14 Traité des Preuvesqu’il ne débice par-touc que des menson-ges ; mais les faits les plus certains & lesmieux prouvés prennent, fous fa plume,une teinture romanesque. On dit qu’iln’écrivoit jamais fans avoir l’imaginationéchauffée par le vin ; & l’on ne s’en apper-çoic que trop aux descriptions vives, maisimaginaires, aux exagérations perpétuellesdonc ses Livres font remplis; il paroît tou-jours saisi d’une efpeced’enthousiasine; lestermes emphatiques d 'admirables, à'ef-froyables , d’ épouvantables , lui font fa-miliers : on peut encore le lire pour s’a-mufer, mais on ne le lira jamais pour s’inf-truire.
- Vacillas, qui est encore plus décrié quelui, ment avec plus de sang froid. II oioitciter des Manuscrits & des Pieces origina-les qui n’avoienc jamais existé; il imagi-noic des aventures tragiques dont personnen’avoit jamais entendu parler; entr'atitres,celle de la Comteíîè de Château-Briant,dont la fausseté a été démontrée par desmonuments authentiques. II suffit de lireles Remarques de M. Godefroy fur ITIif-toire de Louis XI, écrite par Varilìas, pourêtre convaincu que cet Historien a portéTerreur & le mensonge jusqu a Teffronte-rie, par les absurdités & les méprises gros'Ceres dont elle est remplie. II avance har-