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Tome premier.
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PREMIERE PARTIE. SECTION III. CHAPITRE III.

CHAPITRE III.

Bassin du Saint-Laurent .

Abondance des lacs dans ce bassin. — Les cinq grands lacs forment un régulateur pour le fleuve; très-faibles variationsqu’il éprouve. —Rapides qu’il présente aux Galopes, au Long-Sault, aux Cèdres, à la Chine . — Dangers de la naviga-tion du golfe du Saint-Laurent. — Versants inégaux du fleuve. — Versant de droite; cours peu étendu des rivières;pente brusque de la plupart des rivières qui se déchargent dans les lacs Érié et Ontario. —Difficultés d’établir des canauxdébouchant dans le Saint-Laurent , par la rive droite. — Difficultés des canaux débouchant par la rive gauche, enaval de Kingston. — Communication aisée du lac Ontario au lac Huron. — Caractères des affluents du Saint-Laurent ;le Saguenay. — Faible population du bassin du Saint-Laurent dans les possessions anglaises. — Tableau de la su-perficie des parties du bassin du Saint-Laurent.—Description du Saint-Laurent , empruntée à M. Bouchette.

Les cinq grands lacs qui appartiennent à ce bassin , fournissent au Saint-Laurent lapresque totalité de ses eaux. D’autres moindres lacs sont aussi ses tributaires ; tels sont,dans les terres aujourd’hui habitées, le lac Simcoë et le lac du Riz ( Rice Lake ), voi-sins du lac Ontario, le lac Champlain , avec son annexe le lac George , desquels s’é-panche la rivière Richelieu , les lacs Saint-François et Memphremagog dont les eaux seréunissent dans la rivière Saint-François. A part l’Ottowa et le Saguenay qui est plusseptentrional, et qui roule ses eaux profondes et impétueuses à travers les pays froids,escarpés et incultes du 48 e degré de latitude, toutes les rivières proprement ditesqui se déchargent dans le Saint-Laurent, ne contiennent qu’une proportion d’eaurelativement faible. Le Saint-Laurent, au lieu d’être le produit direct d’un certainnombre de grandes rivières, résulte de l’épanchement d’une très-grande quantité delacs, presque tous fort petits , ou plutôt les innombrables cours d’eau qui se joignentpour former sa masse puissante, sortant des étangs qui emplissent les dépressions desmontagnes, assemblent leurs eaux, avant de se vider dans son lit large et profond, dansles grands lacs , vastes réservoirs où ils se reposent et s’épurent, et qui, à leur tour,les rendent, clairs et transparents, au fleuve lui-même. Le niveau du Saint-Laurent aainsi un régulateur assez vaste pour tenir ses eaux à une hauteur constante , et restepresque entièrement sans crue et sans étiage, circonstance extraordinaire pour uncours d’eau de cette taille. Lui-même, d’espace en espace, s’épand en véritables lacsqui aident à cet effet. Tels sont le lac Saint-François (1), le lac Saint-Louis et le lacSaint-Pierre. Au-dessus de son confluent avec l’Ottowa, c’est-à-dire sur une longueurde 242 kilom. à partir du lac Ontario , on ne cite pas de différence de niveau de plusde 0”,50 , et cependant le confluent de l’Ottava n’est qu’à 36 kilom. de Montréal , où

(1) Différent de celui qui vient d elre cité.