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Tome premier.
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RÉGION CENTRALE. — PLATEAU DES LACS. il

d’hui à peu près autant de bateaux à vapeur que sur la Méditerranée tout entière, quoiqueses rives soient défrichées à peine. Avant l’ouverture du canal Érié, qui fut terminé en1825, on ne comptait sur le lac que vingt petits bâtiments. Il y existe aujourd’hui uneHotte nombreuse. Le génie de la civilisation et du commerce s’y approprie même lesmachines de guerre et les ploie à son usage. Ainsi en 1835, j’ai vu en charge, au port deBuffalo, un navire de la marine militaire britannique, la Reine Charlotte , qui avait étécoulé à fond par les Américains dans la guerre de 1812 à 1815, et que des armateursvenaient alors de relever et d’équiper pour le cabotage du lac.

Le lac Iluron occupe dans le réseau des lacs une position centrale qui lui donne beau-coup d’importance. La rivière Sainte-Marie l'unit au lac Supérieur ; le détroit de Michi-limackinac le lie au lac Michigan, et par conséquent lui donne, sur le Mississipi , denombreux débouchés interrompus seulement par de courts portages que les entrepre-nantes populations des États-Unis remplacent déjà par des canaux et des chemins defer. Par la rivière et le lac Saint-Clair il tient au lac Érié . Par la rivière Severn, lelac Simcoë, d’autres lacs ou étangs et la Trent, il est presque complètement rattachéau lac Ontario . En outre il est facile à mettre en rapport avec le Saint-Laurent.En 1819, M. Catty, officier du génie anglais , a reconnu qu’en remontant par le lacSimcoë et une file d’autres lacs, on atteignait le plateau connu sous le nom deHauteur des Terres, et de là, par un portage peu étendu, la rivière Madawasca quitombe dans l’Ottawa au lac des Chats, lune de ces pittoresques nappes d’eau échelon-nées sur le cours même des rivières dans la vallée du Saint-Laurent. Une autre direc-tion, pratiquée longtemps par les aventureux traitants (traders) qui parcouraient cesrégions sauvages, est celle qui suit la Rivière -Française et le lac Nipissing, dont uneportion des eaux se rend dans l’Ottawa .

Le niveau des mers intérieures de l’ancien monde subit des changements remar-quables. Lanier Caspienne qui est déjà d’une trentaine de mètres au-dessous de la merNoire ne paraît pas au terme de son abaissement. La Baltique elle-même voit décroîtresa hauteur, ou au moins la côte qui la borde semble s’exhausser au-dessus des eaux.Les observateurs sont de trop fraîche date en Amérique pour que l’on puisse se formerune opinion absolue sur la fixité ou la mobilité du niveau des grands lacs. On saitpourtant qu’ils éprouvent des variations; ainsi, depuis 1830, il s’y est manifesté unehausse, particulièrement sensible dans le lac Érié . Mais la nature et la forme du chenalqui leur sert de débouché vers la mer sont telles qu’il n’est pas possible que leurs chan-gements de niveau s’opèrent sur une grande échelle et se poursuivent pendant de longsintervalles ( 1 ).

Le globe a passé par une suite de révolutions qui, tour à tour, ont soulevé les con-tinents au-dessus des mers, mis en saillie les chaînes de montagnes, après que lescouches dont elles sont formées avaient été déposées au sein des flots, et qui enfin ont

(1) A Détroit, qui est dans le voisinage du lac Érié , la crue a été, depuis 1850, de 1™ , 60 ; au mois de février 1839elle était réduite à 0 m , 48 .

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