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L’ARCHITECTURE DE VITRÜYE,
RE MARQUE S.
Par les mois albarium opus , on entend le stuc et toute espèce d’enduit de couleur blanche ,qu’on étend sur les murs pour les crépir en le polissant. Tectorium opus sont des termes plus géné-raux , sous lesquels on comprend toute espèce d’enduits. Nous avons déjà observé , dans nos remar-ques sur le 2, me chapitre du Y. ma livre , que albarium et album opus y ne pouvoient signifier leblanchissage qui se fait avec la brosse imbibée d’eau de chaux , comme Philander l’a cru ; maisqu’il signifioit le stuc : car premièrement dans le blanchissage qui se fait avec l’eau de chaux , ilne peut survenir de ces espèces de pustules dont parle Vitruve , lorsqu’il dit : cum fuerit inductahabens latentes calculos 3 pustulas amittit. Secondement , dans le 2. me chapitre du V. me livre , ildit qu’on droit des corniches avec ce qu’il y nomme opéré albario } ce que nous avons observéalors. Finalement, on remarque qu’en parlant des voûtes, des étuves, dans le io. me chapitre duV. me livre , il dit : primum testa cum calce trullissetur , deinde opéré albario , sive tectorio poliatur:ce qui fait clairement* voir que cet opéré albario étoit une matière qui avoit quelque consistance ,c’est-à-dire que c’étoit un enduit propre à couvrir la première^couche qui étoit faite avec des briquesconcassées, dont celui-ci devoit remplir toutes les fentes et cavités.
11 seroit difficile de connoître en quoi cet enduit différoit de celui nommé marmoratum. Ilse peut que ces mots étoient synonymes et qu’ils signifioient tous deux du stuc : à moins quemarmoratum ne signifiât proprement le stuc qui se faisoit avec la poudre de marbre ; et alba-rium opus y celui qui se faisoit avec le plâtre. Usus gypsi in albariis , dit Plin. , Liv. XXXVI,Chap. 5 g.
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L’outil dont les anciens se servoient pour préparer le mortier , et que Vitruve nomme ascia ,n’est autre chose que le hoyau , dont nous nous servons encore aujourd’hui, pour le même usage;comme l’a très-bien démontré M. le chanoine Mozzocchi dans son traité de dedicatione sub as-cia , imprimé à Naples en 1739 , particulièrement dans la note î 52 , à la page lo 3 et suiv., oùil explique, avec une clarté et une érudition admirable, les différens enduits dont les anciens seservoient.
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Les anciens faisoient les couvertures ou plafonds de leurs chambres de deux manières : les unesétoient voûtées, et se nommoient cameræ et concamerationes. Les autres avoient des plafonds ho-rizontaux , faits en bois , et se nommoient lacunaria et contignationes. Comme il n’y avoit queles plafonds voûtés qui étoient couverts d’enduit, et que ceux faits en bois ne l’étoient pas , voilàpourquoi Vitruve dit à la fin de ce chapitre, qu’on préparera les inslrumens nécessaires pour appli-quer le stuc sur les voûtes des chambres , dont les planchers ne formeront pas des plafonds ho-rizontaux
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