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ÉCONOMIE INDUSTRIELLE

Pour terminer notre œuvre tout entière consacréeà l’étude des procédés qu’emploie le génie del’homme pour créer et multiplier à l’infini la ri-chesse, il importe de considérer le vaste ensembledu travail industriel à un point .de vue autre quecelui auquel nous nous sommes placés jusqu’ici.

Ce n’est pas pour satisfaire une vaine curiositéque l’homme se livre au travail, c’est pour accom-plir la loi impérieuse de sa nature, c’est pouréchapper au besoin qui l’étreint de toutes parts.11 nous reste donc à étudier au point de vue desintérêts humains l’industrie, que nous n’avonsenvisagée en général jusqu’ici qu'au point de vuephysique; à considérer non plus seulement lesméthodes qui rendent le travail utile, les pro-cédés qu’emploie le producteur, mais encorequelles sont les conditions qui lui permettent deproduire, avec la plus grande économie de tra-vail possible, et après qu’il a produit, de jouirdu fruit de son travail; en un mot, la sciencedu travail et de sa rémunération. Nous avonsà résumer à un point de vue plus général lesconsidérations économiques dont nous avons dûdire quelques mots en traitant des procédés techni-ques de chaque industrie, considérations sur les-quelles doit reposer l’édifice industriel d’un pays,et qui permettent de déterminer la voie dans la-quelle on doit pousser le travail et l’activité d’unenation laborieuse. . '

De l'Économie politique. — De la méthode àsuivre pour son élude.

L’Économie industrielle ou l’Économie politiquequi n’a pour objet, comme la première, que larichesse en tantquecréée parle travail de l’homme,l’économie de l’industrie, mais à laquelle, toute-fois, viennent se joindre quelques questions d’unordre plus purement politique, est une science quise rapporte à l’homme et à la société, et par suite,une science de même ordre que les sciences dudroit, la science politique. Quelle est la méthodequi doit être appliquée à son étude? Car c’est bienévidemment à des vices dans la méthode qu’il fautattribuer, après toutefois les écarts dus aux pas-sions, les fréquents malentendus qui encombrentcette science ; et qu’on peut expliquer comment les

résultats les plus certains pour les uns sont auda-cieusement niés par les autres.

Il importe donc en premier lieu de s’arrêter àcette question de la méthode, qui seule peut per-mettre, autant qu’on peut le faire pour une sciencemorale, de mettre en complète évidence et rendreparfaitement incontestables quelques vérités fonda-mentales.

Disons d’abord comment procèdent les écolesqui existent aujourd’hui. On peut à première in-spection reconnaître deux écoles bien distinctes :l’école métaphysique, celle qui veut plier impérieu-sement les faits à l’idée, et l’école expérimentale,celle qui tient compte des faits, qui procède parl’observation pour découvrir des lois, des rap-ports.

En examinant ces deux écoles au point de vuede la méthode seulement, et non à celui des solu-tions qu’elles proposent pour les principaux pro-blèmes, nous pouvons retirer des discussions ani-mées auxquelles nous avons assisté, le lendemaind’une révolution dont le caractère le plus saillanta été d’agiter des questions d’un ordre tout indus-triel, quelques conclusions très-certaines.

1° L’école métaphysique part de quelques affir-mations capitales, qu’elle cherche à peine à établir,dont elle ne discute pas les limites dans l’applica-tion, qui sont pour elle des vérités absolues, in-contestables, un évangile politique. Ces principessont entre autres l’égalité absolue des individusqui composent la race humaine, le droit de chacunà une égale satisfaction de ses besoins, la solida-rité qui pèse sur tous les hommes, etc.

Ces vérités sont en nombre plus ou moins grandsuivant les écoles ; elles varient de l’une a l’au-tre , mais toutes (et c’est pour cela que nous lesconfondons dans la dénomination d’écoles mé-taphysiques), partant d’entités intellectuelles plusou moins certaines, construisent d’après elles unprojet d’édifice dans lequel il s’agit de forcer d’en-trer la société bon gré mal gré.

Cette méthode est-elle acceptable scientifique-ment? N’est-ce pas celle contre laquelle l’humanitése débat depuis le commencement du monde, etn’est-ce pas depuis qu’elle a été abandonnée pourles sciences physiques, que la civilisation a fait

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