’acidenitrique que ceux analysés par MM. Péligot et Pelouze .La durée de l’immersion et la température joueront,comme nous l’avons reconnu, un grand rôle dans. T ob-tention de la nouvelle poudre.

§ IY. Prix de revient . En admettant le rendement de475 pour 400, il est très facile d’établir le prix de re-vient de la pyroxyline obtenue par le mélange d’acidenitrique monohydraté avec un poids double d’acide sul-furique à 66°.

A part la main-d’œuvre, 4 75 kilogrammes de pyroxy-line coûteront :

4 00 kil. de coton cardé. 200 fr.

4 00 kil. d’acide nitrique monohydraté. 4 30

200 kil. d’acide sulfurique à 66°. . . 30

360 fr.

c’est-à-dire 206 fr. les 400 kil. En ajoutant 92 fr. àce chiffre à cause de la main-d’œuvre, des frais de la-vage et dedessiccation, on aura évidemment pour maxi-mum possible du prix de revient du kil. de la nouvellepoudre (quantité surperfine royale), la somme de 3 fr.Avec du coton à bout court ou de la pâte de papier, onaurait un produit beaucoup moins cher.

Si on employait un autre liquide pour la préparationde la pyroxyline, par exemple, le liquide décanté pro-venant de la réaction de l’acide sulfurique sur le nitratede soude du Chili , comme on a proposé de le faire, onarriverait à un prix de revient notablement plus élevé,et à nn produit fulminant de qualité inférieure Nous

n’avons donc pas à nous occuper, quant à présent, d’unautre procédé de préparation. Nous pouvous seulementaffirmer que le prix de revient que nous avons établi,sera bien loin d’être jamais atteint.

Comme terme de comparaison, nous placerons ici letableau des prix de revient et des prix de vente des dif-férentes poudres d’après le compte-rendu du ministredes finances pour 4 843 :

Prix de revient Prix de vente

par kil.

aux débitants

f fine.

4 r ,87

7 r ,50

Poudre de chasse / superfine..

2',06

9 ( ,50

( — royale.

2',34

U',50

— de guerre.

\ ',58

3',40

— de mine.

1 f ,34

2',

— de commerce extér. .

1-.27

1',45

§ V. Effets balistiques. Lorsqu’il était nouvellementquestion du coton fulminant, l'artillerie prétendait que ceproduit ne saurait en aucune façon donner des résultatscomparables à ceux de la poudre de guerre ; c’est ce qui aété dit en pleine Académie des sciences et imprimé dansles comptes-rendus de cette assemblée. La théorie don-nait un démenti complet à cette assertion ; ce démentia été confirmé bientôt après par des expériences faitespar l'artillerie elle-même.

Que dit en effet la théorie? l’effet dynamique d’unepoudre est le rapport du volume des gaz produits à celuide la poudre solide employée. Or en théorie la poudrede guerre est formée de 75 parties de nitrate de potasse,42,5 de carbone, et 42,5 de soufre, ce qui donne,pour la réaction produite par la détonation :

Ax05,K0+3C4-S^SK+3CO 2 -f À*.

crasse fluide» élastique*.

ou en centièmes :

Sulfure de potassium. . . 42,9

Acide carbonique. . . . 45,8Azote. 4 1,3

400,0

On voit donc, qu’en brûlant, la poudre noire laisseun résidu solide énorme de 42,9 pour 4 00 de la quan-tité employée (4). Le coton fulminant, au contraire,se transforme entièrement en fluides élastiques.

4 kil. de poudre de chasse occupe un volume de4‘,039 et fournit 232 litres d’acide carbonique et 89 litrès d’azote, en tout, 324 litres de fluides élastiques à0°, ce qui donne le rapport 309 l 4.

4 kil. de pyroxyline occupe nn volume de 4 *,425 etfournit 458 lit. d’oxyde de carbone, 49 d’acide carboni-que, 98 d’azote et 332 de vapeur d’eau, en tout 907 lit.de fluides élastiques à 0°, ce qui donne le rapport

806 :4.

On voit donc qu’en admettant qne les gaz produisent,en se formant, la même température dans les deux casl’effet de la pyroxyline doit être à celui de la poudre dechasse II 26 l 40.

Nos considérations théoriques ont été vérifiées parles expériences balistiques faites à la direction des pou-dres et salpêtres de Paris par M. le capitaine Susane etM. le coramisaire Mézières. Quoique ces expériences nepuissent être considérées que comme des approximationsgrossières, parce qu’on ne connaissait pas encore lemoyen de s’assurer de la pureté des produits fabriqués,nous allons les rapporter, parce qu’elles présentent lesseules mesures exactes qni aient été publiées jusqu’à cejour.

(J) M. Pelouze a, par une erreur de calcul, porte cerésidu à 77 p. 400 (Comptes-rendus de VAcadémie des scien-ces. novembre <W6).