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ÉCONOMIE INDUSTRIELLE.

Ce qui est onéreux est approprié, parce qu’une Ipeine à prendre est la condition de la satisfaction,comme la satisfaction est la raison de la peineprise.

Ce recours à une peine implique l’idée d’un ob-stacle. On peut donc dire que l’objet cherché serapproche d’autant plus de la gratuité et de lacommunauté que l’obstacle est moindre, puisquel’absence-complète de l’obstacle entraîne la gra-tuité et la communauté parfaites.

Sécurité de la propriété.

C’est pour arriver à la consommation par la dis-tribution, à jouir du fruit de son travail, que l’onfait des efforts ; la première condition, sans laquelletout travail est impossible, est donc la sécuritédans la propriété, dans la jouissance du fruit dutravail. C’est sans contredit le principal but de lasociété que de faire respecter le fruit du travail dechacun, la principale raison d’être de tout gou-vernement.

Que l’on étudie les époques de décadence et demisère des nations, et l’on verra que toujours ellesont coïncidé avec le manque de sécurité dans lapropriété.

Si d’autres nations, au contraire, ont passé parles plus rudes épreuves, les ont admirablementsupportées, ont vu se cicatriser avec une extrêmerapidité les plaies qui les faisaient souffrir, il suffitd’étudier la situation économique de ces nationspour reconnaître bientôt que le respect, la sécu-rité de ta propriété a été le cachet de ces époquesde réparation.

Mac Culloch, économiste anglais , après avoircherché à approfondir toutes les causes qui ontamené la nation anglaise à une si grande richesse,arrive, par élimination de causes successives quine lui paraissent pas absolument indispensables, àles réduire à une seule, la sécurité parfaite dont atoujours joui la propriété individuelle en Angle-terre. Dans aucun pays, en effet, non-seulement lesinstitutions, mais surtout les mœurs n’ont entouréla propriété de plus de respect; nulle part on n’amoins craint d’être dépouillé du fruit de son tra-vail, nulle part aussi n’a-t-on autant travaillé, au-tant créé de richesse.

Nos temps de révolution ne nous ont que tropmontré comment la moindre attaque, même indi-recte, à la propriété fait fondre, en quelque sorte,toutes les fortunes, en engendrant des paniques quifont pour la destruction des richesses plus de pro-diges encore que le crédit, dans les temps pros-pères, pour leur création.

I. RÉMUNÉRATION DU TRAVAIL. — DES SALAIRES.

Nous avons établi, comme la base fondamentalede la distribution, cet axiome d’une évidence in-contestable : chacun est propriétaire du fruit de sontravail. Rien ne serait plus simple que cette partiede la science, si chacun était en même temps pro-

ÉCONOMIE INDUSTRIELLE.

ducteur et consommateur de ses produits, sichacun produisait toutes les utilités nécessairesà la satisfaction de ses besoins, comme le faitl’homme isolé. Mais dans la société s’introduitl’important élément de la division du travail etde l’échange, et par suite le producteur ne s’oc-cupe plus des utilités qui correspondent à ses be-soins les plus immédiats, mais seulement des va-leurs ; il produit en général une seule espèce devaleur et consomme une multitude d’utilités di-verses, ou accumule par l’épargne les richessesqu’il a créées. De là résulte un immense accrois-sement de richesses, mais aussi de cet enchevêtre-ment du travail et de l’échange naît la complica-tion extrême du problème de la distribution. Cesont les questions qu’il comprend qui sont les plusirritantes parmi celles qui sont agitées dans lessociétés modernes, ce sont les formules des diver-ses solutions qu’on peut lui donner, que les partispolitiques inscrivent sur leurs drapeaux dans lesjours de révolution.

Le principe que nous avons posé n’en est pasmoins vrai, parce que le travail de plusieurs con-court à la création d’un produit, que s’il était lerésultat des efforts d’un seul producteur. Seule-ment chacun de ceux qui y ont concouru ne sau-rait justement prétendre être seul possesseur dela valeur produite, il doit compter avec ses colla-borateurs. En un mot, chacun dèvant être posses-seur du fruit de son travail, la valeur d’un objetest la somme des valeurs produites par le travailsuccessif de chacun, et chacun est possesseur lé-gitime de la valeur que son travail a ajouté à l’ob-jet fabriqué.

Appliquons ce principe à la réalité des transac-tions, pour en déduire les règles qui doivent y pré-sider pour qu’elles soient équitables.

La loi de rémunération du travail par la propriétédelà valeur créée, ou, ce qui est la même chose,d’une valeur équivalente, se traduit en des usagesqui en paraissent très-éloignés et dont la filiationne peut se comprendre qu’en disant d’abordquelques mots de la théorie qui préside à toutesles transactions libres, celle des profits et despertes.

Nous avons soigneusement distingué le prix desobjets de leur valeur ; la création et par suite lapropriété d’une valeur sera une cause de profit oude perte, suivant que le prix courant sera supé-rieur ou inférieur à la valeur.

Je produis par deux journées de travail un ob-jet et j’en trouve un prix, je trouve à l’échangercontre un objet que l’on ne peut produire en moinsde trois journées de travail ; je bénéficie par cetéchange d’une journée dè travail ; il y a profit pourmoi, perte pour celui qui échange avec moi, carpar la répétition d’opérations semblables, il en ar-riverait à perdre tout le fruit de son travail. Lajustice est dans l’échange de valeurs égales, ce quin’entraîne pas toujours, sur tous les marchés, l’é-