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ECONOMIE INDUSTRIF.LLE.

ÉCONOMIE INDUSTRIELLE.

là le .côté politique de la question comme il noussera facile de l’établir en complétant ce que nousavons déjà dit de la production.

Les éléments de la production valent surtoutpar l’organisation, par l’association. C’est ce quedémontre la vue du moindre atelier. Ce principen’est en réalité, sous une forme plus complète, quela division du travail d’Adam Smith , et, en réalité,en fait mieux comprendre les surprenants résultats.

La succession des opérations, à l’aide desquel-les un produit s’obtient dans l’industrie moderne,constitue une division ou mieux une organisationdu travail, une association d’activités, de lumièreset de forces diverses, en vue d’un but commun quiest le cachet le plus remarquable de la civilisationmoderne et la source la plus puissante de touterichesse. Qu’on observe avec soin une grandemanufacture, et l’organisation du travail paraîtra,comme nous l’énonçons plus haut, un caractèreplus essentiel que sa division, ou plutôt lacomprenant; et l’on verra facilement comment lasuccession des opérations, l’introduction des ma-chines dans plusieurs d’entre elles sont les condi-tions les plus essentielles pour le succès.

C’est dans la théorie de cette organisation, quiembrasse les conditions de succès et de dévelop-pement des manufactures, dont nous avons donnéquelques notions à l’article Économie des manu-factures , que réside principalement la scienceéconomique indispensable au manufacturier.

Elle comprend la création du produit à l’aidede l’atelier, placé dans une situation convenable,formé de travailleurs de force, d’intelligence, descience diverse, de machines plus ou moins in-génieuses, d’agents plus ou moins énergiques,entre lesquels le travail esl divisé, ou plutôt dontles actions sont combinées de la manière la plusconvenable.

Le transport des produits à l’aide des voiesde communication plus ou moins perfectionnées,routes, chemins de fer, etc., et surtout à l’aidede la navigation pour les relations internationa-les, transport dont le prix vient s’ajouter à celuides objets au lieu de production, forme une par-tie essentielle de cette organisation.

Si l’organisation de l’atelier, celle des centresindustriels formés par la réunion de ceux-ci, sontla base de la puissance de production industrielle,celle-ci à son tour est dominée par une organisa-tion qui domine tous les citoyens d’un pays, l’or-ganisation générale de la société, de l’État, quientraîne forcément une forme déterminée d’orga-nisation industrielle, qui à son tour réagit sur ce-lui-ci. On voit comment la politique a ici un point decontact évident avec la production de la richesse,et sans vouloir ici traiter cette question, nous di-rons un mot des deux systèmes qui se partagentle monde.

Le premier est le système de la liberté. Lesplus puissantes organisations résultent de la libre

association de citoyens qui réunissent tous leursefforts pour atteindre un but voulu. C’est la basede la prospérité de l’industrie anglaise et de l’in-dustrie américaine. Cette vie publique, cette li-berté d’association est utile à la production de larichesse au même degré que la liberté du travail,et rien ne saurait remplacer l’énergie, l’activitédu citoyen libre.

Le second système est celui de l’autorité quifait aider par l’initiative du gouvernement celle descitoyens auxquels on demande avant tout de payerles impôts. Il est clair que ce système, celuides peuples essentiellement monarchiques, n’en-traîne pas la même ardeur, la même activité chez,les citoyens qui le précèdent. Néanmoins il fautlui reconnaître quelques avantages importants,par suite de la puissance de la centralisation detous les efforts, quand, par bonheur, un paysrencontre un Colbert pour l’appliquer.

Nous reviendrons sur ces questions les pluscomplexes, les plus insolubles de toutes en théoriepure (car on ne peut prouver qu’il soit possible ouutile que les gouvernements de toutes les nationslaissent au citoyen le même degré de liberté d’ac-tion, encore bien moins que tous les peuples puis-sent se transformer instantanément), au point devue de la France ; mais cequi nous importait, c’étaitd’indiquer ici une liaison intime entre la scienceéconomique et la science politique qui ne sauraitêtre négligée dans l’étude des causes de la richessedes nations.

Ce qu’il était essentiel d’établir c’est ce prin-cipe que, puisque c’est par l’organisation dansl’atelier et hors de l’atelier, dans la nation toutentière, que valent les forces productives, il enrésulte que la question de les utiliser le pluscomplètement possible, d’obtenir une organisationindustrielle qui, en respectant les droits de tous,fournisse les plus abondantes occasions de travailet de succès, a des relations intimes avec la con-stitution de la société tout entière? Nous citerions,s’il était besoin pour le prouver, l’esclavage, leservage, pour montrer combien certains principesd’organisation sociale admis dans un pays peu-vent transformer l’organisation des ateliers, desforces productives d’une nation.

IV. DE l’ÉCIIANGE. — DE LA VALEUR. — DE SONÉVALUATION EN TRAVAIL.

La division ou l’organisation du travail dontnous venons de parler repose en réalité et n’estpossible que par suite d’un phénomène qui s’ap-plique non-seulement au travail, mais encore àtoutes les richesses dans lesquelles il s’incorporepar l’échange. En effet, chacun ne peut bornerson travail à produire une seule utilité qu’autantqu’il peut échanger contre elle toutes les utilitéspropres à la satisfaction de ses besoins et de ses dé-sirs. C’est par le phénomène de l’échange que la so-