ÉCONOMIE INDUSTRIELLE.
ECONOMIE INDUSTRIELLE.
résidus sans intérêt dans une fabrication sur unepetite échelle, deviennent des moyens de succès.
Nous n’avons donc nul motif de considérercomme sans valeur une forme d’organisation qui aconduit à d’aussi brillants résultats, mais en enexagérant la valeur, on est arrivé à ce résultaterroné qu’il n’y avait rien de mieux à faire qu’àcopier cette organisation. C’est en effet le but qu’ons’est proposé dans le monde entier depuis cinquanteans. sans s’inquiéter de savoir si elle convenait auxmœurs, à la législation, aux tendances des paysauxquels on imposait ces modes étrangers d’orga-nisation industrielle ; si les fabricants de ces paysavaient les qualités, le calme des fabricants an-glais ; si les ouvriers de toutes les nations pou-vaient sans inconvénients être réunis dans degrands ateliers comme les ouvriers anglais .
Il est assez curieux de noter que l’industrie an-glaise, d’un pays à mœurs aristocratiques, déve-loppant le système des grandes manufactures,tende par cela même à produire des objets degrande consommation, de besoins populaires, pou-vant être vendus en très grande quantité ; tandisqu’en France , dans un pays à mœurs démocra-tiques, le travail effectué dans de petits ateliers,avec une intervention plus directe de l’ouvrier,de l’imagination, du goût de l’artiste, s’appliquenaturellement à des objets de goût, à satisfaireaux désirs des classes élevées.
Allemagne . L’industrie et l’agriculture alle-mandes n’ont pas un cachet plus déterminé que lesmœurs ne sont uniformes dans la vaste étenduede pays qui constitue l’Allemagne . Dans une grandepartie, cependant, où la noblesse est restée puis-sante, l’agriculture est organisée d’une manièreanalogue à celle de l'Angleterre, et les industriesnouvelles, exploitées dans des établissements imi-tés de ceux de l’Angleterre, se rapprochent aussidu mode d’organisation dont ce pays offre le mo-dèle. Le contraire existe dans les provinces rhé-nanes, pays industrieux où s’est conservée la lé-gislation française et l’esprit d’entreprise qui naîtd’une facile accession à la propriété. Les vieillesindustries, dans ce pays de traditions, ont souventdes modes d’exploitation particuliers qui peuventoffrir des modèles extrêmement curieux de divi-sion de la propriété. Nous en citerons deux qui noussemblent très curieux :
Le premier est l’exploitation des mines de Hartz,ce pays célèbre par les richesses qu’il produitcomme par les traditions locales chantées par lespoètes chéris de l’Allemagne .
Nous en donnerons une idée en quelques mots :
Dans le Hartz tout mineur n’est pas, comme dansle système anglais , un simple manœuvre. Un trèsgrand nombre de ces mineurs sont de petits indus-triels. Tout individu peut attaquer un filon, pour-suivre avec persévérance des chances de fortune,en respectant bien entendu les droits du voisin. Ilrésulte de là que tout mineur intelligent, appli-
quant dans son intérêt personnel son travail etcelui de ses compagnons, dépense une énergieextrême, soutenu qu’il est dans l’espoir dusuccès.
Lorsqu’il a obtenu une certaine quantité deminerai, il le transporte à Clausthal où est situéela fonderie royale. Là, d’après un échantillonqu’évalue un essayeur, le prix est fixé et il peut entoucher immédiatement la valeur, sans qu’il ait às’inquiéter des opérations postérieures. Sur cettevaleur une retenue sert 1° à faire les travaux d’in-térêt général, de dessèchement, d’écoulement des| eaux, et 2° à faire une pension aux vieux mineurs,
| aux veuves, à venir au secours des exploitants donti les filons sont trop pauvres.
Ce système qui n’est autre que l’exploitation dé-mocratique des mines, comme le système anglais en est la forme aristocratique, a donné les plusadmirables résultats.
Quelques heureux exemples de fortune soutien-nent le courage d’une population énergique querien ne rebute; l’espoir d’un meilleur avenir faitsupporter les privations du présent; les travauxd’ensemble exécutés par le gouvernement sontfaits avec un grandiose et une prévision de l’ave-nir qu’une compagnie ne saurait imiter ; tellessont les galeries d’écoulement pour assécher toutesles mines d’une contrée dont les travaux durentquelquefois cinquante et même cent ans. Enfin laconcentration des travaux métallurgiques dans lesmêmes mains procure des économies très impor-tantes.
C’est ainsi que l’on est arrivé au Hartz à créerune belle et vigoureuse population de mineurs,ayant l’énergie et l’indépendance que donne à nospaysans la division de la propriété. C’est ainsiqu’on a pu continuer des exploitations qui eussentété abandonnées dans d’autres pays.
Le second exemple appartient à l’Autriche , quel’on considère comme si arriérée ; c’est en Bohêmequ’existe cet exemple qui nous paraît bien curieux.
Nous extrayons ce qui suit des Lettres indus-trielles ddM . Sallandrouze-Lamornaix, sur l’expo-sition de Vienne.
« Les verreries de Bohême prennent chaque jourplus d’importance et augmententchaque année leurexploitation. Elles trouvent dans la constitutionpolitique du pays une source de prospérité. Laplupart des propriétaires féodaux de Bohème pos-sèdent d’immenses territoires couverts rie forêtsde sapins; et pour tirer parti de ces forêts, ilsn’ont d’autres ressources que d’y établir des ver-reries qu’ils donnent à ferme, en fixant le prixdu çombustible pendant toute la durée du bail.Lorsque la verrerie a consommé tout le bois qui setrouve autour d’elle, on la transporte ailleurs,dans une partie de la forêt non encore exploitée.
« Ces petites fabriques isolées ne font guèrequ’ébaucher le travail; on transporte leurs pro-duits dans des raffineries de verre, où ils reçoivent