Band 
Tome premier.
Seite
169
JPEG-Download
 

ÉTAT DE NEW-YORK. — CANAL ERIE . l(i!)

d’offrir, pour la contrée baignée par les lacs , une ligne beaucoup plus courte. Il part<lu lac Érié qui occupe le centre du système des lacs. Il dispense les marchandises del’obligation de passer par des climats chauds et humides, tels que celui de la Louisiane ,où elles sont sujettes à se détériorer. Il évite à celles qui vont en Europe , comme àcelles qui en viennent, le détour du golfe du Mexique et de la Floride . De nombreuxcanaux et chemins de fer, dont le développement va toujours croissant, qui pour laplupart aboutissent au lac Érié et qu’on achève avec la rapidité américaine, doiventincessamment rapprocher du canal Érié les districts intérieurs du massif qui s’appuiesur les lacs. Les hommes les plus éclairés de l’État de New-York ont compris que si leurcanal cessait d’être un étroit fossé pour devenir une grande et profonde ligne navi-gable, parfaitement servie et grevée seulement de péages modérés, il lutterait avecun bien plus grand succès que par le passé contre le Mississipi, et triompherait detoutes les autres lignes que les États de Pensylvanie, de Maryland et de Virginie ontconstruites ou construisent entre l'Atlantique et l’Ohio. Ils ont senti qu’ainsi laville de New-York s’assurerait à jamais la suprématie parmi les métropoles dulittoral de l’Atlantique. Mesurant d’un œil sûr l’accroissement du négoce des Etatsde l’Ouest, ils ont vu que bientôt le seul produit des péages couvrirait et au delà tousles frais de l’agrandissement du canal Érié, si énormes qu’ils pussent être. Dès lors,la reconstruction du canal est devenue populaire dans l’État et elle a été conduite aveccette vigueur qui, en Europe , nous est familière toutes les fois qu’il s’agit de laguerre, mais que nous ne sommes pas parvenus encore à appliquer aux arts de la paix.

Voici, tel qu’il a été exposé par M. Ruggles , le calcul bien simple par lequel lesCommissaires des Canaux et les membres les plus influents de la législature ont justifiéà leurs propres yeux, et à ceux de leurs concitoyens, la dépense de l’agrandissementdu canal Érié, et ont démontré que ce serait une entreprise lucrative, même en faisantabstraction, s’il est possible, soit des bénéfices qui résulteront pour l’État de la concen-tration irrévocable du commerce extérieur d’une grande partie de l’Union dans le portde New-York , soit de la nécessité de terrasser la concurrence des grandes voies partantde Philadelphie, de Baltimore ou de Richmond pour atteindre les régions de l’Ouest :

En 1836, 1a masse des produits qui ont circulé sur les canaux de l’État de New-York valait, d’après les évaluations officielles, 67 millions de dollars; une partiede ce commerce, qui peut être portée à 50 millions de doll., concernait la portion del’État qui est traversée par les canaux, et où l’on comptait une population de quinzecent mille âmes à peine. Si donc le canal Érié desservait une population de 6 millionsd’habitants pris dans les États de l’Ouest qui bordent les lacs, le mouvement commer-cial, ainsi attiré sur les canaux de New-York , devrait être de 200 millions de doll.Supposons cependant que le Mississipi continue à être employé pour les deux cin-quièmes du commerce descendant de ces États , et pour un cinquième de leurs impor-tations, il restera encore un mouvement de 140 millions de doll. au travers de l’Etat deNew-York.

Or, dans l’état actuel du tarif, les péages provenant des objets qui parcourent lecanal Érié tout entier, s’élèvent moyennement à 4 pour cent au moins, et même à 5

22