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Tome premier.
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ÉTAT DE NEW-YORK . — COMMERCE DES AUTRES ÉTATS PAR SES CANAUX. 241

(9 millimes par tonne de 2,000 liv. et par mille) pour les objets plus chers qua-lifiés de merchmidize. En supposant le maintien des droits actuels de péage qui sontdoubles de ces prix, les Commissaires pensaient que, une fois le canal Érié reconstruit,les transports s’y effectueraient à meilleur marché que sur tout autre canal. « Ainsi,ajoutaient-ils, la farine pourra aisément être rapidement transportée du lac Érié àl’Hudson , à raison de 05 cents par barrel ( 35 fr. par tonne ), et la merchandize del’Hudson au lac Érié , à raison de 49 cents par 100 liv. avoirdupoids (57 fr. 50 cent,par tonne). Les frais de transport entre l’Iludsou et un point placé à 100 milles(161 kilom.), de l’autre côté du lac Érié, sur le canal d’Ohio ou sur le canal du lacÉrié à la Wabash, seront à peu près les mêmes que ceux qu’impose actuellement letrajet entre l’Iludson et le lac Érié . »

De là, les Commissaires concluaient qu’il n’y avait aucune déraison à supposer que1*agrandissement du canal Érié aurait pour effet de porter le produit des péages de cecanal à 10 millions de francs au moins, et que, sur cette somme, plus de la moitié pro-viendrait de la circulation des produits des États et des Territoires distribués autour duréseau des lacs. «Les recettes du canal Érié, disaient-ils, n’ont-elles pas doublé en dixans, de 1826 à 1836, quoique le tarif des péages ait éprouvé de fortes réductions en1833 et en 1834, quoique la majeure partie de ce revenu ait son origine dans la coloni-sation du lambeau de terre qui forme l’Ouest de notre État, et qui n’est pas le dixièmede l’espace baigné par les lacs ? »

Nous avons vu que d’autres personnes bien informées, et entre autres M. S. B. Rug-gles, auguraient qu’avant peu d’années le commerce seul des autres États pourrait pro-duire au Trésor de l’État de New-York un revenu à peu près égal à celui de 16 millionsqu’espéraient les Commissaires du mouvement entier du seul canal Érié.

Des faits et des prévisions de ce genre inspirent au Français qui reporte sa penséevers sa patrie des regrets pour le passé et un vif espoir pour l’avenir. La France devraitêtre le champ d’un transit immense. Sa position entre trois mers, en tête du continenteuropéen et en avant de deux riches péninsules, et la direction de ses fleuves s’accor-dent à le lui promettre. La France devrait, au plus haut degré, jouir de tous les profitsque le transit amène avec lui, et être le centre de toutes les affaires qu’il occasionne.Lorsque ces grandes lignes de navigation auront été achevées d’un bout du territoire àl’autre, et qu’un bon système de tarifs leur aura été appliqué, lorsque nos canaux demer à mer existeront sans solution de continuité, du golfe de Gascogne à Celte et auRhône, du golfe de Lion à la mer du Nord, de l’embouchure de la Gironde ou de cellede 1 Adour à la Manche, lorsque le régime de quatre de ses beaux fleuves, la Seine , leRhône, le Rhin et la Loire , qui, de quatre parages maritimes fort éloignés les uns desautres, convergent vers le milieu de la France de l’est et vers le bassin du Danube ,aura été amélioré, ou qu’on leur aura substitué des canaux là où c’est indispensable,lorsque toutes ces artères seront bien entretenues et bien aménagées, lorsque nosbateliers auront acquis la notion du temps, qui leur manque, nous verrons chez nousdes résultats au moins égaux à ceux que le voyageur admire dans l’État deNew-York.