Band 
G-Z.
JPEG-Download
 

ECONOMIE INDUSTRIELLE.

ECONOMIE INDUSTRIELLE.

s’élève qu’à deux ou trois journées de travail, ils’empresse de conclure ce marché, qui lui laisserapour bénéfice la valeur de quatre à cinq journées.Voilà la rente du capital représentée par la char-rue, et certes il n’y a là rien de bien spoliateur.

Si le capital n’avait aucune part dans la répar-tition, la portion de chacun pourrait sans douteêtre plus grande, mais à la condition que le capi-tal eût été accumulé sans avoir de propriétaire, cequi est absurde. Quant à l’absence du capital, c’estla misère pour tous, la sauvagerie.

Cette question de l’intérêt, du profit du capital,va d’ailleurs êtrecomplétementélucidée par l’éludede la question générale des profits, dont elle n’estqu’un cas particulier. L’intérêt d’un capital n’esten effet qu’une valeur moyenne des profits qu’as-sure dans un pays etdans descirconstances donnéesla propriété de ce capital à celui qui a su le créerpar son travail et par ses efforts. C’est en donnantpartie de ces profits presque assurés au proprié-taire du capital, qu’on le décide à le confier à untiers. C’est ce que nous allons voir en envisageantcette question d’une manière générale pour touteespèce de propriété.

III. DE LA RENTE. — DE .LA LOI DES PROFITS.

—DES EXPLOITATIONS PRIVILEGIEES OU DES MO-NOPOLES.

Pour arriver à une notion exacte de la loi desprofitsidans la production industrielle, c’est-à-direindépendamment de la transaction de l’échangemême, qui peut évidemment faire passer l’argentde la poche de l'un dans la poche de l’autre, indé-pendamment de tout service rendu, par la seulehabileté du vendeur ou la maladresse de l’ache-teur, il nous faut établir le profit le plus assurédans nos sociétés, la rente de la terre, qui a donnélieu au beau travail de Ricardo. La terre a été sou-vent bien à tort placée dans une sphère à part,tandis qu’elle doit être considérée économique-ment au même point de vue que les forces natu-relles qui fécondent l’industrie, et qui deviennentutilisables par l’accumulation.de travaux anté-rieurs. De l’étude de la rente de la terre nousdéduirons facilement, par une assimilation incon-testable, la loi des profits, l’intérêt des capitaux,qui se retrouvent dans toute exploitation agricoleou industrielle.

9l Rente de la terre.

QStféidérons d’abord une société naissante, une■ertUfl fesàte.demeure fixe, cultivant successivementte9Tèià<#hIs'placés autour de ses tentes, comme leshfllRisaàMfeèj. Quelle valeur peut avoir la terrequi les entoure? aucune, pas plus que la lumièrehtiJfe,tpteilbGttacusi en profite, nul ne songe à enpayerrffiàrEilrdeinabder le prix. Si le cultivateurtrouvait lé ranandtenohstacle dans la culture d’un«BerdasuuielÈértB^üioqtiIftiverait le morceau à côté,eu Le*sociétés*s’ilaJiliÉsef^ et se développent, les

populations augmentent, et avec elles le besoin dessubsistances. Bientôt le cultivateur trouve quel-qu’intérèt à ne pas abandonner les terres qu’il dé-friche et améliore alors avec plus d’empressement,elles deviennent sa propriété.

Que se passe-t-il alors ? Pendant un certaintemps, jusqu’àceque la population soit aggloméréesur quelques points, les phénomènes diffèrent peude ceux dont nous venons de parler, antérieure-ment à l’appropriation du sol. Mais enfin un jourarrive où toutes les terres de première qualité età la portée des marchés les plus avantageux ontété mises en culture, sans que leurs produits suf-fisent aux besoins : que peut-on faire ? On ne peutchoisir qu’entre trois moyens :

1° Cultiver les terres voisines, mais moins fer-tiles que celles qui ont été déjà cultivées;

2° Chercher des terres également fertiles, maisplus éloignées ;

3° Chercher à faire produire davantage auxterres déjà cultivées par plus de travail et d’en-grais, de capital, par une exploitation plus puis-sante mais plus coûteuse.

Dans ces trois hypothèses, laculture devient pluscoûteuse, ou le produit est grevé des frais detransport pour parvenir au marché. Voilà qui estévident.

Il y aura donc sur le marché des produits agri-coles qui n’auront pas tous été obtenus avec lesmêmes frais de production. Or ces frais, avons-nous dit, sont la base de la valeur.

Y aura-t-il cependant sur le marché plusieursprix ou un seul? Il n’y en a qu’un seul, et ce prixsera celui correspondant à la production la pluschère.

Il n’y aura qu’un seul prix. Et en effet allez à lahalle au blé, par exemple ; il est clair que tout leblé de même qualité apporté au marché chaquejour se vend au même prix ; qu’il ait été produitdans une terre ou dans une autre, chèrementou à bon marché, l’acheteur ne s’en inquiète nul-lement.

De. plus, le prix qui dominera sera celui du bléproduit le plus chèrement. La raison en est évi-dente. Si le cultivateur qui a produit le plus chè-rement n’obtenait pas le remboursement de sesavances et une rémunération équitable, il cesse-rait de produire.

Celui qui a obtenu du blé dans la terre la plusfertile profite donc des circonstances du marché,et obtient un prix supérieur à ses frais de produc-tion.

En résumant ce qui précède :

4° Il y a nécessairement sur le marché une por-tion de blé (que nous prenons ici pour type duproduit agricole, mais ce qüe nous disons ici s’ap-plique à tous les autres) qui se produit plus chè-rement que les autres qui se vendent au mêmeprix que lui.

2° Il y a tendance à un prix unique, et ce prix