ÉCONOMIE INDUSTRIELLE.
ÉCONOMIE INDUSTRIELLE.
marquant les différences qui séparent la physiqueou les sciences cosmologiques et les sciences so-ciales qui comprennent l’Économie politique, aussibien que les sciences physiologiques. Ces diffé-rences peuvent se résumer en un mot, la vie, phé-nomène capital dé ces dernières qui ne se ren-contre pas dans les premières.
Ainsi, si l’on considère l’expérimentation appli-quée aux sciences physiques, on voit que les loisdes phénomènes, toujours constantes, viennent semanifester par la répétition sous des aspects va-riés, de manière que l’esprit peut venir les saisir etles vérifier. Dans les sciences de la vie, au con-traire, les objets aussi bien que les lois qui les ré-gissent se transforment sans cesse par l’effet d’undéveloppement continu, et l’expérimentation nepeut plus montrer que des manifestations diversesde lois complexes et dont, par suite, on parvientdifficilement à dégager celles-ci. Tout ce que peutfournir en chaque instant l’observation, c’est l’in-dication d’un terme d’une série dont la sciencese propose la connaissance complète.
On voit donc que la méthode expérimentale estparfaitement applicable à l’Économie politique,mais qu’elle est insuffisante si on la borne àl’observation d’une époque ou d’un pays; qu’ilpeuty avoir lieu de compléter les résultats qu’ellefournit à l’aide de l’histoire et de la comparaisonavec l’état économique des autres peuples qui doitfournir des matériaux excellents pour la construc-tion de la science. Sismondi , historien par-dessustout, approchait de la véritédans la méthode; maisen voulant violenter le fait économique, au lieu del’influencer seulement par l’élément politique, ilsacrifiait la liberté et exagérait l’action du princejusqu’à la rendre odieuse. Il ne peut être douteuxcependant que le développement de la vie, quele progrès qu’il est possible d’espérer en un in-stant donné ne peut être indiqué si l’on n’a le sen-timent vrai de la voie dans laquelle la société doits’avancer. C’est par. là que la science politiqueréagit sur la science économique, c’est elle quidétermine la voie dans laquelle une nation doits’avancer, les transformations vers lesquelles elletend.
Un esprit bien fin, M. Rossi, qui a apporté degrandes lumières aux questions qu’il a étudiées,avait senti l’insuffisance de la science économiquetoutes les fois qu’une solution lui était demandée,et avait été frappé du malentendu perpétuel quel’on voit subsister depuis si longtemps dans noirepays entre les économistes et les politiques, quiprésentent le plus souvent des solutions opposéeset ne peuvent jamais se convaincre mutuellement.
Il proposait de diviser l’Économie politique endeux parties : la science pure de la richesse, de lavaleur, c’est la science de Ricardo, dont il s’estappliqué à développer les principales théories;puis la science appliquée, qui est la science despolitiques, celle des hommes qui, chargés de la
direction des affaires, ont à appliquer les théoriesde la science pure.
Ce point de vue nous paraît tout à fait lumi-neux et peut conduire à des résultats parfaitementacceptables, à condition que l’on considère cetteseconde partie de la science comme une véritablescience politique (qui mériterait vraiment le nomd’Économie politique, tandis que la première se-rait une science presque algébrique fondée sur lanotion de la valeur), une science exigeant les mêmestravaux, employant la même méthode que lessciences du droit, et nullement un art consistantdans la simple application des théorèmes de lascience telle qu’elle est conçue généralement auxfaits.
Nous ne savons s’il y aurait avantage réel à sé-parer la science en deux parties distinctes; mais cequi nous paraît indispensable, c’est de les étudiertoutes deux dans leur ordre naturel, c’est-à-direen commençant par ce qui est définition, principesgénéraux, pour continuer, pour ce qui varie avecles éléments politiques et sociaux; cela est surtoutnécessaire dans un ouvrage de la nature de celui-ci, afin d’appliquer ces notions' aux désirs et auxbesoins de l’industrie française, pour en assurer ledéveloppement et la prospérité.
De la richesse. — Division de la science. — 1 0 Pro-duction de la richesse. — 2° Distribution de la
richesse. — 3° Consommation.
On définit richesse tout ce qui peut nous servirà un titre quelconque, tout ce qui peut nous êtreutile. L’Économie politique est essentiellement lascience de la richesse, la science de l’utile, dansses rapports avec l’homme et la société ; on la dé-finit en lui assignant pour but de déterminer com-ment la richesse doit être produite, répartie etconsommée.
Ces trois points de vue de production, distri-bution et consommation, forment la base des troisgrandes divisions de la science; le premier termecorrespondant à l’effort que l’homme fait pour sa-tisfaire à ses besoins de chaque jour, le second audroit qui résulte de l’effort sur le résultat obtenu,le troisième à la satisfaction de ces besoins.
Il importe, toutefois, de remarquer que bien desutilités, les plus précieuses, les plus indispensablesà l’existence, sont fournies gratuitement par la na-ture à tous les hommes, sont communes à tous leshommes qui peuvent en jouir à leur aise sanspriver personne.
Tel est l’air que nous respirons, la chaleur, lalumière du soleil, la force des vents, des courants,; toutes les forces du monde physique, etc.
I Ces utilités constituent les richesses naturelles,| domaine immense dont l’exploitation de plus en| plus féconde se révèle par les progrès les plus im-: portants de la civilisation et de l’humanité tout en-j tière. Nous verrons bientôt comment l’agrandisse-' ment du domaine de ces richesses communes à