RÉGION CENTRALE. — PLATEAU DES LACS. 43
(jus pour l’IIudson. Le cap Diamant a Québec semble avoir ete tranche de vive force.L’archipel des Mille-Iles révèle pareillement quelque grande secousse terrestre. Al’extrémité nord-est du lac Ontario, on trouve un massif d’îlots qui se continue dansle lit du Saint-Laurent , sur une longueur d’environ 70 kilom. Ce sont les Mille-Iles.Là le lleuve est large de 4 à 10 kilom., et à peu près sans courant. Ces îlots de granitou de syènite, nus ou n’offrant que quelques arbres ou arbustes qui s’élancent desfentes des rochers, sont au nombre de 1692. La Péninsule du prince Édouard et les îlotsvoisins de Sackett’s llarbour forment dans le lac Ontario comme les avant-postes de cetarchipel. De là aux derniers îlots situés dans le Saint-Laurent, il y a environ 140 ki-lom. Cet archipel des Mille-Iles offre l’un des points de vue les plus pittoresques qu’il yait au monde. «Nulle part, dit M. Darby, on ne saurait trouver un site plus accidenté,plus sauvage et qui réveille l’idée du cataclysme et du chaos plus que ne le font lesMille-Iles. L’eau pure et limpide qui les baigne réfléchit les rocs anguleux qui consti-tuent cet archipel, ainsi que les tiges des arbres et les branches des arbrisseaux quis’élancent çà et là des Assîmes de leur masse brisée. Nulle habitation humaine ne paraîtpour animer un seul instant ce tableau d’un bouleversement éternel. Mais passez cettescène de désolation imposante et silencieuse, et bientôt va s’ouvrir devant vous, commepar magie, un panorama délicieux. »
Les observateui’s les plus dignes de foi, et entre autres l’illustre de Witt Clinton,se sont crus autorisés à dire qu’ils avaient reconnu, à une certaine distance du lac On-tario , la trace distincte d’un niveau bien supérieur à sa hauteur actuelle, qu’il auraitatteint à une époque géologique peu éloignée. « Des environs de la rivière Génesee, àpartir de Rochester jusques à Lewiston, sur la rivière Niagara , règne, a-t-il dit (1),une crête remarquable qui se prolonge sans discontinuité sur toute cette distance de130 kilom., et se dirige de l’est à l’ouest. Sa hauteur moyenne est de 9 m au-dessusdu terrain environnant, et sa largeur, qui varie beaucoup, n’excède pas 3G m surquelques points. Elle est à 49 m au-dessus du niveau du lac Ontario ( c’est-à-direà un niveau presque mathématiquement moyen entre la hauteur actuelle du lac Érié et celle du lac Ontario ), et, comme elle s’ahaisse par une pente graduelle et mé-nagée vers le lac dont elle n’est séparée que par une lisière de 8 à 16 kilom., il y atout lieu de croire qu’elle formait autrefois le bord du lac. Le gravier, dont elle estpartout couverte, a dû y être déposé par le flot, et la forme des pierres qui s’y trouventmêlées indique une longue érosion par le contact des eaux. Tout le long des ri-vières et des lacs de l’Ouest, on remarque de petits monceaux de sable et de gravier,de forme conique , que les poissons y ont élevés de distance en distance pour mettreleur frai a 1 abri. Celui de ses deux flancs par lequel la crête regarde le lac estgarni de ces cônes de sable , tandis qu’il n’en existe aucun de l’autre côté. En outre,tous les cours d eau qui, du sud, viennent se décharger dans le lac, sont, à leur em-bouchure , barrés d’une façon particulière , par les sables qu’y poussent les vents du
(1) Darby, View, etc., page 228.