Band 
G-Z.
JPEG-Download
 

/

ÉCONOMIE INDUSTRIELLE.

Sans vouloir ici traiter une question sur laquellenous reviendrons plus loin, celle des droits de ;1 État et de la liberté, nous dirons qu’il nous pa-rait évident en principe que l’État ne peut priverun individu de la liberté de ses efforts et de sontravail, l’empêcher d’exister, pour procurer à quique ce soit une existence plus ou moins douce.

La conséquence directe du moindre empêche-ment de ce genre est la stricte obligation pourla société de nourrir toutindividu qui ne peut, parsuite de cet empêchement, gagner sa vie, c’est-à-dire le communisme le plus absurde. On se gardebien de la reconnaître dans la pratique, mais onn’évite pas une injuntice. Le seul moyen de ne pasla commettre, c’est de ne pas sacrifier la libertédu citoyen, de reconnaître la liberté du travailcomme le droit le plus imprescriptible de l’indi-vidu, le plus sacré et le plus inattaquable au pointde vue moral comme au point de vue économi-que, l’instrument le plus essentiel de la productiondes richesses dans nos sociétés civilisées.

IL DU CAPITAL QUI CONCOURT AVEC LE TRAVAILA LA PRODUCTION.'— DES MACHINES.

L’utilité et par suite la richesse étant produites,partie par le travail de l’homme, partie par l’ac-tion des forces naturelles, il est évident que le pro-grès consiste à remplacer, autant que possible, letravail par l’action des forces naturelles, à faire enquelque sorte produire directement par la nature,sous la forme la plus convenable pour la satisfac-tion de nos besoins, les objets qui auparavant nepouvaient être que le résultat d’un pénible tra-vail. Il en résulte abondance, et, comme nous leverrons bientôt, bon marché de ce produit, avancede l’humanité dans la voie du bien-être universel.

La première condition pour obtenir cet impor-tant résultat réside dans la connaissance des loisde la nature, connaissance qui fait la base fonda-mentale de toute modification des corps. L’ensembledes connaissances, des découvertes, des résultatsde l’expérience de chaque individu cortipose soncapital intellectuel. Les lois de la nature, pour mo-difier les corps, sont uliliséesà l’aidedesubstances,d’appareils, de machines, d’outils, etc., qui consti-tuent le capital matériel.

Si l'on examine avec attention le moindre outil,on verra comment sont utilisées les propriétés dela matière. Un marteau, par exemple, ne remplitle but qu’on a cherché à atteindre par sa construc-tion qu'en vertu de son poids, de la malléabilitéde l’acier rougi, de la-dureté de l’acier trempé, etc.Ces propriétés diverses le rendent propre à exer-cer une action de percussion qui produit en uninstant des effets qui, si l’on en était privé, ne se-raient obtenus dans quelques cas qu’avec une fa-tigue très-grande et le plus souvent ne pourraientnullement être obtenus. I

On conçoit facilement à quelle accumulation decapital, c’est-à-dire de moyens de production per-1

ÉCONOMIE INDUSTRIELLE.

fectionnés et incorporés ainsi dans des outils, desmachines de tout genre, parviennent les nationsindustrielles. Si, pour forger le moindre morceaude fer, il faut des forges munies de soufflets, desmarteaux d’acier, des enclumes de poids considé-rable à surface aciérée et mille autres outils, quene faudra-t-il pas pour filer, tisser, imprimer lesétoffes si variées que produit l’industrie, pour fa-briquer les machines les plus délicates, une mon-tre, par exemple.

C’est ce capital qui comprend, bien entendu, laterre, ou plutôt le travail incorporé dans le solpour en former L’appareil indispensable à la pro-duction du blé, les maisons qui procurent lelogement aussi bien que les outils qui servent àproduire les objets nécessaires aux vêtements, etc.,qui forme l’héritage sans cesse croissant que lesgénérations se transmettent les unes aux autres etqui permet de produire des quantités d’utilitéssans cesse croissantes à l’infini, pour une mêmequantité de travail. Cette loi vraiment, fondamen-tale est trop peu connue, puisque bien des igno-rants s’imaginent que la richesse est une quantitédéterminée, de telle sorte que l’enrichissement desuns fait la pauvreté des autres. Il importe beau-coup de la rappeler à l’attention de tous les gensjaloux de la richesse acquise et qui feraient bienmieux d’employer leurs efforts à en créer unenouvelle qui ne priverait personne, qu’à s’épuiseren regrets superflus de ne pas avoir leur part decelle déjà créée.

De la participation du capital à la production,il résulte cette conséquence très-importante quela production de la richesse croît avec le capital.

Nous plaçant d’abord au point de vue de lasociété tout entière, nous comprendrons facile-ment comment, à mesure que les moyens de pro-duction deviennent plus énergiques, plus parfaits,la production de la richesse va sans cesse croissanten intensité et en rapidité. Chaque exemple con-cret, l’élude de chaque industrie le démontre faci-lement. Si, dans un exemple déjà cité, sur unpuits de houille, un homme enlevant un seau avecune corde et une poulie est remplacé par unemachine à vapeur de cent chevaux que le mêmehomme suffit à diriger, il est évident que la ri-chesse produite a ci ù immensément pour un mêmetravail humain actuel, car la machine peut n’èlreconsidérée que comme du travail humain accu-mulé.

On comprend facilement d’après cela commentles économistes anglais considèrent avant tout lecapital d’une nation et admettent volontiers que laproduction est proportionnelle au capital, et celaparce qu’ils consiuèrent comme constantes lesforces dont nous parlerons ci-après. Cela est sensi-blement vrai pour une même race, pour des na-tions ayant un même degré d’énergie et de vigueurmorale ; mais non pour des nations qui diffèrentnar leur énergie et leur organisation industrielle.