290
SECONDE PARTIE. SECTION I. CHAPITRE XV.
min de fer, dont la dépense serait moindre et qui rapporterait cependant les plus beauxfruits? Pourquoi subordonner les progrès de la mise en culture et de la civilisation,dans les comtés du Midi, aux facilités que trouvera la compagnie pour réaliser soncapital? Pourquoi différer plus longtemps d’accorder à cette portion de l’État ce queClinton demandait pour elle dès 1825, sous la seule forme que l’art des voies de com-munication permît alors de concevoir? Ces considéra lions avaient produit sur l’opinionpublique une impression assez profonde. Une des deux Chambres législatives, l’Assem-blée , a voté l’exécution du chemin de fer par l’État. Le Sénat a refusé son concours,à la majorité d’une seule voix. Comme, pendant la session de 1839, il y avait, par desmotifs politiques, peu d’harmonie entre les deux Chambres, on est en droit de penserque le vote du Sénat, au sujet de l’exécution par l’État du chemin de fer de New-York au lac Érié , a été influencé, ainsi qu’il arrive très-souvent dans les corps délibérants,par des motifs étrangers à la mesure considérée en elle-même. S’il faut en croire deshommes bien informés, il est probable que, à l’une des plus prochaines sessions, l’idéede substituer l’État à la compagnie obtiendra la sanction des deux Chambres.