86 Traité des Preuves
II est vrai que dé pareilles circonstancesne font pas fort importantes en elles-mê-mes ; mais il importe beaucoup, pour lavérité de ['Histoire, qu’elles ne soient pasfauflès : ainsi l’on doit les omettre quand onn’en a aucune preuve ni aucun indice cer-tain ; ou si l’on les rapporte, il ne faut pass’y tromper : autrement, on pourroit direque ['Histoire admet indifféremment la vé-rité & le mensonge.
Erreurs fur la Géographie. Un His-torien doit connoître les lieux où les faitsqu’il rapporte se sont pâlies, & c’est cetteconnoiílànce que l'on nomme Géographie.II y en a de deux sortes, l’ancienne & lanouvelle ; parce que les Royaumes, les ?ro-vinces, les Villes, & quelquefois même lesrivières, n'Ont plus les mêmes noms dans['Histoire ancienne & dans ['Histoire mo-derne. Heureusement d’habiles Géogra-phes ont donné des Cartes selon la Géo-graphie ancienne & nouvelle, qu’un His-An, 755. torien doit étudier avec soin. M. l’AbbéFleury ayant lu ces mots, Verno Palatio,dans un Acte du huitième siecle, les a tra-duit par ceux-ci, le Palais de Ver non; iln’a pas fait attention qu’il est prouvé parJes anciens titres, que le Palais, appelléVernum ou Ver nus , étoit situé fur la ri-wiere d’Oise, & par conséquent qu’il ne