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Tome premier.
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SECONDE PARTIE. SECTION I. CHAPITRE VII.

semblée ( 2 e Chambre) de l’État de New-York, au nom du comité des voies et moyens,par M. S. B. Ruggles :

« Le fait le plus frappant de notre histoire administrative, c’est l’impuissance où setrouvèrent à l’origine les hommes les plus distingués de l’État, lorsqu’ils essayèrentd’évaluer le mérite financier de nos canaux. S’il est vrai que les doutes et les prédictionssinistres des adversaires de la canalisation de l’État ne peuvent plus être considérésque comme des témoignages curieux des aberrations de l’intelligence humaine, il fautconvenir aussi que les plus brillantes prévisions des plus fervents apôtres des voiesperfectionnées de communication restèrent bien au-dessous des fruits que nous avonsrecueillis. L’État tout entier ignorait la force qu’il recélait en lui. Actuellement que nosefforts ont été couronnés d’un plein succès, on se refuserait à croire, si le fait n’étaitconsigné dans les documents officiels, qu’avant d’entamer les canaux, la législatureait ordonné par une loi spéciale que des Commissaires seraient chargés de solliciter dessubsides non-seulement des États de Connecticut et de Yermont, mais aussi des Étatsencore en embryon situés à l’ouest des Alléghanys. Cette incroyable timidité était sienracinée parmi nous que, dans le préambule de l’acte de 1817 qui prescrivit enfinl’exécution des canaux sans plus de retard, la législature exprimait humblementl’espoir que les États qui devaient profiter de l’accomplissement de ces ouvragesvoudraient bien contribuer à la dépense pour la plénitude de leur contingent.

» On gardera longtemps le souvenir du torrent de ridicule et de dénigrement quiaccueillit nos canaux durant les premières années de leur construction, et celui desdoutes solennels de quelques-uns des hommes de l’État les plus célèbres de l’Amé-rique . Pour n’en citer qu’un seul qui domine tous les autres, rappelons ce mot mémo-rable de Jefferson, que notre entreprise était absolument chimérique et digne devisionnaires; qu’elle était prématurée de cent ans. Pendant le même temps, les amisles plus décidés de la canalisation étaient loin de soupçonner ce qu’elle devait produire.En 1821, quatre ans après la mise en œuvre, le Contrôleur de l’État, conformémentaux ordres de la législature, prépara un état estimatif du revenu probable des canaux,et il assura que, pendant les dix années qui en suivraient l’entier achèvement, lespéages s’élèveraient à 150,000 doll. par an; soit 1,500,000 doll. pour dix ans. Or, lerevenu de nos canaux, pendant les dix premières années, a dépassé 10 millions dedollars. Parmi les hommes qui se signalèrent lors du début de notre nation dans lacarrière des travaux publics, il en est peu qui se soient montrés supérieurs à Gouver-neur Morris . Son intelligence et son tempérament ardent lui permirent mieux qu’à sescontemporains de percer le voile qui cachait l’avenir. Et pourtant ses rêves étaient au-dessous de la réalité. Dans le travail d’une éloquence originale par lequel il a lié à jamaisson nom à celui de notre grand canal, et où il n’épargnait rien pour faire sentir à lalégislature qu’elle mettait la main sur l’avenir en rattachant l’Hudson à l’Ouest, aprèsavoir décrit la vaste région que baigne notre mer intérieure et les ressources qu’offraientces pays déserts encore pour alimenter un grand commerce, il concluait en demandants’il y avait de l’extravagance à prétendre que dans vingt ans le canal amènerait àl’Hudson 250,000 tonnes. Or, en 1836, les objets versés dans l’Hudson par le canal