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ECONOMIE INDUSTRIELLE.

rapportent à l’excès des dépenses personnelles, auluxe, celles des dépenses publiques ou des impôts,enfin la question de la population et ses rapportsavec la richesse consommable.

11 importe surtout de remarquer que les con-sommations, soit productives, sujet de la produc-tion, soit improductives, qui satisfont aux besoinsdu producteur, ne sont pas, par rapport à celui-ci,des quantités déterminées, qu’elles varient avecBa volonté, ses efforts, ses passions. Le résultatde ces efforts, suivant qu’ils sont bien ou mal di-rigés, se manifeste par l’épargne ou le luxe, et,pour les réunions d’individus, pour les nationscomme pour les individus, par l’enrichissementou la ruine.

De l’épargne. L’épargne, l’accumulation de par-tie des bénéfices, des salaires, est, au point devue des individus, le grand moyen de s’élever, d’ac-quérir l’indépendance, et ne saurait être trop re-commandé. L’économie et la tempérance, ce qui estla même chose pour les classes laborieuses, c’est lacondition de la dignité, l’élément capital de l’élé-vation morale ; c’est la certitude, quand elle estpratiquée avec suite et intelligence, d’un avenirprospère pour soi et les siens, d’une vieillesse in-dépendante et honorée.

Nous ne développerons pas avec plus de détailsces principes bien évidents, mais trop peu prati-qués : l’entraînement à la dépense, à l’ostenta-tion, aux excès de tout genre sont les fléaux denos populations méridionales; nous appelleronsseulement l’attention sur les résultats de l’épargneau point de vue des nations. A quel degré de ri-chesse n’arrive pas rapidement une nation danslaquelle chaque citoyen travaillant avec énergie,épargnant son superflu, crée par cette accumula-tion de9 capitaux qu’il ne dissipe pas aussitôtqu’ils sont formés !

La rapidité de ces accumulations, si nombreusesà notre époque, est vraiment merveilleuse, et lesprogrès matériels de chaque jour sont là pourmontrer que les capitaux ne manquent pas pouraccomplir les entreprises les plus gigantesques.

Du luxe. L’excès de dépense personnelle estjusticiable de la morale bien plus que de l’écono-mie politique, nous ne nous arrêterons donc pasà en apprécier les effets, et restituerons à la phi-losophie et à l’histoire la tâche de décrire à queldegré de dégradation descendent les individus etles nations qui n’imposent aucun frein à leurs dé-sirs.

Au point de vue économique, le luxe, en arrê-tant la formation des capitaux- par l’épargne, estun vice pour les nations, mais seulement quandil atteint des proportions monstrueuses, commecelui d’Æsopus dont parle Pline, qui se faisaitservir un plat d’oiseaux instruits à parler et àchanter, dont le plus grand mérite était de coûter<00,000 sesterces (plus de 20,000 francs). Il nedoit pas être confondu avec le désir bien naturel

ÉCONOMIE INDUSTRIELLE.

de chacun d’améliorer sa condition, un des prin-cipaux agents du progrès.

En effet, il est absurde de considérer la puis-sance de consommer comme invariable ; c’est aucontraire une quantité qui peut croître presquejusqu’à l’infini, la masse de la nation, inaccoutu-mée de jouissance et de bien-être, ne demandantpas mieux que de consommer en raison de ce queles bénéfices de chacun lui permettront. Pendantce temps, les personnes les plus riches de la na-tion raffinent sur leurs consommations, font créerpar leur demande de véritables objets d’art, leschefs-d’œuvre de l’industrie, qui, servant de mo-dèles, élèvent le niveau de la production industri-elle, et sont pour l’industrie de nouvelles sourcesde prospérité et de supériorité. Sous ce rapport,le luxe est une base fondamentale de l’industriefrançaise, qui brille surtout par le goût.

De ce qui précède, et qui est tellement évidentqu’il n’y a pas lieu d’y. insister longuement, ré-sulte une loi remarquable; c’est qu’il n’y a paslieu de s’occuper de la crainte de trçp produire,parce que chacun tendant à consommer en rai-son de sa richesse, et étant à la fois producteur etconsommateur, la consommation croît en généralavec la production. Nous disons en général, parcequ’il est bien clair que des vices dans la distri-bution ou dans la circulation, comme des excèsde production de quelques articles seulement,doivent produire des crises qui n’infirment en rienla loi ci-dessus énoncée.

Remarquons aussi que l’épargne, l’accumula-tion des capitaux, ne pouvant se faire que parune création nouvelle de machines, de matièrespremières, excite une d^jpande aussi grande quesi la consommation avait eu lieu immédiatement,de telle sorte que l’avarice tourne en définitive àl’avantage de la société, et que si elle est blâma-ble moralemènt, elle est presque toujours, écono-miquement parlant, digne d’éloges.

De l’impôt. L’excès des dépenses publiques, enarrêtant l’essor de la fortune privée, est une causede déchéance pour les nations, comme la dissipa-tion pour les individus. Mais, en le supposantlimité aux strictes dépenses nécessaires pour la sé-curité de la nation, pour faire respecter les droitsde tous, question purement politique, commentdoit-il êtrë réparti?

Nous n’entrerons pas ici dans cette question, quitouche de près à la statistique et à la politique;nous n’expliquerons pas en détail la nature del’impôt foncier qui attribue, en quelque sorte, àl’État, partie delà valeur du sol; celle de l’impôt.indirect qui est prélevé sur la consommation, cesquestions, si importantes en politique, s’éloignenttrop du point de vue industriel auquel nous nousplaçons.

Une seule observation à cet égard.

Il n’a pas échappé à Adam Smith , dans sa belleEtude sur la liberté du commerce, que l’abolition