a5o
L ’ARCHITECTURE DE VITRUVE.
commençoient à s’y refroidir. Ce qui le persuade de cela , c’est que dans le chapitre précédent,il place le laconicum et J’éluve pour faire suer, à côté du tepidarium . Laconicum , siidationescjuesunt conjungendæ tepidaria : tandis que dans celui-ci , il ne nomme pas le tepidarium ; mais ilplace le laconicum , et l’étuve auprès du frigidarium. Proximè autem introrsus e regione frigidariîcollocetur concamerata sudatio. D’après cela il croit que le tepidarium et le frigidarium n’éioientqu’une même chose. Si cependant , ajoute-t-il, on oppose à mon opinion la peinture trouvé®dans les thermes de Titus , où l’on voit que le tepidarium et le frigidarium forment deuxplaces differentes , et ce qu’en ont écrit au contraire Mercuriale, l’Aluisio , le Baccio et autres ; j®répondrai que Vitruve ne parle ici que de la palestre des Grecs dans laquelle il n’y avoit pas,à beaucoup près , autant de pièces que dans les thermes, qui par la suite , furent, en quelquemanière à Rome, ce qu’étoient les palestres chez les Grecs ; mais à cause de l’énorme population•t du luxe de cette ville, ces édifices étoient bien plus vastes, au point qu’ils paroissoient une provinc®.
Vitruve dit que de cette chambre froide on alloit, par un passage, au prognigeum , qui ne peutêtre autre chose que l’endroit où l’on faisoit du feu pour échauffer les chambres et les bains ; dumoins doit-on le croire, prognigeum étant le synonime à’hypocausis , et de prcefumium.
Sur un des côtés de la palestre en dehors , se trouvoit un grand espace planté d’arbres, que lesRomains appeloient le xiste , xystus ou xystum y quoique ce mot fut dérivé du grec , il ne signi-fioit cependant pas exactement la même chose dans cette langue qu’en latin , puisque le xiste pro-prement dit, chez les Grecs, étoit un porlique couvert, sous lequel étoit un stade ( 1 ) où les Athlètess’exerçoient à la course ou à la lutte; il ( occupoit, suivant Vitruve, un des côtés du xiste dont jeviens de parler , et c’est celui dont il parle dans le io. me Chap. du VI. me Liv. , à propos des motslatins dérivés du grec, auxquels on a donné à Rome une signification différente que celle qu’ils ontdans celte langue.
Les Grecs, dit-il, appellent xystos , un large portique, où les athlètes s’exercent pendant l’hiver,tandis que nous autres , nous appelons xystus des allées découvertes pour se promener , que lesGrecs nomment peridrcmidas : tellement que dans le chapitre que nous expliquons présentement,Vitruve parle d’abord du xiste des Grecs , ensuite de celui des Romains , comme il le dit lui-même.Voyez nos remarques à la fin du io. me Chap. du VI. m * Liv. ; et quant à ce pavé fait en smalte dontil parle ici , voyez ce que nous en avons dit, dans nos remarques à la fin du 4. me Chap. du II. me Liv.11 appelle ici cette sorte de pavé signinum opus. Il en parle encore dans le I. er Chap. du VIL®® Liv.
Pausanias fait la description du gymnase d’Elis qui ressemble tant à la palestre et au xiste dontparle Vitruve , que je crois devoir la rapporter, pour qu’on puisse les comparer ensemble , et voiren quoi elle m’a servi pour interpréter l’auteur latin. <c A Elis , dit-il, ce qui mérite le plus votre« curiosité, c’est un lieu d’exercice où les athlètes, avant que de paroître aux jeux olympiques,)) s’exercent et observent , durant un certain temps , tout ce qui est prescrit par les loix et par la» coutume. En dedans , tout le long de la lice , il y a des platanes fort hauts , qui donnent de
(0 C’est ainsi qu’on appeloit la carrière où les Grecs s’exerçoient gueur par une muraille , autour de laquelle dévoient tourner ceux qtli
à la course , parce qu’il avoit à peu près la longueur d’un stade. Le couroient la carrière du double stade,double stade e'toit plus large , partage' au milieu dans toute sa Ion-