LIVRE I, Coap. u . 4^
les fortifians. Ces maladies , causées par le froid , sont les plus difficiles à guérir ;leur longue durée diminue les forces des malades auxquels les vents sont extrê-mement contraires , parce qu’en épuisant leurs forces et en exprimant , pour ainsidire, les sucs de leur corps affoibli, ils les exténuent de plus en plus ; au lieu qu’unair plus doux et plus grossier , qui n’est pas agité , les fortifie , les nourrit , etrétablit leurs forces.
* Plusieurs personnes ne comptent que quatre vents , qui sont ; le Solanus , quisouffle du côté du levant ; l’Euster du côté du midi ; le Favonius du côté du cou-chant ; et le Septentrion du côté du nord (i). Ceux qui ont fait plus de recherchessur les vents , en ont trouvé huit ; particulièrement Andronic Cyrrhestes ( 2 ) , quifit bâtir pour cela, à Athènes , une tour de marbre , de figure octogone ; chacunede ses faces représentait l’image d’un des vents , à l’opposite du lieu d’où il souffleordinairement ; et sur la tour, qui se terminoit en pyramide , il plaça un triton d’ai-rain , qui tenoit une baguette à la main. La machine étoit ajustée de manière , que ,le triton tournant, se tenoit toujours opposé au vent qui souffioit, et l’indiquoit avecsa baguette. Les quatre autres vents sont, l’Eurus , qui est entre le Solanus et l’Austerau levant d’hiver ; Africus , entre Auster et Favonius, au couchant d’hiver ; Caurus ,que plusieurs appellent Corus , entre Favonius et Septentrion ; l’Aquilon , entre leSeptentrion et Solanus (3). On a imaginé ces noms pour désigner le nombre desvents et des régions d’où ils viennent.
Cela ainsi établi , voici ce qu’il faut faire , pour trouver les points des régionsd’où viennent les vents. * On posera , de niveau , une table de marbre, au milieu dela ville * ou bien, on applanira le terrain , en le nivelant, et on le rendra bien uni,en le polissant avec la règle. On placera dans le milieu un style d’airain, pour mar-quer l’ombre du soleil. Les Grecs appellent ce style tnue&tpaq (4) 5 il faut observerson ombre , avant midi, vers la cinquième heure du jour , et en marquer l’extrémitépar un point : de ce point, il faut tracer, avec le compas, un cercle dont le stylesoit le centre ; on observera ensuite l’ombre , après midi ; lorsqu’en croissant ;son extrémité aura atteint la ligne circulaire , et qu elle aura , par conséquent, faitune ligne pareille à celle du matin , on marque aussi son extrémité par un secondpoint : de ces deux points , on trace , avec le compas, deux lignes circulaires , qui
* Planche II. me fig. i. (3) Sud-Est, Sud-Ouest, Noid-Ouest, Nord-Est.
(1) C’est-à-dire, les vents à'Est, Sud, Ouest, et Nord. * Planche II. tne fig. 2 .
( 2 ) Vitruve l’appelle Cyrrhestes, et Varron le nomme (4) C’est-à-dire qui trouve Vombre.
Cyprestis. lie re rust. Liv. III. Ch. 5.
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