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ECONOMIE INDUSTRIELLE.

ÉCONOMIE INDUSTRIELLE.

et l’est toujours pouT la subsistance des classesagricoles, car la nourriture ne peut venir aupaysan que de son travail, la faim agissant avecbien plus d’efficacité que tous les droits dédouané,si la terre est à sa disposition pour utiliser sontravail, ce que réalise surtout la petite propriété.Ce premier degré de prospérité ne peut être dé-passé que par l’exportation ou l’accroissement deconsommation intérieure, de population.

La première solution est celle du libre-échange.La possibilité d’exporter des céréales fera mettreen culture productive toutes les terres convena-bles, pourvu que les populations auxquelles cescéréales sont destinées puissent les payer avec lefruit de leur travail. La liberté sera donc, dans unecontrée bien cultivée, favorable au développementdes travaux agricoles, aux intérêts du journalier.Dans les pays qui recevront ces céréales, il pourray avoir perle pour le propriétaire, dont le mono-pole sera ébranlé et qui verra baisser la rente desa terre ; mais, comme pour l’impôt foncier, l’ex-cédant de rente qu’il aura pu obtenir antérieure-ment par la prohibition du blé étranger, comme sadiminution par la liberté, équivaudra une fois pourtoutes à un changement du prix du sol. Di-sons de suite que ce système ne ferait éprouveraucune souffrance dans la majeure partie de laFrance , où les céréales se produisent à aussi bonmarché que dans aucun autre pays et où jamaisles droits de douane n’ont fait vendre le blé à unprix démesurément plus élevé qu’en pays étran-ger, n’ont créé jusqu’à présent au propriétaire derente abusive. Le sol ne cessera pas d’être cultivé,car la journée du paysan français n’est pas pluschère que celle du serf russe, et ce ne peut êtrele prix de son travail qui rende le blé français plus cher que celui de la Russie ; le paysan sechargerait volontiers de toutes les terres qu’onvoudrait abandonner sous prétexte qu’elles ne pro-duiraient pas de produit net, bien certain d’en reti-rer une riche rémunération de son travail. En réa-lité le voisinage des centres de consommation, lestravaux accumulés sur le sol, les dessèchements,les irrigations qui assurent des rendements élevésrendront toujours la rente de la terre suffisammentélevée dans les pays riches.

La seconde solution, c’est de faire naître l’accrois-sement du débouché de l’agriculture, de l’accrois-sement de la production intérieure, du développe-ment des manufactures que, la cherté de certainsproduits force à créer, en supposant que ce déve-loppement résulte de la protection qui facilite lesprofits des manufacturiers. Reconnaissons toute-fois que ce système ne peut conduire qu’à uneprospérité restreinte, car l’industrie ne peut se dé-velopper beaucoup, les fabriques rencontrent unobstacle à leurs progrès ultérieurs dès qu’ellesont atteint quelque importance, dans le prix élevédes substances nécessaires à la vie, puisque l’élé-vation du taux des salaires qui en résulte néces-

sairement rend l’exporlulion difficile; tandis qu’iln’est pas douteux que le voisinage de populationsindustrielles accrues par une production supé-rieure à celle nécessaire au marché intérieur, parcelle réclamée pour l’exportation, la multiplicationrapide des capitaux par l’industrie, l’améliorationdes voies de transport, ne soient éminemment fa-vorables à l’agriculture, et ne l’amènent bientôtet sûrement au plus haut degré de prospérité,quand même la liberté du commerce des grainslaisserait entrer des blés étrangers.

Concluons donc à l’utilité d’arriver au plutôt àla liberté du commerce pour les produits de l’agri-culture, à la vie à bon marché, but et moyen detoute grande et vraie prospérité. Sans doute quel-ques fermages pourront diminuer, comme il a puarriver par l’ouverture de quelques lignes de che-min de fer, qui ont amoindri des monopoles dodistance, mais tout le mal so réduirait à cet effetmomentanément fâcheux pour le propriétaire ac-tuel, mais, sans aucun doute, cette réductionde rente peu considérable serait bientôt facile-ment compensée par les progrès de la science,surtout à l’aide d’encouragements au drainage,aux irrigations, comme on l’a vu en Angleterre;quant aux intérêts du journalier, pour lui commepour le fermier la protection est essentiellementnulle ou plutôt est onéreuse. Nous devons avoirconfiance dans la valeur, en fait de productionagricole, de notre pays dont les parties les mieuxcultivées donnent déjà lieu à des exportationsconsidérables. Les Anglais ne se doutaient guère,quand ils supprimaient le droit sur le blé et laviande, que le nouveau systèmo devait surtoutprofiter aux éleveurs et aux cultivateurs de leursvoisins de Normandie .

Après avoir traité des matières premières etsurtout de celles nécessaires à la vie matérielle,occupons-nous des produits manufacturés, et sansvouloir ici conclure en théorie abstraite sur unequestion bien controversée, nous dirons qu’il noussemble évident, que l’on se place au point de vuedes bénéfices de l’échange, ou au point de vuedel’éducation industrielled’une nation, que le jourest arrivéoù la France est en mesure de faire un pasvers l’organisation de l’avenir, dans la voie de ladivision rationnelle du travail entre les nations.Notre pays occupe un rang assez élevé parmi lesnations industrielles pour qu’il puisse accepterla lutte et profiter, par les échanges, de la divisionla plus avantageuse du travail entre les nationslaborieuses, division qui lui serait très-profitable,loin de lui être nuisible.

Ce n’est pas lorsqu’une nation est arrivée à ex-porter des marchandises pour des sommes consi-dérables, qu’il peut être raisonnable de craindrequ’elle cesse d’avoir des produits pour opérer deséchanges, que son travail s’arrête devant la con-currence de nations, soit plus riches peut-être,mais fabriquant par les mêmes procédés qu'elle,