ÉTAT DE NEW-YORK . — MODES ET FRAIS DE TRANSPORT SUR LES CANAUX. 213
leur capacité est de 60 à 70 ton. Ces barges sont construites de manière à aller surl’Hudson jusqu’à New-York , remorquées deux à deux par un bateau à vapeur. Onévite ainsi un transbordement à Albany .
Enfin, des bateaux non pontés servent au transport des objets les plus communs.
Les packet boats font un service régulier, par correspondance, d’un bout du canal àl’autre, ou plutôt de Schenectady à Buffalo. D’Albany à Schenectady le canal offrebeaucoup d’écluses et de détours qui allongeraient trop le trajet ; un chemin de fertransporte les voyageurs d’une ville à l’autre en une heure. Les paquebots partent àheure fixe des points principaux, ce qui cause quelques délais. En outre, en voya-geant en paquebot, on est obligé quelquefois de s’arrêter pendant la nuit, parceque, lorsqu’un paquebot arrive le soir, celui qui lui succède ne se met en marcheque le lendemain matin après le déjeuner. Les Américains, quoiqu’ils soient fortavares de leur temps, n’aiment pas à passer les nuits en diligence ou dans les petitsbateaux des canaux. C’est un désagrément auquel nous nous soumettons assez volon-tiers en France , mais qui blesse leurs idées de confort.
Les line boats et tous les autres bateaux vont sans transbordement d’Albany au lac Ér ié.
La vitesse des paquebots est de 7 kilom. par heure. Ils sont tirés par des chevaux autrot. Ils ont la préférence au passage des écluses. Tous les bateaux qu’ils rencontrentsur la ligne se rangent pour les laisser passer.
Les line bouts font 80 à 96 kilom. par vingt-quatre heures, selon la saison et lenombre des écluses. Ils changent de chevaux, comme les paquebots, de 16 en 16 kilom.Ils font régulièrement, en six jours et demi ou sept jours, la traversée d’Albany à Buffalo.
Les barges pontées, portant 60 à 70 ton., mettent deux jours de plus.
Les bateaux ordinaires, qui ne vont pas la nuit, font de 40 à 48 kilom. par jour. Ilsportent à bord deux chevaux de rechange, et ne se servent pas de ceux desrelayeurs.
Le trajet de New-York à Buffalo dure neuf jours pour les marchandises qui prennentà Albany les line boats , après avoir remonté l’IIudson dans de grandes barques pontées,de 500 à 600 tonneaux, qui sont remorquées journellement par des bateaux à vapeurspéciaux. Il dure deux jours de plus pour celles qui sont chargées dans les barges.Les marchandises ne mettent que trente à trente-six heures pour venir de New-York à Albany ou à Troy ; mais il y a une perte d’une demi-journée à Albany ou à Troy,parce que chaque bateau doit s’y munir de papiers.
En 1835, lorsque je visitai le canal Érié, les prix de transport avaient été réduitspar la concurrence. D’Albany à Buffalo , pour des marchandises encombrantes et deprix, comme des tissus, on payait 10 fr. 59 c. par tonne (90 cents par 100 livresavoirdupoids) , soit par tonne et par kilom. 0 fr. 181, péage compris.
Pour des objets moins encombrants, c’était 0 fr. 161.
Pour la farine, entre Rochester , qui est un marché très-important à l’égard de cettedenrée, et Albany , on payait 50 cents par baril équivalant à peu près, bois compris,à 100 kilog., ce qui, par tonne et par kilom., représente 0 fr. 062. Entre Buffalo etAlbany , c’était 0 fr. 064.
31 *