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Tome premier.
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SECONDE PARTIE. SECTION I. CHAPITRE Y.

ne se fût élevée à celte hauteur, le courant, au fond , aurait une vitesse de 0 m ,46 parseconde, capable de balayer le sable dont est principalement formé le banc.

D’espace en espace on eût disposé , en tête des îles ou des jetées, des brise-glaces,c’est-à-dire des éperons isolés, analogues à ceux dont on arme les piles des ponts,présentant au courant une surface inclinée, sur laquelle les larges pièces de glace flot-tante, poussées par le fil de l’eau, seraient remontées pour se briser en retombant.

Des feux et des signaux eussent aussi été distribués sur les rives ou sur les îles, afinque les mariniers pussent s’orienter de nuit et de jour.

La commission, se plaçant dans diverses hypothèses , fit des devis dans lesquels elleadmit les séries de prix de M. Clinton, et son système de construction pour les diversouvrages. Elle arriva ainsi aux chiffres suivants pour la totalité de l’entreprise deWaterford à New-Baltimore :

l re hypothèse. Dragage pour un chenal de 201 m ,30, 4,371,400 fr.

2° hypothèse. Idem .91' n ,50, 3,579,400

3 e hypothèse. Point de dragage. 2,787,400

En arrêtant les travaux à la pointe de Yan Wie, qui n’est qu’à 7 kilom. en avald’Albany, et où le chenal acquiert définitivement 2 m ,75 de profondeur, et en se dispen-sant de tout dragage au-dessous de Trov, s’en remettant à cet égard sur le courant,la dépense eût été, d’après ces calculs, réduite à 1,596,800 francs.

A la suite de ce rapport, le capitaine Talcott, qui avait déjà inspecté les lieux avantde se réunir aux colonels Thayer et Totten, alla organiser les ateliers. Il modifia lesystème de construction des digues et des jetées conseillé par M. Clinton et provisoire-ment sanctionné par la commission. D’après le mémoire de M. Clinton, les digues et lesjetées eussent été formées d’une charpente en madriers, fondée sur pilotis et rempliede pierres ; on en eût garni le pied avec des fascines recouvertes de pierres ; lespilotis eussent de même été enfoncés au travers d’un lit de 0"‘,61 de fascines servantde base à la digue. Le revêtement des rives du fleuve et des îles, là où l’on eût craintl’érosion, eût été de même en bois. M. Talcott jugea que ce mode d’exécution étaitdéfectueux, parce que, dans peu d’années, l’ouvrage entier eût été à recommencer. Ilpréféra donc des digues en terre, revêtues de cailloux ou d’un perré assez grossier, surune épaisseur de 0 ra ,30. Dans ce système, le dragage fournit la matière des digues. Onépargne ainsi la dépense qu’entraînerait le transport au loin des sables et des graviersretirés de l’eau. De la sorte les digues forment un véritable prolongement des îles, aussidurable qu’elles. On n’emploie d’ailleurs pour les digues que la portion la plus consis-tante des produits du dragage. Pour diminuer les chances d’érosion, on donne auxdigues, du côté du chenal, une inclinaison très-faible, de 1 de hauteur seulementsur 3 de base, du moins pour la partie des digues qui est au-dessus de la ligne del’étiage. Au-dessous de ce niveau l’inclinaison est de 1 sur 2. Sur leur autre coté,les digues offrent un talus de 1 sur 2. La plate-forme qui les couronne a 3 m ,05 de large.Au-dessous d’Albany, leur hauteur est de 2 m ,44 au-dessus de la basse marée d étiage, ycompris 0 m ,30 de revêtement en cailloux ou en perré.