35o Traité des Preuves
II peint en même temps le Prince d’O-range comme un Politique sombre, rêveur,& mélancolique ; profond, & impénétrabledans ses desseins, parlant peu, lè commu-niquant encore moins, toujours fur ses gar-des, voyant loin dans l’avenir, & par-làne manquant jamais de ressources dans leprésent, quelqu’il pût être. L’un vif com-me Ajax, l'autre rusé comme Ulyíîè; ì’imami généreux & fidele, l’autre ennemi dan-gereux & opiniâtre.
Strada termine leur portrait en disant,que l’on appercevoit dans leur extérieur lamême différence que dans leur esprit &dans leur caractère, parceque, ajoute-t-il,le Comte d’Egmont étoit beau, bien fait;il a volt un corps robuste, un air noble,un maintien plein de grâce & de dignité.Le Prince d’Orange, au contraire , étoitmaigre, pâle & décharné, il avoir un teintlivide & la tête chauve.
Madame de Maintenon a,eu foin pareil-lement, dans le portrait du grand Coudé& dans celui de M. de Turenne, dé dé-crire en peu de mots leur figure extérieu-re. Le premier, dit-elle, étoit bien faitde fa personne , d'une taille médiocre ;il avo'tt le regard d'une aigle , la phy-sionomie haute. Le second, un des plusgrands hommes de notre fìçcle , avoit