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ETAT DE NEW-YORK. — CANAL ÉRIÉ .
sont convaincus qu’ils y parviendront sans que la vitesse du courant venant du lacÉrié dépasse 1,000 à 1,200” par heure.
On estime que, par suite de la refonte du canal, les frais de traction des bateauxseront diminués de moitié.
En s’imposant la condition de reconstruire presque partout le canal sur la même ligneet de lui conserver littéralement le même lit, on a rendu l’opération extrêmement diffi-cile, parce qu’il n’est pas possible de songer à un chômage. Il faut que, comme toujours,le canal reste livré à la circulation tant que la gelée n’y met pas un obstacle invincible.Une interruption de la navigation, même pendant une seule campagne, serait con-sidérée avec raison comme un désastre public. Ce serait le bouleversement d’innom-brables existences, une perturbation commerciale fatale à la ville de New-York , à l’Étatet aux États voisins. Il faut donc pour les terrassements, par exemple, procéder à l’a-grandissement pendant l’hiver, lorsqu’une gelée profonde rend le lit du canal rebelleaux instruments, ou pendant la campagne au milieu des bateaux qui se succèdentsans relâche et à l’infini. Au reste, lors même qu’il eût été facile d’ouvrir un canal entiè-rement neuf, ce parti n’eût pas prévalu. Les Chambres, qui à l’origine ne s’attendaientpoint à la dépense énorme qu’entraîne l’entreprise, s’y fussent opposées, afin dene pas porter préjudice aux localités et aux citoyens qui jouissent de l’avantage de l’avoirà leur porte.
L’agrandissement du canal Érié n’est pas la seule amélioration que cet ouvragedoive recevoir. Dès 1836, le Gouverneur appelait l’attention de la législature surla nécessité d’ouvrir au canal, dans le lac Érié , un autre débouché que le port deBuffalo , qui n’est dégagé des glaces que fort tard. Ce projet est ajourné. On avaitparlé aussi de prolonger le canal au-dessous d’Albany , parallèlement à l’IIudson,jusqu’à un point situé en aval d’un banc de sable redouté des mariniers, qu’on nommel’OversIaugh. Nous dirons bientôt comment le gouvernement fédéral, pour atteindre lemême but, s’est chargé d’améliorer l’Hudson dans son lit, en aval d’Albany , et mêmeau-dessus, jusqu’à Waterford.
Ainsi qu’il arrive souvent dans les entreprises des peuples comme dans celles desindividus, l’on n’a bien compris toute l’importance de l’agrandissement du canal Ériéqu’après l’avoir voté. C’est au reste parce qu’ils ont senti toute l’influence que cettemesure devait exercer sur la prospérité de l’État de New-York, que les Commissairesdes Canaux se sont décidés à adopter les dimensions qui ont prévalu en dernier lieu,et qui sont plus considérables que celles qui avaient été annoncées en 1835.
Après la paix avec l’Angleterre, lorsqu’en 1816 la législature se remit à discuterl’accomplissement du canal Érié, la vaste et fertile contrée qui s’appuie au nord sur leréseau des grands lacs, et qui s’avance en pointe vers le midi entre l’Ohio et le Mississipi,ne comptait encore qu’un État constitué, celui d’Ohio . Dans cette même année 1816, leTerritoire d’Indiana, étant parvenu à la population requise de 60,000 habitants, futadmis au nombre des États. Depuis lors, les progrès des États d’Ohio et d’Indiana etde la contrée qui les avoisine ont tenu du prodige. L’Oliio doit compter aujourd’hui1,400,000 habitants. L’Indiana en a plus de 600,000. Deux États nouveaux venus,