divisent en trois. Les colonnes FF qui se trouvent entre les pilastres DD du temple à antes, fig. 1de la planche V , peuvent en donner une idée.
Ce sont ces deux dernières colonnes dont nous venons de parler , qui s’élevoient , comme onle voit, entre le pronaos et la galerie. Sur la même ligne que le centre de ces colonnes , régnoitune balustrade de marbre ou de bois qui séparoit ces 'deux parties ; nous l’avons représentée dansla 2. e fig. de la YI. e planche ; elles y sont indiquées GG. DD.
Yitruve , toujours constant dans ses principes, saisit encore ici l’occasion de faire remarquer à l’ar-chitecte , au sujet des colonnes qui sont enfoncées dans un lieu obscur, que la perspective altèresouvent les plus belles proportions ; il a fait une remarque dans le même genre , dans le 2 . 6 Chap.du III.® livre.
Vitruve termine ce chapitre en parlant des espèces de maçonnerie que l’on emplovoit dans la cons-truction des murs des Cella. Perrault a très-mal compris deux endroits de ce passage. Le premierest celui où Yitruve s’exprime en ces termes : media coagmenta medii lapides continentes , etc.Il n’est pas difficile de juger , dit Perrault, que Yitruve a mis medii et medios , pour mediocria etmédiocres : et moi je ne puis comprendre comment Perrault a pu imaginer cela , tandis qu’en lais-sant à ce mot sa signification naturelle qui veut dire le milieu , la phrase est claire comme le jourjle milieu de la pierre supérieure doit être placée sur l’assemblage des pierres du rang de dessous,tellement que le joint montant de ces deux pierres soit immédiatement à plomb sous le milieu dela première , et le joint montant des deux pierres supérieures perpendiculairement au-dessus. Toutesles pierres doivent être ainsi posées alternativement dans toute l’étendue du parement de la muraille.C’est ainsi que Pline parle de cette maçonnerie Liv. XXXYI, Ch. 22 , et son traducteur a rendule passage tout comme nous. Dans le 3 .® Chap. du 2. e Liv. on trouve une expression semblable :medii lateres supra coagmenta collocati. Pourquoi Perrault dans cet endroit n’a-t-il pas aussi tra-duit medii par le mot médiocres ?
Le second est au sujet du mot expressio, qui est sans doute tiré du mot exprimerez deux termesqui appartiennent proprement aux liquides. Dans le q X Chap. du YIII. e Liv. on lit ces mots : expri-mantur aquœ. J’ai donc cru qu ’expressiones signifioit ici ces filets de chaux qui paroissent entre lesjoints montants et ceux des assises , le mortier comprimé entre les pierres formant naturellementdes saillies , d’autant plus que le texte dit circum coagmenta , qui sont les jointures verticales , etcubilia , les jointures horizontales. Si ces filets sont proprement tirés et bien disposés , on peut direavec raison qu’ils rendent l’aspect de l’édifice tracé d’une manière plus agréable. Graphicoteram clelec-tationem : graphicotera est tiré du mot grec ypatpstv écrire , dessiner avec des lignes ou le simpletrait, autrement délinéation. On pourroit donc appliquer l’épithète clelineata , à un bâtiment donttoutes les pierres auroient offert cet arrangement. Pline qui parle de cette manière de bâtir , dansle 22. c Chap. du XXXYI.® livre , nous apprend que dans un temple de Cizicum , les joints despierres étoient couverts de listels d’or. Perrault a cru que le mot expressiones signifioit des pierrestaillées eu bossages : Barbaro , avant lui, avoit cru la même chose ; mais comme ces paroles du textecircum cubilia ex coagmenta eminentes expressiones, sont absolument opposées à cette interpréta-tion, il a préféré, suivant son usage , le mutiler et le bouleverser, pour le forcer de signifier ce qu’ilvouloir , que de chercher à découvrir le vrai sens ; ainsi il prétend qu’il faut lire circum coagmentaet cubilia depressa.