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ÉCONOMIE INDUSTRIELLE.

ÉCONOMIE INDUSTRIELLE.

change à prix égaux, en raisonnant sur la valeur-type, sur la monnaie.

Par quel procédé cette égalité tend-elle à s’établirentre les valeurs des marchandises échangées?Par la liberté des transactions, qui permet à cha-cun d’offrir la valeur qu’il produit et de demandercelles dont il a besoin, par la concurrence.

Sans la concurrence, non-seulement l'échangene tendrait pas à s’effectuer à valeur égale, maisencore il aurait lieu entre des utilités très diffé-rentes.

11 est aisé de comprendre, dit M. Bastiat, que sansla loi de la concurrence, l’inégalité des donsde Dieuamènerait une inégalité correspondante dans lacondition des hommes. Quiconque se trouverait àla portée d’un avantage naturel en profiteraitpour lui, mais n’en ferait pas profiter ses sembla-bles. Il ne permettrait aux autres hommes d’yparticiper, par son intermédiaire, que moyennantune rétribution excessive, dont sa volonté fixeraitarbitrairement la limite. Les limites extrêmes entrelesquelles elles se fixent sont la peine prise, par ce-lui qui vend le service, et la peine épargnée à celuiqui le reçoit. Sans la concurrence, rien n’empê-cherait de la porter à la limite supérieure.

La concurrence faite de bonne foi (car nous de-vons laisser de côté tout ce qui est supercherie ettromperie, ce qui est, en un mot, du ressort de lapolice) est donc la condition de la justice dansl’échange. Mais ce qui doit être bien remarqué,c’est que la concurrence n’est juste qu’autant queles concurrents peuvent traiter en suivant leur librevolonté, sans céder à une pression étrangère.

Quoi qu’il en soit, c’est par la concurrence, c’estpar la loi de l’offre et de la demande universellequi en est l’expression, que dans une société libretous les efforts et toutes les intelligences sont ame-nés à déterminer le prix des objets. Ce ne peutdonc être que par des oscillations perpétuelles au-tour de la valeur, c’est-à-dire par des alternativèsde profits et de pertes, d’avantages et de sacri-fices, que le prix est fixé en chaque instant.

Il était nécessaire d’établir cette propositionpour pouvoir comprendre sur quelles bases s’éta-blissent les rémunérations fixes que nous allonsrencontrer, en passant en revue la distribution desproduits du travail.

Rémunération de l’ouvrier. — Des salaires. Lepremier producteur de valeur est l’ouvrier, et sarémunération doit être d’une valeur égale à cellequi est produite par son travail.

Dans la pratique, une condition essentielle vienttransformer celte donnée première. C’est la néces-sité pour l’ouvrier de toucher chaque jour le prixde son travail, l’impossibilité dans la pratique des’affranchir de l’élément temps et de l’élément ca-pital nécessaires pour la création d’un produit.

L’ouvrier, qui ne possède pas d’avances, ne peutdans la plupart des cas et surtout dans les fabrica-tions complexes, attendre que le produit à la créa-

tion duquel il travaille soit achevé, vendu, le prixI réalisé, pour qu’il puisse recevoir quelque valeur en| échange. Il ne peut, en même temps qu’il contribueà la création d’un produit, effectuer les transac-tions commerciales nécessaires pour en réaliser lavaleur, se soumettre aux chances de pertes, etc.Aussi, sauf dans quelques métiers simples, et tou-jours dans le cas des manufactures proprementdites, l’ouvrier qui ne possède aucune avance, quine produit que partie de la façon, fait-il avec l’en-trepreneur ce marché. Je crée dans une journée detravail un produit ou partie de produit dont, enmoyenne, vous vendez 4 fr. la façon; prenez à vosrisques et périls les chances de plus ou moins va-lue, suivant l’état du marché lorsque le produitpourra être vendu, et donnez-moi 3 fr. 50 c. parjour.

Remarquons que ce marché ne consiste pas seu-lement en une avance, mais est encore une assu-rance contre toutes les chances défavorables quene peut supporter l’ouvrier, qui compte sur sonsalaire pour exister, telles que les non-payements,les changement de modes, etc.

On a élevé dans ces dernières années beaucoupd’objections sur l’équité de ce marché, et ne te-nant nul compte du rôle si important de l’entre-preneur, du capitaliste, dans la production, quenous allons examiner tout à l’heure, on a plaintl’ouvrier de ne pouvoir s’affranchir de cette tutelle.

A cela une réponse péremptoire est à faire,c’est que ce marché n’est • obligatoire pour per-sonne, c’est qu’il est librement consenti, et qu’ilne se conclut qu’à cause des avantages que lesdeux parties trouvent à le conclure.

Sans doute-, les avocats qui se chargent de la dé-fense de l’ouvrier montreront des exemples où lapression exercée par le maître force l’ouvrier àconsentir à un salaire minime. A cela il est facilede répondre que cela n’est pas plus juste que lors-que les ouvriers, en vertu de leur position spécialeparce qu’ils sont en petit nombre, pourvus d’unehabileté spéciale, parce que leur concours estindispensable, limitent la concurrence et entre-prennent par des coalitions de forcer l’entrepre-neur, sous peine de ruine immédiate, à consentirdes salaires exagérés et abusifs. La violation de lajustice ne prouve jamais rien contre celle-ci ; c’estaux mœurs, c’est à la justice à faire respecter ledroit et la liberté de chacun.

Il y a toutefois deux objections qui ne sont passans fondement et auxquelles il importe de nousarrêter, car elles ont acquis de nos jours une très-grande importance.

La première peut s’énoncer ainsi :

Le maître pouvant attendre, l’ouvrier, ne le pou-vant pas, le maître fixe en définitive le salaire del’ouvrier.

La seconde est celle-ci : si la fabrication di-minue, le travail et par suite le salaire diminuent,et il en résulte des privations et de la misère.

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