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Tome premier.
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ETAT DE NEW-YORK. — CHEMINS DE FER DE L’IIUDSON AU LAC ÉRIÉ .

Le service des marchandises est interdit à la compagnie du chemin de fer de Sehe-nectady à Utica . Elle ne peut transporter que des voyageurs avec leur bagage , et nedoit percevoir aucune taxe additionnelle, à l’occasion de leurs effets. C’est ainsi quela législature a entendu mettre le canal Érié à l’abri de toute concurrence.

La compagnie est autorisée à demander aux voyageurs voiturés par elle 13 j centimespar kilom. (4 cents par mille). Pour arrondir les .comptes, elle a fixé le prix des places,entre Schenectady et Utica , à 16 fr. (3 doll.), au lieu de 16 fr. 80 c. (3 Joll \ 21 ) qu’àla rigueur elle eût pu exiger.

On va de Schenectady à Utica en quatre heures et demie, ce qui suppose une vitessemoyenne de 28 kilom. à l’heure, temps d’arrêt compris. La vitesse de déplacementproprement dite est de 32 kilom.

Il y avait sur ce chemin, lors de l’ouverture, le 2 août 1836, 8 locomotives et 50 voi-tures à 24 places.

En 1838, le nombre des locomotives était de 12, toutes sortant des ateliers deM. Norris de Philadelphie; celui des voitures était de 70.

Le chemin de fer ne paraît pas avoir complètement triomphé de la concurrence desbateaux du canal. Nous avons vu qu’en 1835, à Little-Falls, point situé sur son par-cours, il passait sur le canal seul, sans compter la route, 116,642 personnes, noncompris les enfants et les équipages des bateaux, et la plupart de ces personnes fai-saient le trajet entier. En 1838, le chemin de fer n’a reçu que 82,459 voyageurs allantd’une extrémité à l’autre du chemin. Ce n’est pas seulement le has prix des places surles line bouts et sur les barges (1) qui leur a conservé une bonne partie de leur clientelle.Parmi les voyageurs qui vont de Schenectady à Utica , il y a beaucoup d’émigrantsqui se rendent dans l’Ouest pour s’y établir, et qui viennent de la Nouvelle-Angleterre ou de l’Europe par New-York , emmenant avec eux le plus souvent du mobilier et desinstruments agricoles ; le mode de transport qui leur convient le plus, est celui qu’offrentles bateaux du canal où ils s’embarquent sans se séparer de leur bagage. Sans celte cir-constance toute particulière, le chemin de fer eût infailliblement supplanté tous lesautres véhicules ; car l’un des traits les plus distinctifs du caractère américain, c’estle besoin d’économiser le temps. L’aisance est si générale aux États-Unis qu’il n’y apersonne qui ne puisse supporter les frais du moyen de communication le plus rapide ,et le travail de l’homme y est si productif, que tout le monde trouve avantage à épar-gner un peu de temps au prix d’un léger sacrifice.

Voici quel a été le mouvement total sur la ligne pendant cet exercice :

Nombre des F’oyageurs transportés en 1838.

Voyageurs ayant fait le trajet complet d’Utica à Schenectady . 38,537 1

d Q ayant faille trajet complet de Schenectady à Utica . 43,922)

d° ayant fait des trajets partiels. 71,002

Nombre total des voyageurs. 153,461

(1) Voir page 243.