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ECONOMIE INDUSTRIELLE.

ECONOMIE INDUSTRIELLE.

pectées. Nous chercherons à résumer les argu-ments les plus valables des adversaires.

Les deux arguments capitaux des Économistessont les suivantes :

Chaque nation s’efforçant d’obtenir par sesdouanes le double résultat de vendre le pluspossible à l’étranger et de lui acheter le moinspossible, il en résulte évidemment hostilité ou aumoins antagonisme permanent, premier résultatbien fâcheux, et que les économistes ont fait res-sortir avec grande raison, en montrant que dansles relations commerciales se trouvait le germe leplus fécond de la paix et de la concorde univer-selle entre les nations civilisées.

Aussi sir Robert Peel , en faisant triompher le li-bre-échange en Angleterre, a-t-il été applaudi dansle monde entier, car il arborait le drapeau de la po-litique de la paix universelle, ses réformes tendantà rapprocher les unités que forment les divers peu-ples pour les fondre en une grande famille; ten-dance bien évidente de la race germano-latine.

M. Chevalier rend bien cette idée dans le pas-sage suivant, où il loue l’Angleterre d'être entréefranchement dans la voie du libre-échange.

« Le gouvernement anglais , par l’organe de sirRobert Peel , a répudié, en 1846, la politique dehaine et d’isolement, qui se prétendait astucieuseet n’était que niaise. 11 a reconnu que celui quiachète n’est pas la victime, ou, comme on le ditdans la langue protectionniste, le tributaire decelui qui vend, pas plus quand l’opération se faitentre un Anglais et un Français , que quand lesdeux acteurs sont de la même nation. Il a com-pris et proclamé que l’intérêt de tous les peuples,comme de tous les individus, était de s’entendreet de se concerter pour la satisfaction de leursbesoins communs, chacun fournissant librementce qu’il fait de mieux, en se stimulant tous par lamutuelle concurrence. Pensée éminemment favo-rable au grand nombre, par plusieurs raisons :elle suppose la paix du monde, et c’est le grandnombre sur qui retombe le plus lourd fardeau dela guerre.

«L’Angleterre, par la politiquecommercialequ’ellea arborée, a superposé l’hypothèse de la paix à cellede la guerre. Un peuple qui compte sur le blé étran-ger pour son alimentation, s’érige par cela mêmeen défenseur de la paix; il.s’oblige à vouloir leconcert des peuples. »

Nous croyons difficile de ne pas admettre commeun but souhaitable à atteindre, quelque éloignéqu’on veuille le placer, celui de faire concourirles progrès de l’industrie et du commerce à réa-liser la fraternité des peuples voisins, vivant de lamême vie. Nous ne croyons pas utile d’insister àcet égard.

En second lieu, les économistes ayant établique les produits ne s’achetaient qu’avec des pro-duits, que les services s’échangent contre des ser-vices, comme a dit avec plus de précision encore

F. Bastiat en montrant que les dons naturels n’en-traient pas nécessairement dans la fixation de lavaleur, et la monnaie n’étant qu’une marchan-dise; ils en ont conclu qu’il y avait faux calcul enmême temps qu’injustice à empêcher un produc-teur d’échanger le produit qu’il a créé contre laplus grande utilité qu’il lui soit possible de ren-contrer dans le monde entier.

Disons d’abord de quelle manière Bastiat a clai-rement démontré, dans ses Harmonies, économiegués, comment sous l’influence de la concurrence,de la liberté des échanges, le don divin était gra-tuit et le travail humain seul rémunéré.

« Il y a un pays, l’Angleterre, qui a d’abon-dantes mines de houille. C’est là, sans doute, ungrand avantage local, surtout si l’on suppose,comme je le ferai pour plus de simplicité dans ladémonstration, qu’il n’y a pas de houilles sur lecontinent. Tant que l’échange n’intervient pas, l’a-vantage qu’ont les Anglais c’est d’avoir du feu enplus grande abondance que les autres peuples, des’en procurer avec moins de peine. Sitôt que l’é-change apparaît, abstraction faite de la concur-rence, la possessioh exclusive des mines les met àmême de demander une rémunération considéra-ble et de mettre leur peine à haut prix. Ne pou-vant ni prendre cette peine nous-mêmes, ni nousadresser ailleurs, il faudra bien subir la loi. Maisbientôt par cela même que le travail d’exploitationde la houille sera très-rémunéré en Angleterre, ily sera très-recherché, car les hommes recherchenttoujours les grosses rémunérations. Le nombre desmineurs s’accroîtra à la fois par adjonction et pargénération; ils s’offriront au rabais; ils se conten-teront d’une rémunération toujours décroissantejusqu’à ce qu’elle descende à l 'état normal, au ni-veau de celle qu’on accorde généralement, dans lepays, à tous les travaux analogues. Cela veut direque le prix de la houille anglaise baissera enFrance ; cela veut dire qu’une quantité donnée detravail français obtiendra une quantité de plus enplus grande de houille anglaise, ou plutôt de tra-vail anglais incorporé dans la houille; cela veutdire enfin, et c’est là ce que je prie d’observer,que le don que la nature semblait avoir fait àl’Angleterre, elle l’a conféré, en réalité, à l’huma-nité tout entière. La houille de Newcastle estprodiguée gratuitement à tous les hommes. Cen’est là ni un paradoxe, ni une exagération; elleleur est prodiguée à titre gratuit, comme l’eau dutorrent, à la seule condition de prendre la peine del’aller chercher ou de restituer cette peine à ceuxqui la prennent pour nous. Quand nous achetonsla houille, ce n’est pas la houille que nous payons,mais le travail qu’il a fallu exécuter pour l’extraireet la transporter. Nous nous bornons à donner untravail égal que nous avons fixé dans du vin ou dela soie. Il est si vrai que la libéralité de la natures’est étendue à la France , que le travail que nous !restituons n’est pas supérieur à celui qu’il eût fallu