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L' architecture de Vitruve : traduite en françois, avec des remarques / par De Bioul
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LARCHITECTURE DE VITRUVE.

commençoient à sy refroidir. Ce qui le persuade de cela , cest que dans le chapitre précédent,il place le laconicum et Jéluve pour faire suer, à côté du tepidarium . Laconicum , siidationescjuesunt conjungendæ tepidaria : tandis que dans celui-ci , il ne nomme pas le tepidarium ; mais ilplace le laconicum , et létuve auprès du frigidarium. Proximè autem introrsus e regione frigidariîcollocetur concamerata sudatio. Daprès cela il croit que le tepidarium et le frigidarium néioientquune même chose. Si cependant , ajoute-t-il, on oppose à mon opinion la peinture trouvé®dans les thermes de Titus , lon voit que le tepidarium et le frigidarium forment deuxplaces differentes , et ce quen ont écrit au contraire Mercuriale, lAluisio , le Baccio et autres ; j®répondrai que Vitruve ne parle ici que de la palestre des Grecs dans laquelle il ny avoit pas,à beaucoup près , autant de pièces que dans les thermes, qui par la suite , furent, en quelquemanière à Rome, ce quétoient les palestres chez les Grecs ; mais à cause de lénorme populationt du luxe de cette ville, ces édifices étoient bien plus vastes, au point quils paroissoient une provinc®.

Vitruve dit que de cette chambre froide on alloit, par un passage, au prognigeum , qui ne peutêtre autre chose que lendroit lon faisoit du feu pour échauffer les chambres et les bains ; dumoins doit-on le croire, prognigeum étant le synonime àhypocausis , et de prcefumium.

Sur un des côtés de la palestre en dehors , se trouvoit un grand espace planté darbres, que lesRomains appeloient le xiste , xystus ou xystum y quoique ce mot fut dérivé du grec , il ne signi-fioit cependant pas exactement la même chose dans cette langue quen latin , puisque le xiste pro-prement dit, chez les Grecs, étoit un porlique couvert, sous lequel étoit un stade ( 1 ) les Athlètessexerçoient à la course ou à la lutte; il ( occupoit, suivant Vitruve, un des côtés du xiste dont jeviens de parler , et cest celui dont il parle dans le io. me Chap. du VI. me Liv. , à propos des motslatins dérivés du grec, auxquels on a donné à Rome une signification différente que celle quils ontdans celte langue.

Les Grecs, dit-il, appellent xystos , un large portique, les athlètes sexercent pendant lhiver,tandis que nous autres , nous appelons xystus des allées découvertes pour se promener , que lesGrecs nomment peridrcmidas : tellement que dans le chapitre que nous expliquons présentement,Vitruve parle dabord du xiste des Grecs , ensuite de celui des Romains , comme il le dit lui-même.Voyez nos remarques à la fin du io. me Chap. du VI. m * Liv. ; et quant à ce pavé fait en smalte dontil parle ici , voyez ce que nous en avons dit, dans nos remarques à la fin du 4. me Chap. du II. me Liv.11 appelle ici cette sorte de pavé signinum opus. Il en parle encore dans le I. er Chap. du VIL®® Liv.

Pausanias fait la description du gymnase dElis qui ressemble tant à la palestre et au xiste dontparle Vitruve , que je crois devoir la rapporter, pour quon puisse les comparer ensemble , et voiren quoi elle ma servi pour interpréter lauteur latin. <c A Elis , dit-il, ce qui mérite le plus votre« curiosité, cest un lieu dexercice les athlètes, avant que de paroître aux jeux olympiques,)) sexercent et observent , durant un certain temps , tout ce qui est prescrit par les loix et par la» coutume. En dedans , tout le long de la lice , il y a des platanes fort hauts , qui donnent de

(0 Cest ainsi quon appeloit la carrière les Grecs sexerçoient gueur par une muraille , autour de laquelle dévoient tourner ceux qtli

à la course , parce quil avoit à peu près la longueur dun stade. Le couroient la carrière du double stade,double stade e'toit plus large , partage' au milieu dans toute sa Ion-