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SECONDE PARTIE. SECTION I. CHAPITRE II.
rillinois et le Michigan, en ont ensemble plus de 700,000. A l’ouest du lac Michigan ,entre ce lac et le Mississipi, un territoire qui date d’hier, celui de Wisconsin , briguedéjà le titre d’État, et sur ses flancs s’est formé le nouveau Territoire d’Iowa . La popu-lation qui afflue dans ces belles régions, sortie des États du Nord du littoral et princi-palement de ceux de la Nouvelle-Angleterre , est d’une activité et d’une énergie sans pa-reilles, et elle en fait un admirable usage. Elle n’a qu’une pensée, celle de défricher, detravailler, de préparer pour ses successeurs une terre promise. C’est chez elle une pas-sion , et elle s’y consacre avec une ardeur de tous les instants et une sagacité merveil-leuse. Sur cette contrée double de la France , où les émigrants accourent des États dulittoral, où l’Europe envoie un nombreux contingent, où l’espèce se multiplie suivantune proportion inouïe, tout porte à croire qu’il existera bientôt de puissants et po-puleux États, et que déjà dans une dizaine d’années il n’y aura pas moins de 6 ou 7millions d’habitants.
Et le progrès de la richesse publique dans ces pays suit, s’il ne le dépasse, celuide la population. D’après le beau rapport adressé à la législature de l’État de New-York par M. S. B. Ruggles, nommé depuis Commissaire des Canaux après la mortd’un citoyen vénéré, M. Étienne YanRensselaer, on estimait, en 1798, que dans toutl’espace qui s’étend à l’ouest des Alleghanys, du golfe du Mexique au lac Supérieur , lafortune publique, c’est-à-dire l’ensemble des fortunes privées, s’élevait à 26 millions dedollars ( 140 millions). Quarante ans après, en 1838, on évaluait qu’elle aA r ait atteint1,200 millions de dollars (6 milliards et demi).
Dans nos idées européennes, 6 ou 7 millions d’habitants ne forment pas un grandempire et ne fournissent pas absolument matière à un vaste commerce ; mais 6 ou7 millions d’hommes, tels que ceux qui peuplent aujourd’hui ce massif de l’Ouest deTUnion, équivalent, du moins sous le rapport du développement commercial, à unnombre plus que double d’Européens . Il n’y a pas de race d’hommes qui possède unepareille puissance de production, qui soit mieux placée pour produire, qui se donneplus universellement les jouissances fondamentales du bien-être, et par conséquentqui, prise en bloc , consomme autant à beaucoup près.
La nature a ouvert une double voie au commerce de cette région par les deux fleuvesqui servent de déversoirs à la grande Vallée Centrale de l’Amérique septentrionale ;c’est d’un côté le Mississipi avec l’Ohio son affluent, et le Saint-Laurent de l’autre. Maisle Saint-Laurent a le défaut d’être trop au nord et de déboucher dans des parages quisont glacés une bonne partie de l’année, puis dangereux pendant quelques moisencore. Comme ligne de navigation naturelle ouverte en permanence, exceptéau cœur de l’hiver, et comme artère entièrement nationale, le Mississipi restaitdonc seul.
Le canal Érié est une voie artificielle par laquelle l’État de New-York, mettant àprofit le passage que s’est frayé l’IIudson au travers des montagnes, ainsi que la dé-pression qui continue vers les grands lacs le lit du fleuve, a créé une concurrence auMississipi pour le commerce de la région qui borde la Méditerranée américaine. Cedébouché, établi par la main de l’homme, a, sur celui qu’a pratiqué la nature, l’avantage