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PREMIERE PARTIE. SECTION III. CHAPITRE II.
nord-ouest; or les points de la crête, qui sont traversés par des ruisseaux, offrentces mêmes signes. Tous ces faits prouvent incontestablement que le lac Ontario bai-gnait jadis ce terrain élevé, et que sa retraite est due à ce qu’ailleurs il aura reculéses limites, ou plutôt à ce que ses eaux emprisonnées jusques-là, subitement aidéespar quelques tremblements de terre, se seront violemment ouvert un passage encreusant le lit actuel du Saint-Laurent . »
Le capitaine Williams, dans son mémoire sur le projet d’un canal militaire et com-mercial du lac Ériéau lac Ontario , par la rive droite du Niagara, assure avoir reconnu,entre la crête et le lac, des berges successives indiquant que le lac Ontario se seraitvidé en trois fois.
M. Darby remarque aussi que celte trace d’un ancien rivage se retrouve autour dechacun des autres grands lacs, mais à un moindre degré que pour le lac Ontario . L’a-baissement de leur niveau a été peu considérable, excepté pour le lac Supérieur , où ilaurait été de 12 à 15 mètres.
Bien plus, il ne serait pas impossible que le Saint-Laurent, avec la direction qu’il aactuellement, n’eût pas existé avant la révolution diluvienne, et que jusque-là les eauxdes grands lacs se fussent épanchées vers l’Océan par une autre voie. Le Saint-Laurentn’aurait pris son cours actuel que depuis la secousse qui, à cette époque, aurait fracasséet brisé la barrière que lui opposaient les montagnes de Québec . Aujourd’hui encore ilsuffirait d’un mur de 45 m de hauteur à Québec pour contenir le Saint-Laurent tout entierà un niveau égal à celui du plateau qui sépare l’Hudson du lacChamplain; alors les eauxdu Saint-Laurent,comblant la vallée de la rivière Richelieu et le bassin du lacChamplain,s’écouleraient par l’Hudson. Si la muraille avait une élévation de 75 m ,elle soutiendraitle fleuve au niveau du lac Ontario . Avec une élévation de 180 m , c’est-a-dire a peuprès égale à celle des Pyramides d’Égypte, ce qui est beaucoup sans doute pour lesouvrages des hommes, mais ce qui est bien peu pour ceux de la nature, la cataracteet les rapides du Niagara disparaîtraient, la surface du lac Ontario et celle du Saint-Laurent remonteraient au niveau du lac Erié, pourvu que le défdé situé entre le lacChamplain et l’Hudson fût obstrué et que le terrain fût exhaussé de quelques mètresentre le lac Ontario et l’Hudson , là où le canal Oswégo se détache du canal Érié. Alorsles rives plates qui bordent l'Ontario au nord et au nord-ouest, seraient inondées a unegrande distance ; la presqu'île basse, entrecoupée de marécages et de lacs, qui le séparedu lac lluron, serait presque tout englobée dans le sein des eaux et se réduirait aquelques îles éparses. Le réseau des grands lacs américains formerait une méditer-ranée imposante, égale au moins à la Caspienne .
Disons cependant que rien n’autorise à penser que jamais une barrière de 180" 1 aitretenu le Saint-Laurent à Québec . La hauteur actuelle du cap Diamant, au point où ladigue paraît avoir été rompue, est de 105 m . Cette élévation de 180 m , que nous avonschoisie à dessein comme excédant un peu celle du lac Érié , semble n’avoir jamais etecelle du lac Ontario , puisque la crête qui paraît avoir jadis contenu ce lac n est qu a49 m au-dessus de la ligne d’eau actuelle , qui elle-même n’est qu a 72 m 80 au-dessusde la mer.