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SECONDE PARTIE. SECTION I. CHAPITRE II.
pour cent de la valeur de ces objets. Il résulte de là qu’une valeur de 140 millions dedollars transportée des États de l’Ouest vers l’Atlantique ou du port de New-York dansl’Ouest, procurerait au Trésor, indépendamment de tous les bénéfices que le transitrapporterait à l’État et aux citoyens, un revenu de 5,600,000 doll., au taux actuel despéages, et de 2,800,000 doll. en supposant les péages réduits de moitié, ainsi qu’il con-viendrait probablement de le faire. Cette somme de 2,800,000 doll. fournie par lesautres États serait plus que suffisante pour payer la totalité des frais d’entretien etd’exploitation du canal Érié, en les supposant doubles de ce qu’ils sont aujourd’hui,pour solder les intérêts à 5 pour cent de la somme nécessaire à la reconstruction, etpour consacrer un amol lissement de 3 pour cent à l’extinction de la dette qui seraitcontractée a cet effet, en admettant que l’on eût recours à l’emprunt pour se procu-rer la totalité de la somme exigée par l’entreprise.
Que serait-ce donc lorsque la population des rives des lacs aurait dépassé le chiffrede 6 millions ?
J’ai pensé qu’il me serait permis d’insister avec quelque détail sur les considérationsqui aujourd’hui motivent, aux yeux de la population de l’État de New-York, l’idéehardie d’établir un canal qui rivalise avec la plus belle ligne de navigation qu’aitfaite la nature. Je ne connais aucun fait qui puisse mieux faire connaître l’espritdans lequel les travaux publics sont actuellement conçus aux États-Unis .
Il résulte d’ailleurs de cette seconde époque de l’histoire du canal Érié, lorsqu’on lal’approche de la première, un grand enseignement : c’est que, dans les contrées où lescapitaux sont peu abondants en comparaison de la masse des améliorations qu’elles ré-clament, il est d’excellente administration de ne pas aspirer à donner aux travaux,dès l’origine, le caractère de grandeur et de perfection qu’ils doivent atteindre un jour,et de les établir d’abord sur les proportions les plus modestes, afin de les réédifier pluslard sur d’autres dimensions, après que leur première exécution aura donné l’essor à larichesse publique. Si l’État de New-York avait voulu dès 1817 construire le canal Ériéd’après le plan qui se réalise aujourd’hui, il y aurait infailliblement échoué. Mainte-nant , au contraire, la reconstruction du canal, opérée dans les conditions les plusdispendieuses, n’est plus qu’un jeu pour lui, parce que le canal, tel qu’il a été creusé,de 1817 à 1825, l’a enrichi et lui a donné au dehors un crédit illimité.