de la Vérité de VHijìoìre. 161
tendu dire au Roi son frere, c’est le Ducd’Anjou & le fils du Maréchal deTavannequi l’aíTurent positivement : que peut-onalléguer de plus fort & de plus convain-quant , pour établir la vérité d’un fait histo-rique? Ce font tous des témoins oculai-res, qui rapportent ce qu'ils ont vu & en-tendu : fur quel principe pourroit-on rejet-tes des témoignages d’un fi grand poids?On ne niera pas fans doute que des per-sonnes d’un rang si élevé, n’aient dû êtreparfaitement instruites du véritable secretde cette affaire ; mais la question est de sa-voir s’ils ont parlé avec sincérité fur uneaffaire qui leur a été reprochée comme unefuite de perfidies & de crua Jtés qui faisoienthorreur. II étoit fans doute de leur inté-rêt de les désavouer; & il semble que plusils en avoient de connoifiance, moins ondoit ajouter foi à leur témoignage, puis-qu’ils n’en étoient si bien instruits, que parcequ’ils en étoient coupables.
De là vient que tout est plein d’artisice& de déguisement dans les Ecrits de cemalheureux siecle, où l’on ufòit, pour ca-cher les véritables causes des actions lesplus cruelles, de la même dissimulation quel’on avoit employée pour les préparer.
Pour cequ ; regarde le Duc d’Anjou enparticulier, Jean de Montluc, Evêque de