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Tome premier.
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RÉGION CENTRALE. — BASSIN DU SAINT-LAURENT .

commence la navigation maritime pour les trois-mats , et qu a 173 kilom. de Trois-Rivières où remonte la marée.

C’est Là un incomparable avantage pour un fleuve , surtout en Amérique , où l’on a,dans de grandes rivières, comme l’Ohio, des exemples de crues de 20 m suivies d’étiagesqui, sur quelques points du haut de la vallée, ne laissent pas un mètre d’eau dans le che-nal. Mais en revanche le Saint-Laurent présente bien d’autres obstacles aux mariniers:au-dessus de Montréal et à Montréal même, il a des rapides, souvent parsemés de ro-chers, et dont quelques-uns sont à peine praticables à la descente pour de légers bate-lets conduits par les Canadiens qui, pour de frêles embarcations, sont pourtant les plusadmirables pilotes du monde. A la remonte, on ne peut passer les rapides qu’en déchar-geant à peu près les bateaux que l’on hâle à grand’peine, tout vides qu’ils sont, à forcede chevaux. Les plus considérables de ces rapides sont : celui des Galopes, premierobstacle qu’on rencontre en descendant, à 109 kilom. du lac Ontario , le Long-Sault,le rapide des Cèdres et celui de la Chine . De plus, le Saint-Laurent, ayant son coursdirigé vers le nord, et traversant des pays très-froids, est fermé par des glaces épaissessix à sept mois par an. Les lacs eux-mêmes sont gelés sur leurs bords durant quatre àcinq mois. Enfin la navigation du golfe Saint-Laurent est fort mauvaise; ces paragesont acquis une triste célébrité par les affreux désastres dont ils ont été les témoins.Pendant le mois de juin 1834, plus de 000 émigrants y ont péri en vue de la terre,dans d’horribles naufrages. Cependant, si graves que soient ces difficultés, elles ne sopas insurmontables, celles du moins qui tiennent au régime du fleuve, les seules surlesquelles l’homme ait prise, et nous verrons plus loin comment une poignée de co-lons épars dans le Haut-Canada a entrepris de les vaincre, et semblait assurée d’unprompt succès avant que la guerre civile ne vînt interrompre ses travaux.

Le Bassin du Saint-Laurent se compose de deux versants fort inégaux : celui de droiteou du sud-est a environ 1200 kilom. de long sur une largeur fort exiguë, car,moyennement elle ne dépasse pas 100 kilom. Celui de gauche ou du nord-ouest estplus long, et s’étend surplus de 1400 kilom.; et sa largeur moyenne est de 400 à500 kilom. De l’éiroitesse du versant de droite et de l’élévation assez grande des mon-tagnes situées dans la presqu’île comprise entre le Saint-Laurent et l’Atlantique,sur lesquelles s’appuie ce versant, ainsi que de la présence d’un grand nombre delacs , il résulte pour les affluents de droite du fleuve un régime particulier. Ce sontdes chapelets de lacs et d’étangs séparés par des rapides, plutôt que des rivièresproprement dites. Tel est l’aspect du Saint-François, du Bécancour, de la Chau-dière . Le Saint-François, par exemple, formé par deux branches sortant, l’une dulac Saint-François, l’autre du lac Memphremagog, a environ 300 m de pente sur unparcours total de 150 kilom. La Chaudière descend du double sur le même espace.Les cours d’eau qui, venant du sud ou de l’est, passent par le lac Champlain oule lac Ontario pour se réunir au Saint-Laurent, partagent ce caractère. Ainsi lePoulteney, la Loutre, l’Ognon , la Moelle et le Missisque, la rivière au Sable, leSaranac et le Chazy, tributaires de droite et de gauche du lac Champlain , qui lui-même avec le Richelieu constitue un seul affluent de droite, ont tous une pente de