PRÉFACE
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Les successeurs d’Auguste marchèrent quelquefois sur ses traces , et continuèrentà élever des édifices construits d’après les principes qu’ils tenoient des Grecs. En vainle temps a exercé sa faux contre leurs ruines, beaucoup se sont conservées jusqu anous. Ces précieux restes suflisoient, peut-être , pour nous faire retrouver parmi: euxles règles de l’art de bâtir : mais nous avons été bien plus heureux, puisque l’archi-tecte d’Auguste a laissé un traité complet de son art, et ce traité est venu jusqu’à nous.
Cet ouvrage n étoit pas .le seul qui existât alors sur l'architecture. Plusieurs au-teurs grecs et latins avoient écrit sur ce sujet. Vitruve les nomme dans la préface duseptième livre. D’après ce qu’il dit, aucun d'eux n’avoit écrit un traité complet de cetart ; chacun s’étoit occupé d’un objet en particulier : l’un avoit écrit sur l’ordre do-rique , un autre sur l’ordre toscan , d’autres sur la construction des temples , etc.Tous leurs ouvrages sont perdus. Le traité de Vitruve est le seul qui nous soit resté ,et il peut en quelque sorte nous consoler de la perle de tous les autres , puisque ,comme il le dit, il a réuni dans son ouvrage les principes qui sont épars dans lesautres auteurs. Il paroît même que, lorsque son traité parut , il fit oublier tous lesautres. Les anciens le regardoient en effet comme le meilleur et le plus complet detous. On voit combien il étoit estimé avant même que le temps n’eût mis le sceauà son mérite , puisque Pline le cite spécialement dans les XVI. e , XXXV. e et XXXVI. elivres de son histoire , ainsi que dans une infinité d’autres endroits. En un mot,lorsqu’il parle de l’architecture , il ne cite jamais d’autre auteur que Vitruve , et rap-porte toujours ses propres paroles.
Ce qui prouve combien il étoit estimé , même dans les siècles les plus barbares ^c’est le grand nombre de manuscrits de son ouvrage qui ont échappé aux ravages dutemps et des hommes. On les conserve dans les plus célèbres bibliothèques , entr’autresà Rome dans celle du Vatican où l’on en trouve deux ; dans celle du prince deCorcini, etc.
J ai donné une liste des différentes éditions de l’ouvrage de Vitruve et des traduc-tions qui en ont été faites dans toutes les langues de l Europe , depuis la renaissancedes arts et 1 invention de 1 imprimerie. Malgré leur nombre , elles sont entièrement