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L' architecture de Vitruve : traduite en françois, avec des remarques / par De Bioul
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LA îi C H I T E C T U R E DE V I T R U Y E.

bant, elles étouffent celles qui les suivent. Les circonsonnans sont ceux dans lesquelsla voix étant renfermée, se perd en tournoyant et ne paroît pas bien articulée ;les résonnans sont ceux quelques corps durs produisent une réflexion qui imitela voix, tellement que les dernières syllabes sont répétées; les consonnans enfin sontceux qui aident à la voix, augmentent sa force à mesure quelle sélève, la condui-sent nette et distincte jusquaux oreilles.

Ainsi, dès quon met tout le soin et le discernement nécessaire pour le choix dunlieu propre, la voix produira leffet convenable dans le théâtre. Quant à la forme desthéâtres , la différence consiste en ce que ceux, à lusage des Grecs , sont tracés parle moyen des carrés; et que ceux, à lusage des Latins, le sont par le moyen des triangles.

Ceux qui veulent construire, avec toute la perfection possible, des théâtres, nontquà suivre ces principes.

REMARQUES .

Les anciens navoient pas multiplié, comme nous, les changemens de décorations dans leurs

théâtres; ils nen avoient que de trois espèces* La première représentoit des palais , et ofFrôit toutes

" les richesses de larchitecture ; elle étoit destinée pour la tragédie. La seconde représentoit des ha-bitations privées; cétoit pour la comédie. La troisième représentoit des forêts, des rochers, des lieuxagrestes, pour les scènes satiriques; genre de pièce dramatique, qui est absolument abandonnée etpresquoûbliée présentement.

De tous les ouvrages que les anciens ont composés en ce genre, il ne nous reste plus que leCyclope dEuripide. 11 paroît que les pièces satiriques étoient pleines de libertés brutales et gros-sières, comme il sen trouve en effet dans le Cyclope. /

II faut remarquer que chez les anciens, le lieu se passoit la scène étoit toujours censé être un

lieu public , et jamais un lieu fermé ; parce que , daprès les règles établies pour le théâtre , la comé-die, et surtout la tragédie, doit représenter une action publique et visible. Ce nest que dans uneprofonde ignorance des règles , quon a établi la coutume de mettre la scène dans lès chambres etdans les cabinets, comme le remarque très-bien le traducteur françois de la poétique dAristote.Le lieu de la scène, dans presque toutes les pièces de Sophocle et dEuripide, est dans une placepublique, vis-à-vis dun palais.

La grande façade, qui remplissait le fond du théâtreconvenoit donc à presque toutes ces pièces.Si quelquobjet particulier , comme un temple, une statue , un tombeau, etc. , devoit se trouver surle théâtre, on le plaçoit parmi les décorations mobiles sur le côté : ce qui se voit clairement par lespièces des auteurs grecs que je viens de citer.