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ÉCONOMIE INDUSTRIELLE.

ECONOMIE INDUSTRIELLE.

valeur de ces industries, tout ce que nous vou-lons dire, c’est qu’elles n’oni pas été organiséestelles que nous les voyons par la libre expansionde l’esprit français .

En effet, lorsque des droits élevés d’importationviennent rendre possible une pareille création,c’est le grand capitaliste seul qui peut se lancerdans une voie où tout est à créer en conformitédu modèle étranger ; et le début se trouve êtreun immense établissement contre lequel la con-currence des petits capitaux isolés, de la seule ha-bileté professionnelle, est impossible.

Les industries anciennes, que nous pouvons ap-peler naturelles, ont une organisation qui résultedu libre développement du génie, des mœurs dela nation française. Or dans celles-ci il s’est établiun morcellement de la propriété industrielle, quipermet à l’individu intelligent de s’élever à l’aidede ses facultés intellectuelles, de petits capitauxformés par l’épargne. La division du travail pous-sée à l’infini fait naître un entrepreneur pour cha-que fraction de travail.

Ces industries sont, comme nous l’avons vu,les plus importantes, ce sont donc elles qui donnentle véritable type de notre organisation. Cette con-clusion sera celle de toutes les personnes qui con-naissent l’industrie française , elle n’a pu échap-per à la Société d’encouragement , qui dit dansson rapport sur la situation de l’industrie fran-çaise (1848) : a Pour se former une idée juste dela situation des ouvriers adonnés à nos diversesindustries, et comprenant, l’agriculture exceptée,dix-sept millions d’hommes, de femmes et d’en-fants, il faut, en premier lieu, compter tous ceuxqui travaillent dans l’atelier de famille et quicomposent beaucoup plus de la moitié des ouvriers.Dans l’autre partie, c’est encore beaucoup plus dela moitié qui ne compte pas au delà d’un compa-gnon par atelier.

« En un mot, de même que la France est le paysde la propriété divisée, celui de la petite propriété,la France est le pays de l’industrie divisée, despetits ateliers. »

Sans doute, il faut tenir compte de ce fait quedans l’industrie comme dans l’agriculture fran-çaise, les travaux les plus nombreux et les plusnaturels à la nation s’exercent naturellement enpetits ateliers ; le tissage, les arts et métiers, no-tamment, et ceci est une cause aussi bien qu’uneffet de la division naturelle de la propriété in-dustrielle.

Mais quoi qu’il en soit, le fait d’une semblableorganisation de la majeure partie de notre indus-trie n’en est pas moins certain et n’en doit pasmoins être pris en grande considération. Noustrouvons une confirmation du principe qu’elle estdans les tendances, dans l’esprit de la nation, dansce fait que nous avons signalé, que dans les casrares, celui des papeteries, par exemple, où la so-lution complète du problème technique permet de

produire, automatiquement, en quelque sortecomme en dirigeant les forces naturelles, cas oùévidemment l’économie des frais généraux tend àconcentrer la fabrication dans de grands ateliers,la propriété vient presque aussitôt se diviser sousforme d’actions de faible valeur. L’exploitation nepouvant plus se diviser, c’est alors la propriétéqui se partage.

II. — AGRICULTURE ET INDUSTRIE EN ANGLETERREET EN ALLEMAGNE .

Angleterre. Si l’on jette un coup d’œil sur l’agri-culture et l’industrie anglaises, il est facile de re-connaître dans leur organisation des tendancesdiamétralement opposées à celles que nous avonsreconnues pour la France . Tout y tend à la con-centration, à l’inégalité, tandis qu’en France touttend à la division, à l’égalité.

Le éol, appartenant à un petit nombre de pro-priétaires qui constituent la noblesse anglaise, estdivisé en grandes fermes données à long bail àdes fermiers qui sont de véritables capitalistes.Bien peu de lambeaux de terre échappent auxgrands propriétaires et sont rachetés par eux àtout prix ; car dans ce pays encore, comme danstoute l’Europe au moyen âge, la propriété du solet la noblesse paraissent se confondre.

L’organisation des ateliers industriels est abso-lument celle des ateliers agricoles, c’est-à-direque tout tend à la concentration des fabricationsdans d’immenses manufactures. La puissance del’industrie anglaise repose surtout sur lesimmensesétablissements où le génie des industriels est par-venu souvent à établir une fabrication presque au-tomatique, où-l’esprit des grandes affaires, soutenupar des capitaux abondants et peu coûteux, en-gendre les combinaisons les plus certaines pourobtenir de grands bénéfices. Le crédit, l’argent àvil prix vient en masse au-devant des grandes affai-res ; il fuit les entreprises de moindre importance,offrant même une rémunération plus élevée (carac-tère propre au contraire à l’industrie américaine).Que l’on passe en revue les industries qui ont faitla célébrité et la fortune de l’Angleterre, et l’onsera frappé de la justesse de ces observations.

Nous citerons les filatures de coton, avec lesrevenus desquelles Arkwright , le grand inventeur,et surtout le grand organisateur, se chargeait depayer la dette de l’Angleterre; lesimmenses fila-tures de lin de M. Marshall; les forges à l’anglaiseoù un des établissements ayant jusqu’à douze ouquinze hauts fourneaux immenses ne sont pas rares.Dans toutes les directions de l’industrie, pour lemoindre détail qu’il est possible d’exécuter presqueexclusivement par machines, des fabriques gigan-tesques sont créées, et précèdent en quelque sorteles débouchés naissants.

Dans de semblables établissements, la fermetéde la direction, la diminution des frais généraux,une excellente organisation du travail, l’emploi de